Marché immobilier à Magog : prix, luxe et rôle foncier

La valeur du parc résidentiel de Magog a bondi de 45,8 % au nouveau rôle d’évaluation foncière 2025-2026-2027 — l’une des plus fortes hausses jamais documentées dans ce cluster — pendant que la ville domine à elle seule près de la moitié des ventes de propriétés de prestige à plus de 2 millions de dollars de toute la MRC de Memphrémagog, portée par un marché du luxe riverain sans équivalent ailleurs dans les marchés locaux déjà couverts.

Ville la plus populeuse de la MRC de Memphrémagog et porte d’entrée des Cantons-de-l’Est pour qui arrive de Montréal par l’autoroute 10, Magog occupe une place à part dans ce cluster : contrairement aux banlieues montréalaises façonnées par le REM ou aux villes industrielles régionales déjà documentées, le marché magogois est tiré par le tourisme quatre saisons, la villégiature sur les rives du lac Memphrémagog et un segment résidentiel haut de gamme en pleine expansion. Voici un état des lieux du marché immobilier à Magog en 2026, incluant les prix par segment, l’effet du nouveau rôle foncier, le mégaprojet de reconversion industrielle en cours et ce qu’il faut savoir avant d’y acheter.

Sommaire

Portrait de Magog, capitale régionale du lac Memphrémagog

Magog est le siège de la MRC de Memphrémagog, en Estrie, et la ville la plus populeuse de cette MRC qui regroupe aussi des municipalités de villégiature comme Austin, Eastman ou Orford. Bâtie à la tête du lac Memphrémagog, là où celui-ci se déverse dans la rivière Magog, la ville tire son nom d’un mot abénaquis signifiant approximativement « grande étendue d’eau ». Cette situation riveraine, combinée à la proximité immédiate du parc national du Mont-Orford, a façonné une économie locale distincte des banlieues montréalaises et des villes industrielles déjà documentées dans ce cluster : tourisme quatre saisons, villégiature haut de gamme et, plus récemment, reconversion d’un ancien site industriel textile en nouveau quartier mixte.

Contrairement à Sherbrooke, pôle universitaire et hospitalier régional déjà couvert dans ce cluster, Magog reste une ville de taille moyenne dont l’identité économique s’articule autour du lac plutôt que d’un grand employeur institutionnel unique — un profil qui la rapproche davantage d’une destination de villégiature que d’un centre régional de services.

Quelques repères pour situer la ville :

  • MRC d’appartenance : Memphrémagog, dont Magog est le siège, région administrative de l’Estrie
  • Situation géographique : tête du lac Memphrémagog, à l’embouchure de la rivière Magog, à environ 120 km de Montréal par l’autoroute 10
  • Ancien site industriel Dominion Textile (secteur des usines CS Brooks et Difco) : en reconversion depuis 2023 sous le nom Espace des Tisserands
  • Parc national du Mont-Orford (Sépaq) : à environ 5 minutes du centre-ville de Magog, 58 km de sentiers, quatre lacs navigables
  • Rue Principale et centre-ville riverain : pôle commercial et touristique, en réfection depuis le printemps 2026 (projet d’environ 22 millions de dollars)

Prix de l’immobilier à Magog en 2026

Selon les statistiques immobilières de Centris pour le secteur de Magog, le marché a connu un ralentissement des transactions au deuxième trimestre de 2026, dans la continuité du rééquilibrage observé à l’échelle de la région métropolitaine de Sherbrooke, tout en conservant des prix stables pour le segment unifamilial.

Segment Prix médian Variation annuelle Ventes
Unifamiliale (T2 2026) 585 000 $ Stable 74 (+1 %)
Copropriété (condo, 4 derniers trimestres) 344 087 $ +2 % 21
Plex (2 à 5 logements, 4 derniers trimestres) 489 000 $ -2 % 11

Au total, le marché résidentiel magogois a enregistré 106 ventes au deuxième trimestre de 2026, pour un volume de transactions de 70,435 millions de dollars — des reculs respectifs de 10 % et 3 % par rapport au même trimestre de 2025, cohérents avec le repli de 11 % des ventes observé à l’échelle du secteur Sherbrooke dans son ensemble. Le volume de transactions de copropriétés et de plex demeure trop faible pour produire une statistique trimestrielle fiable, une limite que Centris signale explicitement plutôt que de publier un chiffre non représentatif ; les prix de ces deux segments présentés ici sont donc calculés sur une base cumulative de quatre trimestres.

Le marché haut de gamme : Magog, capitale immobilière du luxe en Estrie

Ce que la statistique trimestrielle de Centris ne montre pas, c’est l’ampleur du segment de prestige qui distingue Magog de tous les autres marchés déjà couverts dans ce cluster. En 2025, la MRC de Memphrémagog a enregistré 33 ventes de propriétés de prestige à plus de 2 millions de dollars — et Magog, à elle seule, en a totalisé près de la moitié.

La transaction la plus élevée recensée en 2025 sur le territoire magogois, sur le chemin de Georgeville, s’est conclue à 9,6 millions de dollars, alors que l’évaluation municipale de cette même propriété n’atteignait que 5,2 millions de dollars — un écart qui illustre à quel point le rôle d’évaluation, même après la refonte 2025-2027, peut rester en retrait de la valeur marchande réelle des propriétés riveraines les plus recherchées.

Deux autres propriétés magogoises se sont vendues au-delà de 5 millions de dollars la même année, et des inscriptions actuelles (2026) dépassent les 7, voire 9 millions de dollars. À l’échelle de la MRC, Magog devance Orford (25 ventes à plus d’un million de dollars en 2025) et Eastman (15 ventes) pour le nombre de transactions au-dessus du seuil du million. Le nombre total de transactions immobilières (toutes catégories confondues) dans la MRC a atteint 1 231 en 2025, en hausse de 16 % par rapport à 2024, avec un délai de vente moyen de 82 jours.

Ce segment de prestige repose en bonne partie sur les propriétés riveraines du lac Memphrémagog et du lac Massawippi (ce dernier situé dans les municipalités voisines de Hatley et Ayer’s Cliff), où l’offre limitée de terrains en bordure de l’eau maintient une pression à la hausse sur les prix, indépendamment des cycles plus modérés observés dans le marché résidentiel général de la région.

Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : une hausse moyenne de 45,8 %

La Ville de Magog a déposé son nouveau rôle d’évaluation foncière triennal, en vigueur du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2027 et basé sur les conditions de marché au 1er juillet 2023. La valeur totale du parc immobilier magogois passe ainsi de 5,4 milliards de dollars à 7,9 milliards de dollars, soit une hausse moyenne de 45,8 % — l’une des plus fortes documentées à ce jour dans l’ensemble de ce cluster de marchés locaux, à un niveau comparable à celui de Shawinigan (+64,18 %) ou de Châteauguay (+51 %).

La hausse n’est toutefois pas uniforme selon le type de propriété : les terrains vacants affichent une progression moyenne de 61,5 %, les copropriétés de 62,5 %, tandis que les propriétés riveraines — déjà évaluées à un niveau élevé au rôle précédent — augmentent plus modestement, de 39,2 %. La Ville n’a pas publié, dans son communiqué officiel, de pourcentage distinct pour le segment unifamilial hors secteur riverain ni pour les immeubles à revenus ; cette limite est signalée explicitement ici plutôt que masquée par un chiffre déduit.

  • Entrée en vigueur du rôle : 1er janvier 2025 au 31 décembre 2027, marché de référence au 1er juillet 2023
  • Valeur totale du parc immobilier : de 5,4 à 7,9 milliards de dollars, +45,8 % en moyenne
  • Hausse des terrains vacants : +61,5 %
  • Hausse des copropriétés : +62,5 %
  • Hausse des propriétés riveraines : +39,2 % (déjà évaluées à un niveau élevé au rôle précédent)

Le compte de taxes 2025 pour la résidence moyenne

Comme pour la plupart des rôles triennaux déposés récemment au Québec, une hausse spectaculaire de la valeur foncière ne se traduit pas mécaniquement par une facture de taxes équivalente. Pour son budget 2025, la Ville de Magog a limité la hausse du taux de taxation résidentiel à 2,9 %, soit environ 80 $ de plus par année pour une résidence dont la valeur moyenne s’établit désormais à 576 000 $ au nouveau rôle.

La Ville précise elle-même que ce compte de taxes sera plus élevé que la hausse générale de 2,9 % pour toute propriété dont la valeur a progressé au-delà de la moyenne du rôle (50,6 % pour le résidentiel), et inversement plus faible pour une propriété dont la hausse individuelle est restée sous cette moyenne — un mécanisme qu’un propriétaire magogois doit comprendre avant de comparer son propre compte de taxes à la moyenne municipale annoncée.

Ce mécanisme de lissage, déjà documenté ailleurs dans ce cluster à Sorel-Tracy et à Saint-Eustache, s’ajoute à la tarification distincte des services municipaux (collecte des matières résiduelles, réseau d’aqueduc, réseau d’égout ou vidange de fosse septique pour les résidences non raccordées), qui varie selon le secteur et n’est pas incluse dans le pourcentage de hausse générale de la taxe foncière.

  • Hausse du taux de taxation résidentiel 2025 : +2,9 %, soit environ 80 $ de plus pour une résidence à 576 000 $
  • Hausse moyenne du rôle d’évaluation résidentiel : 50,6 %
  • Tarifs de services distincts : collecte des matières résiduelles, réseau d’aqueduc, réseau d’égout ou vidange de fosse septique

Ce compte de taxes s’ajoute, au moment de l’achat, à la taxe de bienvenue exigible auprès de tout nouvel acquéreur — un montant qui peut devenir substantiel pour les transactions de prestige décrites plus haut, et qu’un investisseur devrait plutôt analyser à la lumière de la taxe de mutation immobilière et de ses stratégies d’optimisation propres aux acquisitions à valeur élevée.

L’Espace des Tisserands : un nouveau quartier de 300 à 350 millions de dollars

Le principal chantier de développement à Magog est la revitalisation de l’ancien complexe industriel Dominion Textile, qui regroupe les anciens bâtiments des usines CS Brooks et Difco. Pilotée par le Groupe Custeau, cette reconversion doit donner naissance à l’Espace des Tisserands, un nouveau quartier à usage mixte représentant un investissement projeté de 300 à 350 millions de dollars sur dix ans.

Le projet doit combiner restaurants, galeries d’art, bureaux, commerces de proximité et un pôle d’emploi avec un volet résidentiel : les Habitations l’Équerre y prévoient 18 logements dans le quartier des Tisserands, avec un potentiel d’une centaine d’unités supplémentaires à terme aux côtés du Groupe Custeau — un « quartier dans un quartier », selon les termes du promoteur, à distinguer nettement d’un simple projet résidentiel isolé.

Une épicerie Maxi doit également ouvrir ses portes en 2026 sur le site de l’ancienne usine CS Brooks, un signal concret de mise en service commerciale du secteur. Ce chantier de reconversion industrielle distingue nettement Magog des projets déjà documentés dans ce cluster, généralement construits sur des terrains vacants ou d’anciens golfs plutôt que sur une friche industrielle patrimoniale en plein cœur urbain.

  • Investissement projeté : 300 à 350 millions de dollars sur dix ans
  • Porteur du projet : Groupe Custeau, sur les anciens sites Dominion Textile, CS Brooks et Difco
  • Volet résidentiel initial : 18 logements (Habitations l’Équerre), potentiel d’une centaine d’unités additionnelles
  • Commerce annoncé : épicerie Maxi, ouverture prévue en 2026

En parallèle, la Ville a entrepris au printemps 2026 la réfection et le réaménagement de la rue Principale Est, un chantier d’environ 22 millions de dollars destiné à consolider l’attractivité du centre-ville commercial et touristique, dans un secteur directement adjacent à l’Espace des Tisserands.

Marché locatif : un taux d’inoccupation qui se rapproche enfin de l’équilibre

Contrairement à la plupart des marchés régionaux déjà couverts dans ce cluster, où le taux d’inoccupation locatif reste extrêmement bas (0,5 % à Alma, 0,6 % à Sorel-Tracy), le secteur de Magog affiche une trajectoire inverse : le taux d’inoccupation des logements locatifs d’initiative privée est passé de 1,3 % en 2023 à 2,7 % en 2024, puis à 3,8 % en 2025 — désormais au-delà du seuil de 3 % généralement associé à un marché équilibré.

Un taux d’inoccupation de 3,8 % ne signifie pas pour autant un logement abordable : le coût moyen d’un 3½ pièces a bondi de 10 % entre 2024 et 2025 à Magog, et la Corporation de développement communautaire (CDC) Memphrémagog vise plutôt un taux cible de 7 à 8 % pour parler d’un véritable relâchement de la pression locative.

Cette évolution distingue nettement Magog des marchés locatifs les plus tendus du cluster, sans pour autant en faire un marché détendu : elle traduit plutôt une offre locative qui a fini par rattraper une partie de la demande après plusieurs années de pénurie, dans une ville où la Politique d’habitation municipale, adoptée en amont, affichait déjà une avance sur ses propres objectifs de construction au début de 2025.

  • Taux d’inoccupation locatif : 1,3 % (2023) → 2,7 % (2024) → 3,8 % (2025)
  • Seuil d’équilibre généralement reconnu : 3 %
  • Cible visée par la CDC Memphrémagog : 7 à 8 %
  • Hausse du coût moyen d’un 3½ pièces (2024-2025) : +10 %

Démographie : la population la plus âgée du cluster

Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, Magog comptait 28 312 habitants, en hausse de 6,2 % par rapport à 2016 (26 669 habitants) — une croissance supérieure à la moyenne provinciale de 4,1 %, portée en bonne partie par l’arrivée de retraités et de résidents secondaires devenus résidents permanents.

Le profil démographique de Magog tranche nettement avec celui des banlieues familiales déjà couvertes dans ce cluster : l’âge médian y atteint 54 ans, et 31,9 % de la population est âgée de 65 ans et plus, contre 13,2 % seulement pour les moins de 15 ans. Le revenu médian des ménages s’établit à 62 400 $, et la population immigrante demeure limitée à 3,8 %, avec un profil linguistique très majoritairement francophone (93,1 % parlant principalement français à la maison).

  • Population (2021) : 28 312 habitants, +6,2 % depuis 2016
  • Âge médian : 54 ans
  • Population de 65 ans et plus : 31,9 %
  • Population de moins de 15 ans : 13,2 %
  • Revenu médian des ménages : 62 400 $

Ce vieillissement marqué de la population résidente permanente, combiné à l’afflux de propriétaires de résidences secondaires devenues principales, alimente une demande particulière pour les propriétés de plain-pied, les copropriétés avec services et les résidences pour aînés, un segment distinct du marché familial dominant ailleurs dans ce cluster.

Magog, porte d’entrée du parc national du Mont-Orford

Le parc national du Mont-Orford, géré par la Sépaq, se trouve à environ cinq minutes du centre-ville de Magog et constitue l’un des parcs nationaux les plus fréquentés du réseau québécois. Avec 58 kilomètres de sentiers, quatre lacs navigables et deux secteurs de camping aménagés, le parc offre une programmation quatre saisons complète : ski alpin et de fond, raquette, glissade, traîneau à chiens et randonnée l’hiver ; vélo, baignade, golf, voile et théâtre d’été le reste de l’année.

Le centre de villégiature Espace 4 Saisons, situé directement au pied du Mont-Orford, complète cette offre par de l’hébergement et des activités organisées, à quelques minutes seulement du centre-ville. Cette proximité immédiate d’un grand parc national quatre saisons distingue Magog de la plupart des marchés déjà couverts dans ce cluster, où l’attrait touristique, quand il existe, reste généralement secondaire par rapport à la dynamique résidentielle ou industrielle.

  • Parc national du Mont-Orford (Sépaq) : à environ 5 minutes du centre-ville de Magog
  • Superficie du réseau de sentiers : 58 km, quatre lacs navigables
  • Espace 4 Saisons : centre de villégiature au pied du Mont-Orford
  • Distance de Montréal : environ 120 km, soit une heure et demie par l’autoroute 10

Cette économie touristique soutenue alimente directement le marché locatif de courte durée et le segment des résidences secondaires abordé plus loin, un facteur de demande immobilière qui s’ajoute à la croissance démographique permanente plutôt que de s’y substituer.

Transport et accès : aucune desserte ferroviaire, l’autoroute 10 comme lien principal

Contrairement à plusieurs villes de l’Ouest-de-l’Île déjà couvertes dans ce cluster, desservies par le REM ou un train de banlieue exo, Magog ne dispose d’aucune desserte ferroviaire de passagers sur son territoire. L’ancienne ligne ferroviaire qui traversait autrefois l’Estrie n’offre plus de service voyageurs depuis des décennies, et aucun projet de train de banlieue ou de tramway n’est à l’étude pour la région de Memphrémagog.

L’accès à Magog repose presque entièrement sur l’autoroute 10, qui relie directement la ville à Sherbrooke (environ 25 minutes) à l’est et à Montréal (environ 120 km, une heure et demie) à l’ouest, ainsi que sur un service d’autobus interurbain (Limocar) reliant Magog à Sherbrooke et Montréal à raison de plusieurs départs quotidiens.

  • Aucune desserte ferroviaire de passagers sur le territoire de Magog
  • Lien principal : autoroute 10 (Sherbrooke à environ 25 minutes, Montréal à environ 1 h 30)
  • Service d’autobus interurbain Limocar : plusieurs départs quotidiens vers Sherbrooke et Montréal
  • Aucun projet de train de banlieue, de REM ou de tramway à l’étude pour la région

Cette dépendance à l’automobile et à l’autocar, plutôt qu’à un mode de transport structurant financé, renforce le caractère de destination autonome de Magog, où la dynamique immobilière repose avant tout sur l’attrait touristique et résidentiel de la ville elle-même plutôt que sur un effet de proximité avec un grand centre urbain.

Chalet ou résidence secondaire à Magog : ce qu’il faut savoir

Compte tenu du poids du segment riverain et villégiature dans le marché magogois, un nombre significatif d’acheteurs à Magog ne cherchent pas une résidence principale, mais un chalet ou une résidence secondaire destinée à un usage saisonnier, à la location de courte durée ou à une éventuelle conversion en résidence principale à la retraite.

Avant de faire une offre sur ce type de propriété, un acheteur devrait notamment :

  • Consulter le guide complet d’achat d’un chalet au Québec, qui couvre les particularités propres à ce type de transaction (accès, servitudes, droits riverains)
  • Comprendre la fiscalité applicable à une résidence secondaire, notamment en cas de revente ou de conversion future en résidence principale
  • Évaluer les options de financement d’une deuxième propriété, dont les exigences de mise de fonds diffèrent souvent de celles d’une résidence principale
  • Prévoir une inspection préachat rigoureuse, particulièrement pour les propriétés riveraines plus anciennes exposées aux conditions hivernales et à l’érosion des berges
  • Anticiper l’effet du nouveau rôle d’évaluation sur le compte de taxes futur, particulièrement marqué pour les terrains vacants (+61,5 %) advenant un projet de construction

Pour un propriétaire qui envisage éventuellement de revendre, le guide dédié à la vente d’un chalet ou d’une résidence secondaire au Québec détaille les particularités propres à ce type de transaction, distinctes de la vente d’une résidence principale. Dans le segment de prestige décrit plus haut, le recours à un courtier immobilier spécialisé dans les propriétés riveraines haut de gamme devient généralement incontournable, tant pour la mise en marché que pour la négociation d’une transaction à plusieurs millions de dollars.

Magog face aux autres marchés déjà couverts du cluster

Magog se distingue nettement des autres marchés régionaux déjà documentés dans ce cluster :

  • Sherbrooke : pôle universitaire et hospitalier régional de l’Estrie, un marché plus vaste et plus diversifié économiquement, sans le segment de prestige riverain propre à Magog
  • Granby : ville industrielle et manufacturière de la Montérégie, marché nettement plus abordable, sans l’attrait touristique quatre saisons de Magog
  • Shawinigan et Alma : villes industrielles régionales à forte hausse de rôle d’évaluation comme Magog, mais sans marché de prestige comparable ni économie touristique dominante
  • Magog : seul marché de ce sous-groupe régional porté avant tout par le tourisme et la villégiature riveraine, avec le segment de propriétés de prestige le plus actif documenté à ce jour dans l’ensemble du cluster

Ce profil distinct exige une grille de lecture différente : à Magog, l’évolution du prix médian trimestriel de Centris ne raconte qu’une partie de l’histoire, le segment de prestige évoluant selon une dynamique largement indépendante du reste du marché résidentiel.

Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, très répandue, est de confondre la hausse du rôle d’évaluation foncière (45,8 % en moyenne) avec la hausse réelle du compte de taxes (2,9 % pour 2025) : ce sont deux chiffres distincts, et le second dépend directement du taux de taxation ajusté par la municipalité, qui varie d’une année à l’autre et selon l’écart entre la hausse individuelle d’une propriété et la moyenne du rôle.

La deuxième erreur consiste à extrapoler le prix médian trimestriel de Centris (585 000 $ pour l’unifamiliale) à l’ensemble du marché magogois sans tenir compte du segment de prestige : les transactions à plusieurs millions de dollars décrites plus haut ne figurent généralement pas dans une lecture rapide de la statistique médiane, mais influencent fortement la perception du marché et l’offre de propriétés riveraines disponibles.

La troisième erreur est de confondre le projet de reconversion de l’Espace des Tisserands avec un simple projet résidentiel : il s’agit d’un développement à usage mixte (commerces, bureaux, culture, résidentiel) sur un site industriel patrimonial, dont l’échéancier complet s’étend sur dix ans plutôt que de correspondre à une livraison rapide et unique de logements.

La quatrième erreur est de supposer que le taux d’inoccupation locatif de 3,8 % signifie un marché locatif abordable : malgré ce relâchement statistique, le coût moyen d’un 3½ pièces a bondi de 10 % entre 2024 et 2025, et la CDC Memphrémagog elle-même vise un taux cible bien plus élevé (7 à 8 %) avant de parler d’un véritable équilibre.

La cinquième erreur est de croire qu’un chalet ou une résidence secondaire à Magog est soumis aux mêmes règles fiscales et de financement qu’une résidence principale : les règles applicables à la revente, à la conversion en résidence principale ou à la mise de fonds exigée diffèrent sensiblement, comme détaillé à la section précédente.

Questions fréquentes

Quel est le prix médian d’une maison à Magog en 2026 ?
Au deuxième trimestre de 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale à Magog s’établit à 585 000 $, stable par rapport à l’an dernier, selon les statistiques immobilières de Centris.

Pourquoi le rôle d’évaluation foncière a-t-il augmenté de 45,8 % à Magog ?
Cette hausse, inscrite au rôle triennal 2025-2026-2027 basé sur le marché au 1er juillet 2023, reflète l’évolution rapide du marché immobilier résidentiel local depuis le rôle précédent, avec des hausses particulièrement marquées pour les terrains vacants (+61,5 %) et les copropriétés (+62,5 %).

Le compte de taxes va-t-il aussi augmenter de 45,8 % ?
Non. Grâce à un ajustement du taux de taxation, la hausse générale du compte de taxes 2025 se limite à 2,9 % pour une résidence à la valeur moyenne du rôle, bien que le montant réel varie selon que la hausse individuelle d’une propriété donnée dépasse ou non la moyenne municipale de 50,6 %.

Pourquoi Magog a-t-elle un marché immobilier de luxe aussi actif ?
La rareté des terrains riverains sur le lac Memphrémagog et le lac Massawippi, combinée à la popularité de la région comme destination de villégiature à environ 1 h 30 de Montréal, alimente un segment de prestige où Magog concentre à elle seule près de la moitié des ventes à plus de 2 millions de dollars de toute la MRC.

Qu’est-ce que l’Espace des Tisserands ?
Il s’agit d’un projet de reconversion de l’ancien complexe industriel Dominion Textile (usines CS Brooks et Difco) en un nouveau quartier à usage mixte, porté par le Groupe Custeau, représentant un investissement projeté de 300 à 350 millions de dollars sur dix ans, incluant un volet résidentiel.

Le marché locatif est-il tendu à Magog ?
Il l’a été fortement, mais la situation se détend : le taux d’inoccupation est passé de 1,3 % en 2023 à 3,8 % en 2025, dépassant le seuil de 3 % associé à un marché équilibré, bien que les loyers continuent d’augmenter rapidement (+10 % pour un 3½ pièces entre 2024 et 2025).

Magog est-elle desservie par le train ou le REM ?
Non. Magog ne dispose d’aucune desserte ferroviaire de passagers sur son territoire ; l’accès repose sur l’autoroute 10 et un service d’autobus interurbain vers Sherbrooke et Montréal.

Sources officielles


Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les données de marché évoluent rapidement et les chiffres présentés reflètent la situation au moment de la publication. Pour toute décision d’achat, de vente ou d’investissement immobilier, consultez un courtier immobilier, un notaire ou un autre professionnel qualifié. Pour en savoir plus sur notre approche éditoriale, consultez notre page méthodologie.