Alma vient de voir la valeur de son parc résidentiel bondir de 27,77 % au nouveau rôle d’évaluation foncière 2025-2026-2027, pendant que Rio Tinto complète à 80 % un investissement de 240 millions de dollars à son Centre des billettes de l’usine d’Alma — un chantier distinct de l’aluminerie AP60 de Saguenay/Arvida, avec laquelle il est souvent confondu — dans un marché locatif où le taux d’inoccupation plafonne à seulement 0,5 %, l’un des plus bas de tout le Québec.
Ville la plus populeuse du Lac-Saint-Jean et porte d’entrée de la région pour qui arrive de Québec ou de la Mauricie, Alma occupe une place à part dans le cluster des marchés locaux d’immoboussole.com : contrairement aux banlieues montréalaises déjà couvertes, dont la dynamique dépend du REM ou d’un train de banlieue, ou aux villes minières de l’Abitibi comme Rouyn-Noranda, le marché almatois reste façonné par l’aluminium de transformation, l’agroalimentaire et le tourisme riverain du lac Saint-Jean. Voici un état des lieux du marché immobilier à Alma en 2026, incluant les prix par segment, l’effet du nouveau rôle foncier, le chantier industriel en cours et ce qu’il faut savoir avant d’y acheter.
Sommaire
- Portrait d’Alma, porte d’entrée du Lac-Saint-Jean
- Prix de l’immobilier à Alma en 2026
- Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : une hausse de 27,77 % pour le résidentiel
- Le compte de taxes 2025 pour la résidence moyenne
- Le Centre des billettes d’Alma : 240 millions de dollars chez Rio Tinto
- Marché locatif : un taux d’inoccupation parmi les plus bas du Québec
- Démographie : une population stable sur un socle industriel
- Alma, pôle de services du Lac-Saint-Jean-Est
- Transport et accès : aucune gare, mais un carrefour routier régional
- Investir dans un plex à Alma
- Acheter à Alma : ce qu’il faut savoir avant de faire une offre
- Alma face aux autres marchés régionaux déjà couverts
- Erreurs fréquentes à éviter
Portrait d’Alma, porte d’entrée du Lac-Saint-Jean
Alma est la ville la plus populeuse de la région administrative du Saguenay–Lac-Saint-Jean après l’agglomération de Saguenay elle-même, et le siège de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est. Elle est bâtie au point où le lac Saint-Jean se déverse dans la rivière Petite Décharge, à la tête de la rivière Saguenay — une situation géographique qui en a longtemps fait un lieu de transbordement et de production hydroélectrique, avant de devenir le siège d’une des alumineries les plus modernes du Québec.
L’identité économique de la ville s’est construite en bonne partie autour de l’aluminium : l’usine d’Alma, mise en service en 2000 par Alcan (aujourd’hui Rio Tinto), a introduit à grande échelle la technologie AP-3X au Québec et demeure l’un des plus importants employeurs industriels de la région, comme on le verra plus loin. Mais Alma n’est pas qu’une ville d’aluminium : la MRC de Lac-Saint-Jean-Est compte près de 99 000 hectares de terres agricoles, avec une concentration notable de transformateurs agroalimentaires (produits laitiers, charcuterie, boulangerie), et la Véloroute des Bleuets, un circuit cyclable de plus de 250 kilomètres qui fait le tour du lac Saint-Jean, traverse directement le territoire almatois — un profil économique diversifié qui la distingue nettement de villes mono-industrielles comme Rouyn-Noranda, déjà couverte dans ce cluster.
Quelques repères pour situer la ville :
- MRC d’appartenance : Lac-Saint-Jean-Est, dont Alma est le siège, région administrative du Saguenay–Lac-Saint-Jean
- Situation géographique : embouchure du lac Saint-Jean dans la rivière Petite Décharge, à la tête de la rivière Saguenay
- Usine d’Alma (Rio Tinto) : mise en service en 2000, l’un des plus importants employeurs industriels de la région
- Collège d’Alma (Cégep d’Alma) : fondé en 1968, seul établissement collégial de la MRC
- Véloroute des Bleuets : circuit cyclable de plus de 250 km autour du lac Saint-Jean, traversant le territoire almatois
Prix de l’immobilier à Alma en 2026
Selon les statistiques immobilières de Centris pour le secteur d’Alma, le marché a connu une accélération marquée des ventes au deuxième trimestre de 2026, portée par une demande soutenue pour les propriétés unifamiliales et les plex, dans un contexte de pénurie de logements locatifs qui pousse une partie des ménages vers l’accession à la propriété.
| Segment | Prix médian (T2 2026) | Variation annuelle | Ventes (T2 2026) |
|---|---|---|---|
| Unifamiliale | 318 000 $ | Ventes +22 % | 65 |
| Copropriété (condo) | Donnée insuffisante | n/d | Volume trop faible |
| Plex (2 à 5 logements) | 291 625 $ (4 derniers trimestres) | n/d | 12 |
Au total, 80 propriétés résidentielles se sont vendues à Alma au deuxième trimestre de 2026, en hausse de 25 % sur un an, pour un volume de transactions de 27,012 millions de dollars (+38 %). Le délai moyen avant la vente d’une propriété unifamiliale s’établit à 53 jours. Le volume de ventes de copropriétés demeure trop faible pour produire une statistique de prix fiable ce trimestre, une limite que Centris signale explicitement plutôt que de publier un chiffre non représentatif ; le prix du segment plex, calculé sur une base cumulative de quatre trimestres plutôt que sur le seul deuxième trimestre en raison du faible nombre de transactions (12), doit être interprété avec la même prudence.
Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : une hausse de 27,77 % pour le résidentiel
La Ville d’Alma a déposé le 31 octobre 2024 son nouveau rôle d’évaluation foncière, en vigueur pour les exercices financiers 2025, 2026 et 2027. La valeur totale du parc immobilier de la ville atteint désormais 4,89 milliards de dollars, en hausse de 20,51 % par rapport au rôle précédent, tandis que la valeur totale des propriétés résidentielles — unifamiliales, copropriétés et immeubles à logements confondus — grimpe de 27,77 %. La valeur moyenne d’une résidence à Alma passe ainsi de 204 000 $ à 269 000 $.
Comme pour la plupart des rôles triennaux déposés récemment au Québec, une hausse spectaculaire de la valeur foncière ne se traduit pas mécaniquement par une facture de taxes équivalente : les municipalités disposent d’un levier direct, le taux de taxation, pour redistribuer le fardeau fiscal sans pour autant renoncer aux revenus nécessaires à leur budget.
Pour équilibrer son budget municipal 2025 de 88 137 674 $, adopté le 16 décembre 2024 lors d’une séance extraordinaire du conseil, la Ville a abaissé le taux de taxation résidentiel de 0,8634 $ à 0,6799 $ par 100 $ d’évaluation — une baisse de 21,25 % qui vient contrebalancer une bonne partie de la hausse du rôle. Le détail de l’impact réel sur le compte de taxes moyen des propriétaires est présenté à la section suivante.
Les chiffres clés de ce nouveau rôle triennal :
- Dépôt du rôle d’évaluation 2025-2026-2027 : 31 octobre 2024
- Valeur totale du parc immobilier : 4,89 milliards de dollars, +20,51 %
- Hausse de la valeur résidentielle : +27,77 %
- Valeur moyenne d’une résidence : de 204 000 $ à 269 000 $
- Taux de taxation résidentiel : de 0,8634 $ à 0,6799 $ par 100 $ d’évaluation
Le compte de taxes 2025 pour la résidence moyenne
Pour une résidence moyenne évaluée à 268 900 $ au nouveau rôle, le compte de taxes municipal 2025 augmente de 80,78 $ (+3,49 %) par rapport à 2024, incluant les ajustements de tarification de services — un écart considérable avec la hausse de 27,77 % du rôle d’évaluation, grâce à l’abaissement du taux de taxation détaillé ci-dessus. Ce mécanisme de lissage, déjà observé ailleurs dans ce cluster à Sorel-Tracy et à Saint-Eustache, illustre une pratique désormais courante chez les municipalités québécoises confrontées à des rôles d’évaluation en forte hausse.
La mairesse Sylvie Beaumont a présenté cette approche comme une façon de « limiter les impacts de la hausse [du rôle] sur le compte de taxes des citoyens » tout en maintenant la capacité d’investissement de la Ville, dont le programme triennal d’immobilisations 2025-2026-2027 accompagne le budget adopté en décembre 2024.
- Compte de taxes 2025 (résidence moyenne à 268 900 $) : +80,78 $, soit +3,49 % par rapport à 2024
- Budget municipal 2025 : 88 137 674 $, adopté le 16 décembre 2024
- Écart entre la hausse du rôle (+27,77 %) et la hausse réelle du compte de taxes (+3,49 %) : plus de 24 points de pourcentage
Ce compte de taxes s’ajoute, au moment de l’achat, à la taxe de bienvenue exigible auprès de tout nouvel acquéreur, un montant distinct qu’un acheteur doit budgéter séparément du compte de taxes annuel.
Le Centre des billettes d’Alma : 240 millions de dollars chez Rio Tinto
Annoncé le 13 juillet 2022, le projet du Centre des billettes de l’usine d’Alma représente un investissement de 240 millions de dollars canadiens pour agrandir le centre de coulée existant avec de nouveaux équipements — notamment un puits de coulée et des fours supplémentaires —, afin de convertir un volume accru d’aluminium primaire en billettes à faible empreinte carbone et à plus haute valeur ajoutée. Le projet doit ajouter environ 202 000 tonnes métriques de capacité annuelle et créer une quarantaine de nouveaux postes permanents, en plus des quelque 770 emplois déjà en place à l’usine.
Ce projet est distinct de l’aluminerie à faible émission de carbone AP60, elle aussi propriété de Rio Tinto mais implantée au Complexe Jonquière, dans le secteur Arvida de Saguenay — à ne pas confondre avec l’usine d’Alma, malgré des noms de technologie et un actionnaire communs.
L’échéancier initial visait une mise en service au premier trimestre de 2025, mais le chantier a depuis été retardé : au milieu de l’année 2026, les travaux étaient achevés à environ 80 %, avec une mise en service désormais prévue pour le premier trimestre de 2027. Au plus fort du chantier, une centaine de travailleurs y étaient mobilisés, dont environ 98 % issus de la main-d’œuvre régionale — un détail qui illustre l’ampleur de la retombée économique locale du projet, au-delà des seuls emplois permanents créés à terme.
Les chiffres clés du projet :
- Investissement : 240 millions de dollars canadiens
- Capacité additionnelle : environ 202 000 tonnes métriques de billettes par année
- Emplois : une quarantaine de nouveaux postes permanents, en plus des 770 emplois existants à l’usine d’Alma
- Annonce : 13 juillet 2022
- Mise en service révisée : premier trimestre de 2027 (visée initiale : premier trimestre de 2025)
Pour un marché de la taille d’Alma, un chantier de cette ampleur constitue un facteur structurant pour la demande de logements — autant locatifs que destinés à l’achat — dans les années à venir, dans la mesure où il consolide un bassin d’emplois industriels bien rémunérés plutôt que de dépendre d’un effet ponctuel lié à un chantier de transport, comme cela peut être observé ailleurs dans ce cluster.
Marché locatif : un taux d’inoccupation parmi les plus bas du Québec
Le marché locatif d’Alma demeure l’un des plus tendus de la province : selon le rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) sur le marché locatif de l’automne 2024, le taux d’inoccupation des logements locatifs d’initiative privée dans l’agglomération de recensement d’Alma s’établissait à seulement 0,5 %, en légère baisse par rapport à 0,6 % un an plus tôt — bien en deçà du seuil de 3 % généralement associé à un marché équilibré, et sous la moyenne de la région métropolitaine de Saguenay (1,6 % en 2024).
Un taux d’inoccupation de 0,5 % signifie, en pratique, que sur 1 000 logements locatifs à Alma, à peine cinq sont vacants à un moment donné — un niveau de tension qui laisse peu de marge de manœuvre aux ménages à la recherche d’un logement.
Face à cette pression, plusieurs projets résidentiels sont en cours ou récemment livrés :
- Les Habitations Coderr : projet de 18 millions de dollars pour 60 logements sociaux et abordables sur le boulevard des Cascades, dont 15 unités d’hébergement transitoire, premiers locataires attendus dès janvier 2026, avec une technologie de récupération de chaleur des eaux usées (RegenEau) parmi les premières implantations du genre au Québec
- Le nouveau quartier Solaris, à proximité d’un plan d’eau, à environ 15 minutes du centre-ville
- Le nouveau quartier Saint-Henri, développement résidentiel structurant à proximité des services
Ce resserrement locatif s’inscrit dans un historique de forte activité de construction résidentielle : en 2021, Alma avait enregistré 149 mises en chantier, une hausse de 64 % par rapport à 2020, l’un des taux les plus élevés du Québec parmi les municipalités de 10 000 habitants et plus selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) — un sommet historique qu’il convient toutefois de resituer dans son contexte plutôt que de considérer comme représentatif du rythme actuel de construction, comme on le verra dans la section sur les erreurs fréquentes.
Démographie : une population stable sur un socle industriel
Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, Alma comptait 30 331 habitants, en repli de 1,4 % par rapport aux années précédentes — une tendance à contre-courant de la croissance moyenne du Québec (+4,1 %) sur la même période, mais cohérente avec le profil de plusieurs villes industrielles régionales déjà documentées dans ce cluster, comme Shawinigan (+1 %) ou Sorel-Tracy (+1,2 %), quoique dans le sens inverse.
- Population (2021) : 30 331 habitants, en repli d’environ 1,4 % depuis le recensement précédent
- Densité de population : environ 156 habitants au kilomètre carré
- Taux de chômage (recensement 2021) : 5 %
- Population urbaine : 20 274 habitants, sur une superficie totale d’environ 195 kilomètres carrés
Ce repli démographique modeste ne traduit toutefois pas un désintérêt pour le marché immobilier local : la combinaison d’un parc de logements locatifs pratiquement plein et d’un chantier industriel majeur en cours chez Rio Tinto laisse plutôt présager une demande de logements soutenue à moyen terme, indépendamment de la croissance naturelle de la population.
Alma, pôle de services du Lac-Saint-Jean-Est
Alma joue un rôle de pôle de services pour l’ensemble de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, sans toutefois être le principal centre de référence spécialisé de la grande région du Saguenay–Lac-Saint-Jean — une nuance qui distingue son statut de celui de villes comme Rimouski ou Saguenay elle-même, déjà couvertes dans ce cluster.
L’Hôpital d’Alma (Hôtel-Dieu d’Alma), situé au 300, boulevard Champlain Sud, offre notamment une urgence ouverte 24 heures sur 24, des soins généraux et spécialisés, ainsi que des services d’orthopédie et de désintoxication, dans le cadre du réseau du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les cas nécessitant une intervention spécialisée plus poussée sont toutefois dirigés vers l’Hôpital de Chicoutimi, le centre de référence régional du réseau — un rappel utile que la présence d’un hôpital local ne fait pas nécessairement d’une ville le pôle hospitalier de toute une région.
Sur le plan de l’enseignement supérieur, le Collège d’Alma, fondé en 1968, demeure le seul établissement collégial de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, offrant des programmes préuniversitaires et techniques — un facteur qui contribue à retenir une partie de la population étudiante locale plutôt que de la voir migrer entièrement vers Saguenay ou Québec dès la fin du secondaire.
Transport et accès : aucune gare, mais un carrefour routier régional
Contrairement à Shawinigan, qui dispose de son propre arrêt sur la ligne ferroviaire Montréal–Jonquière de VIA Rail, Alma n’est desservie par aucune gare de train de passagers sur son propre territoire : l’arrêt le plus proche de cette même ligne, Hébertville-Station, se trouve dans la municipalité voisine d’Hébertville, à l’extérieur des limites municipales d’Alma.
La ville demeure néanmoins un carrefour routier régional important, à la jonction de la route 169 (qui fait le tour du lac Saint-Jean) et de la route 172 vers le Saguenay :
- Aucune gare de train de passagers sur le territoire d’Alma ; l’arrêt le plus proche (Hébertville-Station, ligne Montréal–Jonquière) se trouve dans la municipalité voisine
- Distance approximative de Saguenay (Chicoutimi) : environ 45 minutes par la route 170/172
- Distance approximative de Québec : environ 210 kilomètres
- Aucune desserte de métro ou de REM, comme c’est le cas pour la plupart des marchés régionaux déjà couverts dans ce cluster, à l’exception des banlieues montréalaises
Cette absence de lien ferroviaire propre, combinée à l’éloignement des grands centres, renforce le caractère de marché régional autonome d’Alma, où la dynamique immobilière dépend avant tout de l’économie locale plutôt que d’un projet de transport structurant.
Investir dans un plex à Alma
Avec un prix médian de 291 625 $ sur les quatre derniers trimestres pour un plex de 2 à 5 logements, Alma demeure l’un des marchés d’entrée les plus abordables de l’ensemble du cluster des marchés locaux, dans un contexte de taux d’inoccupation locatif de seulement 0,5 % particulièrement favorable à la stabilité des revenus locatifs. Le volume de transactions plus limité (12 ventes au trimestre) impose toutefois une prudence accrue dans l’analyse comparative des prix.
Avant de se lancer, un investisseur devrait notamment :
- Vérifier le seuil de rentabilité réel du plex visé, en tenant compte de la hausse à venir du rôle d’évaluation sur trois ans
- Calculer le rendement attendu à la lumière du taux d’inoccupation exceptionnellement bas de la région
- Comparer les avantages d’un duplex, triplex ou quadruplex selon son profil de gestion et sa tolérance au risque
- Prévoir sa mise de fonds en fonction des exigences propres à l’achat d’un immeuble à revenus
- Se familiariser avec la fiscalité des revenus locatifs applicable au Québec avant de finaliser son offre
La présence d’un employeur industriel de l’envergure de Rio Tinto, dont l’usine d’Alma emploie près de 770 personnes et doit en ajouter une quarantaine d’autres d’ici 2027, constitue un facteur de demande locative structurant et relativement stable dans le temps, comparativement à un marché dont la dynamique dépendrait d’un chantier de transport ponctuel.
Acheter à Alma : ce qu’il faut savoir avant de faire une offre
Le marché d’Alma affiche actuellement des signaux de forte demande : les ventes unifamiliales progressent de 22 % sur un an, le volume total de transactions bondit de 38 %, et le délai moyen de 53 jours avant la vente d’une propriété unifamiliale demeure relativement court pour un marché régional. Un acheteur doit s’attendre à un rythme de transaction plus rapide qu’il y a quelques années, dans un contexte où l’offre locative pratiquement inexistante pousse une partie des ménages vers l’achat.
Avant de faire une offre, un acheteur devrait notamment prévoir une inspection préachat rigoureuse, particulièrement pour le parc de logements plus âgé du centre-ville, retenir les services d’un notaire pour la vérification des titres, et budgéter la taxe de bienvenue exigible à la suite de la transaction. Un acheteur à la recherche d’une première propriété a également intérêt à consulter la checklist complète de l’acheteur au Québec avant de s’engager, notamment pour comprendre l’effet du nouveau rôle d’évaluation sur le compte de taxes futur d’une propriété donnée — un exercice différent de la simple contestation de l’évaluation municipale, pertinente seulement dans certains cas précis.
Alma face aux autres marchés régionaux déjà couverts
Alma se distingue nettement des autres marchés régionaux déjà documentés dans ce cluster :
- Saguenay : agglomération beaucoup plus vaste, qui inclut le secteur Arvida où se déroule le chantier AP60 de Rio Tinto, distinct du Centre des billettes d’Alma
- Rouyn-Noranda : ville mono-industrielle centrée sur la fonderie Horne (cuivre), avec des enjeux environnementaux distincts de ceux de l’aluminium almatois
- Shawinigan : actualité récente dominée par un projet unique (le centre de données Pro-B), et desservie par sa propre gare VIA Rail, contrairement à Alma
- Alma : économie diversifiée entre aluminium de transformation, agroalimentaire et tourisme riverain, sans desserte ferroviaire propre, avec le marché locatif le plus tendu de ce sous-groupe de villes régionales
Ce profil rapproche Alma des villes industrielles régionales du cluster tout en la distinguant par l’absence quasi totale de logements locatifs vacants — une rareté qui pèse directement sur la décision d’acheter plutôt que de louer pour de nombreux ménages almatois.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, très répandue, est de confondre la hausse du rôle d’évaluation foncière (27,77 % pour le résidentiel) avec la hausse réelle du compte de taxes (3,49 % pour la résidence moyenne) : ce sont deux chiffres distincts, et le second dépend directement de l’ajustement du taux de taxation décidé par la municipalité, qui peut varier d’une année à l’autre.
La deuxième erreur consiste à confondre le Centre des billettes de l’usine d’Alma avec l’aluminerie AP60 de Rio Tinto : il s’agit de deux projets distincts, portés par le même actionnaire mais situés dans deux villes différentes (Alma pour le premier, le secteur Arvida de Saguenay pour le second), une confusion fréquente en raison de la proximité géographique et du vocabulaire technique commun.
La troisième erreur est de supposer qu’Alma dispose de sa propre gare de train de passagers du seul fait qu’elle se trouve sur le tracé général de la ligne Montréal–Jonquière de VIA Rail : l’arrêt le plus proche, Hébertville-Station, se trouve en réalité dans une municipalité voisine, à l’extérieur du territoire almatois.
La quatrième erreur est de considérer l’Hôpital d’Alma comme un centre de référence régional complet pour tous les types de soins : les cas nécessitant une intervention spécialisée plus poussée sont dirigés vers l’Hôpital de Chicoutimi, une réalité à connaître pour qui choisit de s’établir à Alma pour des raisons de santé ou de proximité familiale.
La cinquième erreur est de s’appuyer sur les chiffres de mises en chantier de 2021 (149 unités, +64 %) pour évaluer le rythme actuel de construction résidentielle à Alma : il s’agit d’un sommet historique documenté par l’APCHQ pour cette année précise, et non d’une donnée représentative du marché de 2026, qu’il faut plutôt évaluer à partir des statistiques trimestrielles courantes de Centris présentées plus haut.
Questions fréquentes
Quel est le prix médian d’une maison à Alma en 2026 ?
Au deuxième trimestre de 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale à Alma s’établit à 318 000 $, dans un contexte où les ventes de ce segment progressent de 22 % sur un an, selon les statistiques immobilières de Centris.
Pourquoi le rôle d’évaluation foncière a-t-il augmenté de 27,77 % à Alma ?
Cette hausse, inscrite au rôle triennal 2025-2026-2027 déposé le 31 octobre 2024, reflète l’évolution du marché immobilier résidentiel local depuis le rôle précédent, dans la continuité de hausses similaires observées dans plusieurs municipalités québécoises au cours des dernières années.
Le compte de taxes va-t-il aussi augmenter de 27,77 % ?
Non. Grâce à un abaissement du taux de taxation résidentiel, de 0,8634 $ à 0,6799 $ par 100 $ d’évaluation, le compte de taxes 2025 d’une résidence moyenne n’augmente que de 3,49 %, soit environ 80,78 $ de plus par année pour une propriété évaluée à 268 900 $.
Qu’est-ce que le Centre des billettes d’Alma ?
Il s’agit d’un investissement de 240 millions de dollars annoncé par Rio Tinto en juillet 2022 pour agrandir le centre de coulée de l’usine d’Alma, ajoutant environ 202 000 tonnes métriques de capacité de production de billettes d’aluminium et une quarantaine de nouveaux emplois permanents, avec une mise en service désormais prévue au premier trimestre de 2027. Ce projet est distinct de l’aluminerie AP60 de Rio Tinto, située à Saguenay.
Le marché locatif est-il tendu à Alma ?
Oui, de façon marquée : le taux d’inoccupation des logements locatifs s’établissait à 0,5 % à l’automne 2024 selon la SCHL, l’un des plus bas du Québec, bien en deçà du seuil de 3 % associé à un marché équilibré.
Alma est-elle desservie par le train ou le REM ?
Non. Alma ne dispose d’aucune gare de train de passagers sur son propre territoire ; l’arrêt le plus proche de la ligne VIA Rail Montréal–Jonquière, Hébertville-Station, se trouve dans une municipalité voisine. Aucun projet de REM ne dessert la région du Lac-Saint-Jean.
Alma est-elle un bon marché pour un investisseur locatif ?
Le prix d’entrée du segment plex (291 625 $ sur quatre trimestres) demeure parmi les plus abordables du cluster, dans un contexte de taux d’inoccupation locatif exceptionnellement bas et de présence industrielle stable. Le volume de transactions plus limité impose toutefois une analyse comparative prudente, idéalement avec l’accompagnement d’un professionnel spécialisé dans l’immobilier à revenus.
Sources officielles
- Ville d’Alma — Dépôt du nouveau rôle d’évaluation triennal 2025-2026-2027
- Ville d’Alma — Budget 2025 et programme triennal d’immobilisations 2025-2026-2027
- Rio Tinto — Rio Tinto augmente sa production de billettes à faible empreinte carbone au Canada
- Centris.ca — Statistiques immobilières, Alma (Saguenay–Lac-Saint-Jean)
- Centris.ca — Profil de la population, Alma, données du recensement 2021 de Statistique Canada
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) — Rapports sur le marché locatif
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