À Saint-Léonard, le prix médian d’un plex de 2 à 5 logements a grimpé à 1 032 500 $ au deuxième trimestre de 2026 — un chiffre qui dépasse désormais de 13 % la médiane de l’île de Montréal, alors que la maison unifamiliale et le condo y restent nettement sous cette même médiane. Cette inversion coïncide avec le lancement des travaux du prolongement de la ligne bleue, dont quatre des cinq nouvelles stations seront situées sur le territoire de l’arrondissement.
Longtemps perçu comme un marché de banlieue tranquille à l’intérieur des limites de Montréal, Saint-Léonard traverse une transformation qui touche à la fois son parc immobilier, sa fiscalité municipale et son tissu urbain. Voici un portrait chiffré du marché immobilier à Saint-Léonard en 2026, incluant l’effet mesurable du chantier de la ligne bleue, la requalification annoncée de son secteur industriel et les particularités d’un arrondissement façonné par plusieurs vagues d’immigration successives.
Sommaire
- Portrait du marché immobilier à Saint-Léonard en 2026
- Prix par segment : unifamiliale, condo et plex
- Le prolongement de la ligne bleue : quatre stations sur le territoire
- La requalification du secteur industriel : le PPU du secteur Langelier
- Rôle d’évaluation foncière 2026-2028 et fiscalité municipale
- Un arrondissement façonné par l’immigration
- Marché locatif : taux d’inoccupation et loyers
- Saint-Léonard face à ses arrondissements voisins
- Taux hypothécaires et taux directeur en 2026
- Pour qui Saint-Léonard est-elle une bonne option ?
- Stratégies d’achat et d’investissement à Saint-Léonard
- Erreurs fréquentes à éviter
- Foire aux questions
Portrait du marché immobilier à Saint-Léonard en 2026
Saint-Léonard est un arrondissement de 79 495 habitants (recensement de 2021), situé dans l’est de l’île de Montréal, entre Rosemont–La Petite-Patrie, Villeray, Ahuntsic-Cartierville au nord-ouest et Anjou à l’est. Son territoire compact de 13,5 km², densément construit dans les décennies d’après-guerre, en fait l’un des secteurs les plus denses de l’île avec près de 5 900 résidents au km².
Au deuxième trimestre de 2026, le marché a affiché 79 ventes résidentielles toutes catégories confondues, en baisse de 17 % par rapport au même trimestre en 2025, mais les 318 transactions des quatre derniers trimestres marquent une hausse de 8 % sur un an — un signal que la baisse ponctuelle du trimestre tient davantage à un resserrement de l’offre qu’à un désintérêt des acheteurs. Les inscriptions actives ont bondi de 25 % sur la même période, ce qui redonne un peu de marge de manœuvre aux acheteurs après plusieurs années de marché tendu.
- 318 ventes résidentielles sur les quatre derniers trimestres (+8 % sur un an)
- 168 inscriptions actives au deuxième trimestre 2026 (+25 % sur un an)
- Volume total des transactions : environ 68,8 M$ au deuxième trimestre
- Délai de vente moyen : de 28 jours (plex) à 57 jours (condo)
Ce dynamisme s’explique en partie par un parc immobilier atypique pour Montréal : dominé par les bungalows et les plex de deux à quatre logements construits en série entre 1955 et 1975, avec très peu de tours de copropriétés récentes, contrairement à des secteurs voisins comme Rosemont–La Petite-Patrie ou le centre-ville montréalais.
Prix par segment : unifamiliale, condo et plex
Les trois grands segments du marché résidentiel évoluent de façon inégale à Saint-Léonard, et c’est précisément cet écart qui distingue l’arrondissement du reste de l’île.
| Segment | Prix médian Saint-Léonard (T2 2026) | Variation sur 12 mois | Prix médian île de Montréal (T2 2026) | Écart avec l’île |
|---|---|---|---|---|
| Maison unifamiliale | 740 875 $ | +3 % | 835 000 $ | environ 11 % sous la médiane de l’île |
| Copropriété (condo) | 423 375 $ | +5 % | 483 500 $ | environ 12 % sous la médiane de l’île |
| Plex (2 à 5 logements) | 1 032 500 $ | +7 % | 910 000 $ | environ 13 % au-dessus de la médiane de l’île |
La maison unifamiliale et le condo restent donc parmi les plus abordables de l’île de Montréal, ce qui explique en partie pourquoi Saint-Léonard demeure une porte d’entrée classique pour les premiers acheteurs. Le segment plex, à l’inverse, se négocie désormais à prime par rapport à l’ensemble de l’île — un renversement récent qui reflète à la fois la rareté de l’offre (38 ventes au T2 2026, en baisse de 7 % sur un an) et l’anticipation du chantier de la ligne bleue par les investisseurs.
Le prolongement de la ligne bleue : quatre stations sur le territoire
Des cinq nouvelles stations du prolongement de la ligne bleue, quatre seront situées sur le territoire de Saint-Léonard le long de la rue Jean-Talon Est — seul le terminus, la station Anjou, se trouve à l’extérieur de l’arrondissement.
Le projet, dont le budget maximal autorisé atteint désormais 7,6 milliards de dollars, prolonge la ligne bleue sur près de 6 kilomètres depuis la station Saint-Michel. En septembre 2025, le gouvernement du Québec a dévoilé les noms définitifs des cinq nouvelles stations, qui rendent hommage à des figures marquantes de l’histoire québécoise :
- Vertières, à l’angle de Pie-IX
- Mary-Two-Axe-Earley, à l’angle de Viau
- Césira-Parisotto, à l’angle de Lacordaire — un clin d’œil à une syndicaliste d’origine italienne, dans l’arrondissement historiquement le plus italophone de Montréal
- Madeleine-Parent, à l’angle de Langelier
- Anjou, station terminus, à l’extérieur du territoire de Saint-Léonard
Le tunnelier, fabriqué sur mesure en Allemagne, a commencé à creuser sous la station Pie-IX au printemps 2026 et progresse vers l’est à un rythme d’environ 12 mètres par jour. Le creusement du tunnel devrait se terminer à l’hiver 2028, avec une mise en service visée pour 2031. L’arrondissement a créé un bureau de projet dédié pour coordonner les répercussions du chantier sur la circulation, le commerce local et l’aménagement urbain autour des futures stations.
Les grands jalons du chantier à surveiller pour Saint-Léonard :
- Printemps 2026 : début du creusement du tunnel à la station Pie-IX (Vertières)
- 2026-2028 : progression du tunnelier vers l’est, environ 12 mètres par jour
- Hiver 2028 : fin prévue des travaux de creusement du tunnel
- 2031 : mise en service visée des cinq nouvelles stations, dont quatre à Saint-Léonard
Pour le marché immobilier, l’effet est déjà partiellement visible : plusieurs projets résidentiels sont à l’étude au-dessus ou à proximité des futures entrées de station, en particulier autour de Lacordaire et Langelier, dans une logique de développement axé sur le transport en commun qui rappelle ce qui s’est produit à Pointe-Claire avec l’antenne Anse-à-l’Orme du REM.
La requalification du secteur industriel : le PPU du secteur Langelier
Saint-Léonard conserve une vaste zone industrielle héritée de son essor manufacturier des années 1960-1980, aujourd’hui en partie sous-utilisée. La Ville de Montréal et l’arrondissement pilotent depuis plusieurs années un exercice de planification pour ce territoire, avec deux volets concrets :
- Un programme particulier d’urbanisme (PPU) pour la rue Jean-Talon Est, amorcé en 2018 et arrimé au tracé du prolongement de la ligne bleue
- Un plan directeur d’aménagement pour le secteur Langelier, une zone de 35 hectares à l’est du boulevard Langelier, entre l’autoroute 40 et les limites des arrondissements d’Anjou et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve
Le secteur Langelier est explicitement désigné par la Ville comme l’un des sites névralgiques de la revitalisation du territoire léonardois, avec l’ambition d’y développer un nouveau quartier mixte à distance de marche des futures stations de métro. Cette requalification progressive du tissu industriel, combinée à l’arrivée de la ligne bleue, distingue nettement la trajectoire de Saint-Léonard de celle de LaSalle ou de Lachine, deux arrondissements qui misent plutôt sur la revalorisation de leurs berges et de leurs corridors industriels riverains.
Pour un acheteur ou un investisseur, ces zones en transition méritent une prudence particulière : les délais réglementaires pour un changement de vocation peuvent s’étirer sur plusieurs années, et il est essentiel de vérifier le zonage actuel — pas seulement le zonage projeté — avant de fonder une décision d’achat sur un potentiel de développement encore hypothétique.
Rôle d’évaluation foncière 2026-2028 et fiscalité municipale
Le nouveau rôle d’évaluation foncière de l’agglomération de Montréal, entré en vigueur le 1er janvier 2026 et basé sur les conditions de marché au 1er juillet 2024, affiche une hausse moyenne de 12,2 % pour l’ensemble de l’île. Saint-Léonard se démarque toutefois avec une croissance de la valeur foncière dépassant 15 %, une évolution plus marquée qu’ailleurs sur l’île, attribuable en bonne partie à son secteur industriel où la valeur des terrains a fortement progressé.
Cette hausse d’évaluation ne se traduit pas mécaniquement en une hausse de taxes équivalente : la Ville ajuste ses taux pour tenir compte des variations de valeur, en cohérence avec le principe de neutralité fiscale généralement appliqué. Concrètement, la hausse des taxes résidentielles pour 2026 à Saint-Léonard s’établit à 4,0 %, un taux légèrement supérieur à la moyenne montréalaise de 3,8 % annoncée dans le budget municipal, elle-même arrimée à l’inflation régionale.
La valeur foncière moyenne à Saint-Léonard a bondi de plus de 15 % au nouveau rôle 2026-2028, presque le double de la hausse moyenne de 12,2 % enregistrée sur l’ensemble de l’île de Montréal — mais la hausse réelle des taxes résidentielles pour 2026 n’y est que de 4,0 %, grâce à l’ajustement des taux appliqué par la Ville.
Tout acheteur potentiel a intérêt à comprendre le rôle réel de l’évaluation municipale avant de négocier un prix, et à connaître les recours possibles s’il juge la valeur retenue excessive — un mécanisme détaillé dans notre guide pour contester son évaluation municipale au Québec. Le calcul de la taxe de bienvenue à l’achat mérite également d’être anticipé, puisqu’il est basé sur le plus élevé entre le prix payé et la valeur au rôle.
Un arrondissement façonné par l’immigration
Saint-Léonard occupe une place particulière dans l’histoire de l’immigration montréalaise. Sa population a explosé de 925 résidents en 1956 à plus de 52 000 en 1971, portée par une vague massive d’immigration italienne qui en a fait, pendant des décennies, le cœur démographique de la communauté italo-québécoise — encore commémorée aujourd’hui dans le nom de la future station Césira-Parisotto.
Près de 49 % de la population de Saint-Léonard est issue de l’immigration, une proportion qui a continué de croître avec l’arrivée plus récente de communautés originaires d’Algérie, d’Haïti et du Maroc, qui se superposent à la présence italienne historique.
Cette composition démographique se reflète directement dans le marché : une forte proportion de ménages multigénérationnels alimente une demande soutenue pour les plex et les grandes maisons unifamiliales pouvant accueillir plusieurs générations sous un même toit, un facteur qui contribue à expliquer pourquoi le segment plex résiste mieux que la moyenne de l’île. Environ 20 % des résidents actuels se sont installés à Saint-Léonard depuis 2011 seulement, signe d’un renouvellement démographique continu plutôt que d’un quartier figé.
Marché locatif : taux d’inoccupation et loyers
Le secteur locatif de Saint-Léonard figure parmi les plus tendus de l’est de Montréal. Le taux d’inoccupation y oscille depuis plusieurs années dans une fourchette serrée, généralement sous la barre des 2 %, nettement en deçà du taux moyen de la région métropolitaine de recensement de Montréal, qui se situait autour de 1,5 % à 2,9 % selon les données les plus récentes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Cette rareté locative exerce une pression constante sur les loyers, qui ont connu une progression marquée au cours des dernières années dans le secteur Anjou–Saint-Léonard. Pour un propriétaire de plex, cette combinaison de faible vacance et de loyers en hausse constitue un argument de poids, mais elle appelle aussi à la prudence : un taux d’inoccupation trop bas peut aussi signaler un parc locatif vieillissant, avec un roulement de locataires réduit et des unités qui n’ont pas été rénovées depuis longtemps. Le calcul du rendement d’un plex et du seuil de rentabilité doit donc intégrer une provision réaliste pour les travaux à venir, plutôt que de se fier uniquement au loyer actuel des baux en place.
Saint-Léonard face à ses arrondissements voisins
Saint-Léonard partage des frontières avec plusieurs arrondissements déjà couverts sur ce site, mais son profil reste distinct de chacun d’eux :
- Contrairement à Rosemont–La Petite-Patrie, dont le parc de plex plus ancien est déjà largement embourgeoisé, Saint-Léonard offre encore un segment unifamilial abordable
- Contrairement à Hochelaga-Maisonneuve, qui mise sur la revitalisation de la rue Ontario et de ses abords du fleuve, la transformation de Saint-Léonard est portée par un chantier de transport en commun structurant plutôt que par une dynamique commerciale de quartier
- Contrairement à Villeray, déjà largement transformé par la présence du métro depuis les années 1980, Saint-Léonard n’a jamais eu de station de métro sur son territoire — une situation qui s’apprête à changer radicalement d’ici 2031
- Contrairement à Ahuntsic-Cartierville, dont le profil démographique est plus stable et plus âgé, Saint-Léonard continue d’attirer un flux constant de nouveaux arrivants
À l’échelle de l’île, le marché immobilier montréalais dans son ensemble reste marqué par une pénurie chronique de logements abordables ; Saint-Léonard fait figure d’exception relative grâce à des prix de maisons unifamiliales et de condos toujours sous la médiane de l’île, un avantage qui pourrait s’éroder à mesure que le chantier de la ligne bleue avance.
Taux hypothécaires et taux directeur en 2026
Le contexte macroéconomique influence directement la capacité d’achat à Saint-Léonard comme ailleurs au Québec. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de plusieurs annonces consécutives en 2026, une stabilité qui a permis aux taux hypothécaires de se stabiliser après plusieurs années de volatilité. Les rendements obligataires, qui influencent directement les taux fixes, ont toutefois légèrement remonté au cours de l’été 2026, un facteur à surveiller pour quiconque planifie un achat dans les prochains mois.
- Comprendre l’impact du taux directeur sur le marché immobilier avant de fixer un budget
- Comparer taux fixe et taux variable selon son horizon de détention
- Distinguer préqualification et préapprobation hypothécaire avant de magasiner activement
- Passer par un courtier hypothécaire ou négocier directement avec sa banque, selon son profil
Pour un acheteur dont le budget se situe autour du prix médian d’une maison unifamiliale à Saint-Léonard (740 875 $), une préapprobation hypothécaire solide reste l’outil le plus efficace pour négocier avec confiance, particulièrement dans un marché où les inscriptions actives ont bondi de 25 % et où le rapport de force commence à se rééquilibrer en faveur des acheteurs.
Pour qui Saint-Léonard est-elle une bonne option ?
Saint-Léonard combine aujourd’hui deux marchés en un : un segment unifamilial et condo qui reste parmi les plus abordables de l’île, et un segment plex déjà en avance sur la médiane montréalaise — deux réalités que tout acheteur doit distinguer avant de fixer son budget.
Saint-Léonard ne convient pas à tous les profils d’acheteurs de la même façon. Le marché y présente des avantages nets pour certains segments, et des limites réelles pour d’autres.
- Premiers acheteurs de maison unifamiliale : un des rares marchés de l’île où une maison unifamiliale se négocie encore sous les 750 000 $ médians, avec un accès simplifié aux grands axes autoroutiers (40 et 25)
- Familles multigénérationnelles : le parc de plex et de grandes maisons se prête bien à l’hébergement de plusieurs générations, une pratique courante dans l’arrondissement
- Investisseurs en plex : rendement locatif soutenu par une vacance très faible, mais à un prix d’entrée désormais supérieur à la médiane de l’île
- Acheteurs cherchant la proximité immédiate d’une station de métro existante : profil moins bien servi pour l’instant, la mise en service des nouvelles stations n’étant pas prévue avant 2031
Les personnes qui achètent principalement pour l’accès rapide au transport en commun devraient plutôt regarder du côté d’arrondissements déjà desservis, comme Villeray ou Saint-Laurent, à moins d’être prêtes à parier sur un horizon de plusieurs années avant l’arrivée du métro.
Stratégies d’achat et d’investissement à Saint-Léonard
Que l’objectif soit d’acheter une résidence principale ou de se constituer un patrimoine locatif, quelques principes s’appliquent particulièrement bien au contexte actuel de Saint-Léonard.
Pour un premier achat, il vaut la peine de vérifier son admissibilité aux programmes destinés aux nouveaux propriétaires, notamment le CELIAPP et les autres programmes d’aide au premier acheteur au Québec, en comparant leur effet avec celui du régime d’accession à la propriété (RAP). Une checklist d’achat complète et une inspection préachat rigoureuse sont d’autant plus importantes dans un parc immobilier vieillissant comme celui de Saint-Léonard, où une part significative du bâti unifamilial date des années 1960 et 1970.
- Vérifier l’état de la toiture, de la plomberie et de l’installation électrique, fréquemment d’origine dans les bungalows de cette époque
- Confirmer le zonage réel d’un immeuble situé près du secteur industriel avant d’acheter sur la base d’un potentiel de développement futur
- Intégrer la hausse d’évaluation foncière de plus de 15 % dans la projection des taxes municipales des trois prochaines années
- Négocier une promesse d’achat avec des conditions adaptées à l’âge du bâtiment (inspection, vérification de la déclaration du vendeur)
Pour un investisseur, l’achat d’un premier plex à Saint-Léonard suit la même logique que l’achat d’un premier immeuble locatif au Québec en général, avec un accent particulier sur le calcul du cashflow compte tenu d’un prix d’entrée désormais supérieur à la médiane de l’île. La formule du propriétaire occupant, qui consiste à habiter un des logements du plex, demeure une stratégie accessible pour réduire la mise de fonds tout en profitant de la vacance quasi nulle du secteur. À l’inverse, il faut se garder d’accepter un cashflow négatif en pariant uniquement sur la plus-value anticipée liée à la ligne bleue, un pari qui ne se matérialisera pas avant plusieurs années.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, très répandue chez les acheteurs qui découvrent Saint-Léonard pour la première fois, est de surestimer l’effet immédiat de la ligne bleue sur les prix. La mise en service n’est pas prévue avant 2031 ; parier sur une plus-value rapide à court terme relève de la spéculation plutôt que d’une stratégie d’achat prudente.
La deuxième erreur consiste à négliger l’état réel du bâtiment sous prétexte que le quartier est en croissance. Une part importante du parc résidentiel de Saint-Léonard date des années 1955 à 1975 ; une toiture, une fournaise ou une installation électrique jamais mises à jour peuvent rapidement absorber l’écart de prix favorable par rapport à la médiane de l’île.
La troisième erreur est de confondre le zonage industriel actuel avec le zonage résidentiel futur dans les secteurs visés par le PPU Jean-Talon Est ou le plan du secteur Langelier. Ces changements de vocation suivent un processus réglementaire qui peut s’étaler sur plusieurs années, et rien ne garantit qu’un terrain précis sera effectivement requalifié selon l’échéancier souhaité.
La quatrième erreur, propre au segment plex, est de calculer le rendement à partir des loyers actuels des baux en place sans tenir compte de l’écart fréquent entre loyer réel et loyer marchand dans un secteur à faible roulement locatif. Ce calcul optimiste peut masquer un rendement réel nettement inférieur une fois les baux renouvelés à leur valeur actuelle.
La cinquième erreur est de sous-estimer l’ampleur de la hausse de la valeur foncière dans la planification budgétaire à long terme. Avec une croissance de plus de 15 % au nouveau rôle d’évaluation, les acheteurs qui financent au maximum de leur capacité sans marge pour l’augmentation des taxes municipales s’exposent à un resserrement de leur budget dans les années suivant l’achat.
Foire aux questions
Le prix des maisons à Saint-Léonard va-t-il augmenter avec l’arrivée de la ligne bleue ?
Historiquement, l’annonce et la construction d’une nouvelle ligne de transport en commun structurant génèrent un effet sur les prix, mais celui-ci se matérialise surtout dans les mois précédant et suivant la mise en service, prévue en 2031 pour la ligne bleue. À ce stade du chantier, l’effet reste principalement anticipatoire et concentré sur le segment plex, comme le montrent déjà les données du deuxième trimestre de 2026.
Saint-Léonard est-elle une bonne option pour un premier achat au Québec ?
Oui, dans la mesure où le budget de l’acheteur se situe dans la fourchette des prix médians observés, soit environ 740 000 $ pour une maison unifamiliale et 423 000 $ pour un condo, deux segments qui restent sous la médiane de l’île de Montréal. Il faut toutefois prévoir un budget de rénovation réaliste, compte tenu de l’âge moyen du parc immobilier.
Pourquoi le prix des plex est-il plus élevé à Saint-Léonard que la moyenne de l’île ?
Cette prime s’explique par la conjonction d’une vacance locative très faible, d’une demande soutenue par le profil multigénérationnel de plusieurs communautés de l’arrondissement, et d’un effet d’anticipation lié au chantier de la ligne bleue chez les investisseurs qui misent sur une plus-value à moyen terme.
Quels quartiers de Saint-Léonard seront les plus proches des futures stations de métro ?
Les futurs corridors les plus directement desservis seront ceux situés le long de la rue Jean-Talon Est, aux abords des futures stations Vertières (Pie-IX), Mary-Two-Axe-Earley (Viau), Césira-Parisotto (Lacordaire) et Madeleine-Parent (Langelier), ainsi que le secteur Langelier visé par le plan de requalification industrielle.
La hausse du rôle d’évaluation foncière va-t-elle faire exploser mes taxes municipales à Saint-Léonard ?
Pas dans les mêmes proportions. La Ville ajuste ses taux de taxation pour limiter l’effet direct d’une hausse de valeur foncière ; pour 2026, la hausse réelle des taxes résidentielles à Saint-Léonard s’établit à 4,0 %, bien en deçà de la hausse de plus de 15 % enregistrée au rôle d’évaluation.
Le marché locatif de Saint-Léonard est-il difficile pour les investisseurs qui cherchent des locataires ?
Au contraire : le taux d’inoccupation généralement sous les 2 % dans le secteur Anjou–Saint-Léonard facilite la location rapide des unités vacantes. Le défi se situe plutôt du côté du prix d’achat, désormais supérieur à la médiane de l’île pour le segment plex, ce qui exige un calcul de rendement particulièrement rigoureux avant l’achat.
Faut-il attendre la fin du chantier de la ligne bleue avant d’acheter à Saint-Léonard ?
Rien n’indique que l’attente soit avantageuse : les prix intègrent déjà partiellement l’effet anticipé du projet dans le segment plex, et les segments unifamilial et condo restent pour l’instant sous la médiane de l’île. Attendre la mise en service prévue en 2031 comporte le risque de payer une prime plus élevée une fois le service en fonction.
Sources
- Statistique Canada — Profil du recensement 2021, Saint-Léonard
- Centris/APCIQ — Statistiques immobilières, Saint-Léonard (île de Montréal)
- Ville de Montréal — Rôles d’évaluation foncière
- Gouvernement du Québec — Prolongement de la ligne bleue : cinq nouvelles stations confirmées
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) — Rapports sur le marché locatif
- Banque du Canada — Taux directeur
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil financier, juridique ou immobilier personnalisé. Les données de marché évoluent rapidement et peuvent varier d’un secteur à l’autre au sein d’un même arrondissement. Avant toute décision d’achat, de vente ou d’investissement, consultez un courtier immobilier, un notaire ou un conseiller financier qualifié. Pour en savoir plus sur notre approche éditoriale, consultez notre méthodologie.

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