Le cashflow d’un immeuble locatif est l’argent qui reste chaque mois après avoir payé toutes les dépenses, incluant le paiement hypothécaire. La formule de base : Cashflow = Revenus locatifs − Dépenses d’exploitation − Paiement hypothécaire. Pour un triplex moyen au Québec, vous obtiendrez typiquement un cashflow de 50 à 200 $ par porte par mois — soit 150 à 600 $ pour l’immeuble complet. À Montréal, un cashflow de 150-200 $ par porte est considéré comme très bon en 2026 ; en région (Trois-Rivières, Sherbrooke, Saguenay), des cashflows de 300 $+ par porte restent atteignables. Le calcul doit intégrer toutes les dépenses : taxes municipales, taxes scolaires, assurance immeuble, électricité commune, entretien (1-3 % de la valeur par année), frais de gestion, vacance (3-8 %), provisions pour gros travaux. L’erreur la plus fréquente consiste à se fier aux dépenses fournies par le vendeur, souvent sous-estimées. Les institutions financières et courtiers expérimentés utilisent les barèmes SCHL ou des estimations conservatrices (35-45 % des revenus bruts en dépenses d’opération pour un plex au Québec). Le ratio de couverture du service de la dette (DSCR) doit idéalement atteindre 1,25 minimum — un dollar de paiement hypothécaire couvert par 1,25 $ de revenu net. Ce guide donne la méthode complète avec un cas pratique chiffré sur un triplex à 550 000 $.
Le cashflow est l’indicateur le plus concret pour analyser un investissement locatif. Contrairement au cap rate ou au cash-on-cash qui mesurent un rendement théorique, le cashflow vous dit littéralement combien d’argent va atterrir dans votre compte chaque mois. Mal le calculer, c’est se retrouver à payer de sa poche pour détenir un immeuble censé en générer. Cet article vous donne la méthode complète, avec un cas pratique réel et toutes les dépenses que les débutants oublient.
Sommaire
- Qu’est-ce que le cashflow et pourquoi c’est crucial
- La formule complète : revenus moins toutes les dépenses
- Calculer les revenus locatifs réalistes
- Toutes les dépenses à inclure
- Cas pratique chiffré : un triplex à 550 000 $
- Cashflow positif, neutre, négatif : que signifient-ils
- Cashflow avant et après impôt
- Comment améliorer le cashflow
- Erreurs fréquentes
- FAQ
- Sources officielles
Qu’est-ce que le cashflow et pourquoi c’est crucial
Le cashflow (ou flux de trésorerie) représente la différence nette entre tous les revenus générés par un immeuble locatif et toutes les dépenses associées à sa détention, incluant le paiement hypothécaire. C’est le surplus mensuel ou annuel qui revient au propriétaire en argent réel.
Trois raisons en font l’indicateur central pour la majorité des investisseurs en plex au Québec.
Raison 1 — C’est l’argent réel. Contrairement au cap rate qui mesure un rendement théorique sur le prix d’achat, le cashflow mesure ce qui reste après que tous les chèques ont été émis. C’est ce qui vous permet (ou non) d’absorber un imprévu, de réinvestir, ou simplement de ne pas payer de votre poche.
Raison 2 — Il révèle la solidité du dossier. Un immeuble avec un cashflow positif structurel est résilient : vacance, hausse de taux, travaux imprévus peuvent être absorbés sans menacer votre détention. Un immeuble à cashflow nul ou négatif est fragile — la première difficulté peut entraîner une vente forcée à perte.
Raison 3 — Il conditionne le financement. Les prêteurs analysent le ratio de couverture du service de la dette (DSCR), qui n’est rien d’autre qu’une lecture institutionnelle du cashflow. Le DSCR minimum exigé est généralement de 1,25 — pour chaque dollar de paiement hypothécaire, l’immeuble doit générer 1,25 $ de revenu net d’exploitation. Sans ce minimum, le prêt peut être refusé ou consenti à des conditions moins avantageuses.
D’autres indicateurs complètent l’analyse — le cap rate, le cash-on-cash, le multiplicateur de revenu brut (MRB) — mais aucun ne remplace le cashflow comme baromètre de la santé concrète d’un investissement. Pour comprendre comment ils s’articulent, le guide complet sur l’investissement locatif au Québec détaille les trois indicateurs principaux côte à côte.
La formule complète : revenus moins toutes les dépenses
La formule de base du cashflow est simple en apparence :
Cashflow mensuel = Revenus locatifs − Dépenses d’exploitation − Paiement hypothécaire
Mais le diable se cache dans les détails. Chaque ligne de cette formule peut être manipulée volontairement (par un vendeur qui veut vendre cher) ou involontairement (par un acheteur enthousiaste). Voici la version étendue, qui doit servir de référence :
| Élément | Description |
|---|---|
| + Revenus locatifs bruts | Total des loyers de tous les logements + buanderie + stationnement le cas échéant |
| − Provision pour vacance | 3 à 8 % des revenus bruts selon le marché local |
| = Revenus locatifs effectifs | Ce que l’immeuble rapporte réellement |
| − Dépenses d’exploitation | Taxes, assurance, entretien, gestion, services publics, etc. |
| = Revenu net d’exploitation (RNE) | Aussi appelé NOI (Net Operating Income) — base du calcul du cap rate |
| − Paiement hypothécaire | Capital + intérêts (le service de la dette) |
| = Cashflow avant impôt | L’argent réel qui reste dans votre poche |
| − Impôt sur le revenu locatif | Calculé sur le revenu imposable, après déductions admissibles |
| = Cashflow net après impôt | Le rendement réel que vous gardez |
Une particularité importante : le capital remboursé sur l’hypothèque n’est pas une « dépense » au sens fiscal — c’est de l’équité que vous accumulez. Mais c’est bien un décaissement réel qui réduit votre cashflow disponible. C’est pourquoi les calculs « avant impôt » et « après impôt » donnent des résultats différents.
Calculer les revenus locatifs réalistes
La première erreur classique consiste à utiliser les revenus que le vendeur déclare sans les valider. Voici comment construire des revenus réalistes.
Source 1 — Les baux signés. Pour chaque logement, demander le bail en cours et vérifier le loyer mensuel exact. C’est la base. Attention : si le locataire en place paie sous le marché, vous héritez de ce loyer tant qu’il ne quitte pas, et l’augmentation de loyer au Québec est encadrée par les règles du Tribunal administratif du logement — pour 2026, l’indexation de référence du TAL est de 3,1 %. Ce plafond restreint significativement votre capacité à ramener les loyers au prix du marché rapidement.
Source 2 — Les relevés bancaires de dépôts. Demander au vendeur les relevés bancaires montrant les dépôts effectifs des derniers 6-12 mois. Cela permet de vérifier que les loyers sont réellement encaissés (pas de retards chroniques) et que le montant déclaré correspond à la réalité.
Source 3 — Les revenus secondaires. Buanderie commune, stationnements loués, locaux de rangement, mini-entrepôts : ces revenus existent dans certains immeubles. Vérifier qu’ils sont documentés et récurrents, pas estimés à la louche.
La provision pour vacance. Aucun immeuble n’est loué 100 % du temps. Entre deux locataires, il y a typiquement 1 à 2 mois de vacance. Sur les 36 mois d’une période de 3 ans, comptez environ 3 à 4 mois de vacance cumulés sur l’ensemble des unités. Pour les calculs prudents, soustraire 3 % en marché tendu (Montréal, Québec ville), 5-8 % en marché plus mou (régions, secteurs avec turnover élevé).
Exemple : trois logements à 1 100 $/mois = 3 300 $/mois × 12 = 39 600 $ bruts annuels. Avec 5 % de vacance = 39 600 × 0,95 = 37 620 $ effectifs.
Toutes les dépenses à inclure
C’est ici que la majorité des calculs amateurs s’effondrent. Voici la liste exhaustive des dépenses pour un plex québécois standard.
Taxes et assurance
- Taxes municipales : 0,8 % à 1,5 % de la valeur foncière par année selon la municipalité
- Taxes scolaires : environ 0,1 % de la valeur foncière au Québec
- Assurance immeuble à revenus : 1 500 $ à 3 500 $ par année selon le nombre de logements et l’âge du bâtiment — généralement plus chère qu’une assurance habitation standard
Services et entretien
- Électricité des aires communes (entrée, escaliers, buanderie) : 300 $ à 800 $ par année
- Chauffage commun si applicable (immeubles plus anciens) : variable, 1 500 à 4 000 $
- Eau et égouts : inclus dans les taxes municipales à Montréal et Québec, parfois facturé séparément en banlieue (200-500 $)
- Déneigement : 600 $ à 1 500 $ par année selon la superficie
- Tonte de pelouse et entretien paysager : 400 $ à 1 200 $
- Entretien courant et petites réparations : 1 à 3 % de la valeur de l’immeuble par année (varie selon l’âge du bâtiment)
- Provision pour gros travaux : toiture, fenêtres, système de chauffage, drain français — typiquement 0,5 à 1 % additionnel de la valeur de l’immeuble par année
Gestion et frais administratifs
- Frais de gestion : 6 à 10 % des revenus bruts si géré par une firme. À 0 % si vous le gérez vous-même — mais comptez votre temps comme un coût caché.
- Comptabilité et services professionnels : 500 $ à 1 500 $ par année (comptable pour les déclarations fiscales locatives)
- Frais juridiques occasionnels : 200 $ à 1 000 $ par année en moyenne (TAL, baux, mises en demeure)
- Publicité et recrutement de locataires : 100 $ à 500 $ par année selon le turnover
- Logiciels de gestion locative : 0 à 600 $ par année
Une règle empirique utilisée par les investisseurs expérimentés au Québec : les dépenses d’exploitation totales représentent typiquement 35 à 45 % des revenus locatifs bruts pour un plex. Si vos calculs donnent un ratio nettement inférieur (par exemple 20 %), c’est presque certainement un signe que des postes ont été oubliés ou sous-estimés.
Les barèmes SCHL appliqués par les prêteurs pour analyser un dossier d’investissement utilisent des hypothèses standardisées : leur valeur est de servir de filet de sécurité contre les dépenses sous-estimées par les vendeurs.
Cas pratique chiffré : un triplex à 550 000 $
Voici un calcul complet sur un triplex typique de la région métropolitaine de Montréal en 2026.
Hypothèses du dossier :
- Prix d’achat : 550 000 $
- Mise de fonds : 10 % (propriétaire occupant) = 55 000 $
- Prêt avec prime SCHL : ~511 000 $ (capital + prime)
- Taux hypothécaire : 4,5 % fixe sur 25 ans
- 3 logements à 1 100 $/mois en moyenne
- Le propriétaire habite une des unités, deux sont loués
Étape 1 — Revenus annuels effectifs
| Poste | Montant annuel |
|---|---|
| Revenus bruts (2 logements loués × 1 100 $ × 12 mois) | 26 400 $ |
| Provision pour vacance (5 %) | −1 320 $ |
| Revenus effectifs annuels | 25 080 $ |
Étape 2 — Dépenses d’exploitation annuelles
| Poste | Montant annuel |
|---|---|
| Taxes municipales (0,9 % × 550 000 $) | 4 950 $ |
| Taxes scolaires | 550 $ |
| Assurance immeuble à revenus | 2 200 $ |
| Électricité aires communes | 500 $ |
| Déneigement | 1 000 $ |
| Entretien courant (1,5 % × 550 000 $) | 8 250 $ |
| Provision gros travaux (0,5 %) | 2 750 $ |
| Comptabilité et services professionnels | 800 $ |
| Total dépenses d’exploitation | 21 000 $ |
Note : pour un propriétaire occupant, on attribue généralement les dépenses au prorata des unités locatives — ici 2/3 des dépenses sont attribuables à la portion locative pour les fins fiscales, mais pour le calcul du cashflow global, on prend l’ensemble des dépenses puisqu’elles sortent de votre poche.
Étape 3 — Calcul du paiement hypothécaire
Pour un prêt de 511 000 $ à 4,5 % sur 25 ans, le paiement mensuel est d’environ 2 836 $, soit 34 030 $ par année.
Étape 4 — Cashflow avant impôt
- Revenus effectifs : 25 080 $
- Moins dépenses d’exploitation : −21 000 $
- = Revenu net d’exploitation (RNE) : 4 080 $
- Moins paiement hypothécaire : −34 030 $
- = Cashflow avant impôt : −29 950 $/an, soit −2 496 $/mois
Ce résultat semble alarmant — mais il est trompeur car nous sommes en propriétaire occupant. Le propriétaire occupe gratuitement un logement qui aurait pu être loué pour environ 1 100 $/mois, soit 13 200 $/an d’économie de loyer personnel. En ajoutant cette « valeur » à l’analyse :
- Cashflow effectif (incluant économie de loyer) = −29 950 + 13 200 = −16 750 $/an
Ce qui signifie que pour habiter cet immeuble et le détenir, le propriétaire occupant débourse réellement environ 1 400 $/mois — très peu pour avoir son logement et bâtir 511 000 $ d’équité immobilière sur 25 ans.
En investisseur pur (sans habitation), avec 3 logements loués à 1 100 $ chacun et la même structure financière mais avec une mise de fonds de 20 % (110 000 $) :
- Revenus effectifs : 39 600 × 0,95 = 37 620 $
- Dépenses d’exploitation : −21 000 $
- RNE : 16 620 $
- Prêt de 440 000 $ à 4,5 % sur 25 ans : paiement d’environ 2 442 $/mois = −29 305 $/an
- = Cashflow avant impôt : −12 685 $/an, soit −1 057 $/mois
Ce résultat illustre une réalité critique : au prix actuel des immeubles au Québec, beaucoup de plex en investisseur pur génèrent un cashflow négatif structurel. Le rendement vient alors de la capitalisation (équité accumulée par les locataires qui paient le capital de l’hypothèque) et de l’appréciation. Un investisseur doit en être pleinement conscient avant de se lancer.
Pour atteindre un cashflow positif solide avec ce niveau de prix, il faut soit acheter en bas du marché, soit cibler des secteurs où les rapports prix/loyers sont plus favorables (régions, certaines villes moyennes), soit augmenter significativement les revenus (rénover des unités sous-louées, ajouter des services).
Cashflow positif, neutre, négatif : que signifient-ils
Tous les cashflows ne sont pas équivalents. Voici comment les lire.
Cashflow positif (revenus > dépenses + hypothèque). L’immeuble génère un surplus mensuel. C’est l’idéal, particulièrement pour un premier investissement. Repères 2026 au Québec :
- Excellent : 200 $+ par porte par mois à Montréal, 300 $+ en région
- Bon : 100 à 200 $ par porte à Montréal, 150 à 300 $ en région
- Acceptable pour un premier achat : 50 à 100 $ par porte
Cashflow neutre (revenus ≈ dépenses + hypothèque). L’immeuble se finance lui-même mais ne vous rapporte rien en surplus mensuel. Vous gagnez par la capitalisation (chaque paiement hypothécaire rembourse une portion du capital) et par l’appréciation potentielle. Acceptable pour un investisseur expérimenté qui mise sur le long terme et a d’autres sources de revenu.
Cashflow négatif (dépenses + hypothèque > revenus). Vous payez de votre poche chaque mois pour détenir l’immeuble. Acceptable seulement dans des cas précis : forte appréciation anticipée, capacité d’absorption confortable, ou stratégie patrimoniale long terme assumée. À éviter pour un premier achat car la moindre difficulté (vacance, travaux, hausse de taux) peut transformer un cashflow légèrement négatif en gouffre financier.
Le seuil DSCR de 1,25. Les prêteurs exigent que le revenu net d’exploitation couvre 1,25 fois le paiement hypothécaire. C’est le minimum institutionnel — au-dessus, votre dossier passe ; en dessous, vous risquez le refus de financement ou des conditions moins favorables. Pour vérifier si votre dossier d’achat respecte ce seuil, divisez le RNE annuel par le paiement hypothécaire annuel.
Cashflow avant et après impôt
Une nuance que beaucoup de débutants négligent : le cashflow avant impôt n’est pas l’argent que vous gardez vraiment. Il faut intégrer la fiscalité locative.
Au Canada, les revenus locatifs sont imposables au fédéral (ARC) et au provincial (Revenu Québec) au taux marginal du contribuable. Heureusement, plusieurs dépenses sont déductibles, ce qui réduit le revenu imposable :
- Intérêts hypothécaires (mais pas le capital remboursé)
- Taxes municipales et scolaires
- Assurance de l’immeuble
- Entretien et réparations courantes
- Services publics payés par le propriétaire
- Frais de gestion, comptabilité, déplacements
- Honoraires professionnels (comptable, avocat)
Particularité fiscale importante : le capital remboursé sur l’hypothèque n’est pas déductible (seuls les intérêts le sont). Cela signifie qu’un immeuble peut afficher un cashflow comptable légèrement négatif tout en générant un revenu imposable positif — vous payez de l’impôt même quand vous êtes dans le rouge en liquidités. Cette particularité est expliquée plus en détail dans l’article sur la fiscalité des revenus locatifs au Québec.
Une stratégie souvent utilisée : la déduction pour amortissement (DPA), qui permet de déduire chaque année 4 % de la valeur du bâtiment (catégorie 1) sur une base dégressive. Elle peut réduire ou annuler le revenu imposable, mais elle a un revers : à la vente, la DPA cumulée doit être récupérée comme revenu imposable. Décision à prendre avec un comptable professionnel agréé.
Pour un calcul approximatif rapide, prévoyez que l’impôt sur le revenu locatif réduit votre cashflow de 25 à 40 % selon votre tranche marginale.
Comment améliorer le cashflow
Si votre analyse aboutit à un cashflow trop faible ou négatif, plusieurs leviers existent pour l’améliorer.
1. Augmenter les revenus. Aligner les loyers existants avec le marché en respectant les règles du TAL. Ajouter des services payants (stationnement, rangement, buanderie). Rénover stratégiquement les unités à fort potentiel pour justifier des loyers plus élevés au prochain bail.
2. Réduire les dépenses d’exploitation. Magasiner l’assurance annuellement (économies de 200 à 600 $ possibles). Investir dans l’efficacité énergétique pour réduire les coûts d’électricité et chauffage. Comparer les contrats de déneigement, paysagement et autres services. Auto-gérer plutôt que de payer une firme de gestion (économise 6 à 10 % des revenus bruts si vous avez le temps).
3. Optimiser le financement. Le coût hypothécaire est typiquement le plus gros poste. Magasiner le meilleur taux peut faire la différence entre un cashflow positif et négatif. Une différence de 0,5 % sur 500 000 $ représente environ 2 500 $/an d’économies. Pour comprendre comment se positionner sur le choix entre taux fixe ou variable, l’analyse dépend de votre profil et du contexte économique.
4. Augmenter la mise de fonds. Plus de mise de fonds = moins de capital emprunté = paiements plus bas = cashflow plus élevé. Sur 550 000 $, passer de 10 % à 20 % de mise de fonds élimine la prime SCHL et réduit le paiement mensuel de plusieurs centaines de dollars.
5. Allonger l’amortissement. Passer de 25 à 30 ans réduit le paiement mensuel d’environ 8-10 %, améliorant le cashflow. Conséquence : vous payez plus d’intérêts sur la durée totale. Compromis à évaluer.
6. Choisir un meilleur immeuble au départ. La meilleure stratégie consiste à acheter à un prix qui permet un cashflow positif dès le départ, plutôt que d’essayer de redresser un mauvais dossier après l’achat. Un courtier immobilier inscrit à l’OACIQ et spécialisé en investissement peut faire la différence entre un mauvais et un bon achat.
Erreurs fréquentes
- Se fier aux dépenses fournies par le vendeur. Toujours valider avec les barèmes SCHL ou des estimations conservatrices. Un vendeur qui veut maximiser son prix de vente sous-estime souvent les dépenses.
- Oublier la provision pour vacance. Aucun immeuble n’est loué 100 % du temps. Compter 3 à 8 % selon le marché.
- Sous-estimer l’entretien. Les immeubles plus anciens demandent plus d’entretien. Pour un plex de plus de 30 ans, prévoir 2-3 % de la valeur par année minimum.
- Confondre cashflow et profit. Le capital remboursé sur l’hypothèque n’est pas une perte — c’est de l’équité. Mais c’est un décaissement réel qui affecte le cashflow.
- Ignorer les remplacements cycliques. Toiture, fenêtres, système de chauffage : tôt ou tard, ces postes coûtent 15 000 à 40 000 $. Sans provision, le cashflow positif disparaît à la première grosse dépense.
- Ne pas vérifier les baux et leurs montants réels. Le vendeur peut surévaluer les revenus en parlant des « loyers du marché » plutôt que des loyers réellement encaissés.
- Oublier l’impôt sur les revenus locatifs. Un cashflow positif avant impôt peut être réduit de 25-40 % après impôt selon votre tranche marginale.
- Négliger l’effet du renouvellement hypothécaire. Si les taux montent au renouvellement, votre cashflow peut basculer en négatif. Budgéter cette éventualité.
FAQ — Questions fréquentes sur le cashflow d’un immeuble locatif
Quel cashflow viser pour un premier investissement au Québec ?
Pour un premier achat, viser au minimum un cashflow neutre après toutes les dépenses, incluant provisions pour vacance et imprévus. Un cashflow positif de 100 à 200 $ par porte par mois est considéré bon à excellent à Montréal en 2026 ; en région, des cashflows de 200 à 300 $ par porte restent atteignables.
Pourquoi mon cashflow est-il négatif alors que le vendeur me parle de cashflow positif ?
Trois explications classiques : (1) le vendeur sous-estime les dépenses (oublie l’entretien, la vacance, les provisions), (2) le vendeur utilise les loyers du marché plutôt que les loyers réellement encaissés, (3) les taux hypothécaires actuels sont supérieurs à ceux utilisés dans son calcul historique. Validez toujours avec les barèmes SCHL.
Le cashflow change-t-il au fil du temps ?
Oui. Les loyers augmentent avec le temps (souvent indexés via le TAL — 3,1 % en 2026 par exemple), les dépenses augmentent aussi (taxes, assurance, entretien), et le paiement hypothécaire reste fixe pendant le terme. Globalement, le cashflow tend à s’améliorer avec les années si vous gérez bien — mais peut basculer négativement au renouvellement hypothécaire si les taux ont monté.
Faut-il un cashflow positif absolument ?
Pas nécessairement. Pour un investisseur expérimenté avec d’autres sources de revenus et une stratégie long terme assumée, un cashflow neutre ou légèrement négatif peut être acceptable si l’appréciation et la capitalisation justifient l’investissement. Pour un premier achat, le cashflow positif est fortement recommandé pour la résilience du dossier.
Comment calculer le cashflow d’un duplex vs un triplex ?
La méthode est identique. Mais pour un duplex en propriétaire occupant, vous n’avez qu’un seul logement loué, ce qui rend le cashflow plus fragile (si ce locataire quitte, 100 % du revenu disparaît). Un triplex offre 2 logements loués en mode propriétaire occupant, plus de stabilité mais une mise de fonds minimale plus élevée (10 % vs 5 %). Pour comparer en détail, lire notre article sur duplex, triplex ou plex au Québec.
Comment les prêteurs analysent-ils le cashflow ?
Ils utilisent le ratio de couverture du service de la dette (DSCR) = RNE ÷ Paiement hypothécaire. Le minimum exigé est généralement de 1,25, parfois 1,30. Sous ce seuil, le prêt peut être refusé ou consenti à des conditions moins avantageuses. Le DSCR est calculé avec les barèmes SCHL ou une grille interne du prêteur, pas avec les chiffres du vendeur.
Quelle est la différence entre cashflow et cap rate ?
Le cap rate (taux de capitalisation) mesure le rendement de l’immeuble indépendamment du financement : RNE ÷ Prix d’achat × 100. Il sert à comparer des immeubles entre eux. Le cashflow mesure ce qui reste après le paiement hypothécaire — il intègre votre financement spécifique et reflète la réalité de vos liquidités. Les deux sont complémentaires.
Que se passe-t-il avec le cashflow au renouvellement de l’hypothèque ?
Si les taux ont monté entre votre signature initiale et le renouvellement, votre paiement hypothécaire augmente, ce qui réduit votre cashflow. C’est un risque majeur en 2026 pour les propriétaires qui ont signé à des taux pandémiques (1-2 %) et qui renouvellent à 4-5 %. Une bonne planification budgète cette éventualité dès l’achat.
Sources officielles
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) — Barèmes et financement multilogement
- Tribunal administratif du logement (TAL)
- Revenus de location — Agence du revenu du Canada
- Revenus locatifs — Revenu Québec
- Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ)
- Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ)
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil en investissement, fiscal ou financier personnalisé. Les pourcentages, taux et règles mentionnés proviennent de sources officielles ou de pratiques de marché au moment de la rédaction et peuvent évoluer. Le calcul du cashflow d’un immeuble spécifique requiert l’analyse des chiffres réels de cet immeuble. Pour toute décision d’investissement immobilier, nous recommandons de consulter un courtier immobilier inscrit à l’OACIQ spécialisé en investissement, un courtier hypothécaire autorisé par l’AMF, et un comptable professionnel agréé pour les implications fiscales. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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