Acheter une deuxième propriété au Québec — un chalet au bord d’un lac, un pied-à-terre en ville, une résidence secondaire pour la famille — obéit à des règles de financement différentes de celles d’une première maison, et ces différences peuvent surprendre ceux qui pensent que l’expérience de leur premier achat suffira. La mise de fonds exigée est souvent plus élevée, les conditions varient selon l’usage prévu de la propriété (résidence secondaire pour soi ou immeuble destiné à la location), et la façon de financer l’acquisition ouvre des options que le premier achat n’offrait pas, notamment l’utilisation de la valeur nette accumulée sur la première propriété. La distinction la plus importante est celle entre une véritable résidence secondaire — une propriété que vous occupez vous-même une partie de l’année, comme un chalet familial — et une propriété destinée principalement à générer des revenus locatifs, car les prêteurs et le fisc ne les traitent pas de la même façon. Une résidence secondaire pour usage personnel bénéficie généralement de conditions plus proches de celles d’une résidence principale, tandis qu’une propriété locative est évaluée selon une logique d’investissement plus exigeante. À cela s’ajoutent des considérations fiscales importantes, puisqu’une deuxième propriété ne bénéficie pas du même traitement qu’une résidence principale lors de sa revente. Ce guide explique les règles de financement d’une deuxième propriété au Québec, la mise de fonds requise selon l’usage, les options pour financer l’acquisition (dont l’utilisation de la valeur nette de la première propriété), les distinctions entre résidence secondaire et propriété locative, les implications fiscales, et les précautions à prendre — afin que l’achat de votre chalet ou pied-à-terre repose sur une stratégie financière solide plutôt que sur des suppositions.
Le rêve d’un chalet ou d’un pied-à-terre est répandu, mais son financement réserve des particularités que le premier achat n’a pas révélées. Mise de fonds, usage, fiscalité, utilisation de la valeur nette : autant d’éléments à maîtriser. Cet article décode le financement d’une deuxième propriété pour transformer ce projet en réalité bien planifiée.
Sommaire
- Pourquoi c’est différent d’un premier achat
- La distinction selon l’usage
- La mise de fonds requise
- Utiliser la valeur nette de sa première propriété
- Les options de financement
- L’impact sur la capacité d’emprunt
- Le cas particulier du chalet
- Les implications fiscales
- Les coûts récurrents à prévoir
- Bien planifier son financement
- Erreurs fréquentes
- FAQ
- Sources officielles
Pourquoi c’est différent d’un premier achat
Beaucoup d’acheteurs d’une deuxième propriété abordent le financement avec l’assurance que leur premier achat leur a donnée, pour découvrir que les règles ont changé. Comprendre pourquoi le financement d’une deuxième propriété diffère est la première étape pour bien planifier.
La raison fondamentale tient au risque perçu par le prêteur. Une résidence principale est celle que l’emprunteur habite et qu’il s’efforcera de conserver en priorité en cas de difficulté financière. Une deuxième propriété, elle, est perçue comme plus susceptible d’être abandonnée si les choses tournent mal, ce qui représente un risque supérieur aux yeux du prêteur.
Cette perception de risque accru se traduit concrètement de plusieurs façons :
- Une mise de fonds souvent plus élevée — Les exigences peuvent être supérieures à celles d’une première propriété, surtout selon l’usage.
- Des conditions ajustées — Les prêteurs peuvent appliquer des critères plus stricts selon le type et l’usage de la propriété.
- Une évaluation de la capacité globale — Le prêteur tient compte de votre hypothèque existante dans l’évaluation de votre capacité à assumer une seconde.
Ces différences ne rendent pas l’achat d’une deuxième propriété inaccessible, mais elles exigent une préparation adaptée. Le financement repose sur les mêmes principes de base que celui décrit dans notre guide complet de l’hypothèque, mais avec des paramètres ajustés à la nature du projet.
La distinction selon l’usage
L’élément le plus déterminant dans le financement d’une deuxième propriété est l’usage que vous comptez en faire. Cette distinction commande les conditions, la mise de fonds et le traitement fiscal, et il est essentiel de bien la comprendre dès le départ.
D’un côté, il y a la résidence secondaire pour usage personnel : une propriété que vous occupez vous-même une partie de l’année, comme un chalet familial où vous passez vos étés, ou un pied-à-terre en ville pour vos déplacements. Vous n’en tirez pas de revenus locatifs significatifs ; elle sert votre usage personnel.
De l’autre, il y a la propriété destinée à la location : un bien que vous achetez principalement pour générer des revenus en le louant. Aux yeux des prêteurs et du fisc, c’est un investissement, traité selon une logique différente, plus proche de celle d’un immeuble locatif.
| Critère | Résidence secondaire (usage personnel) | Propriété locative |
|---|---|---|
| Logique de traitement | Proche d’une résidence principale | Investissement |
| Mise de fonds | Parfois plus accessible | Généralement plus élevée |
| Revenus locatifs | Aucun ou marginaux | Au cœur du projet |
| Fiscalité des revenus | Peu ou pas de revenus à déclarer | Revenus imposables, dépenses déductibles |
Une résidence secondaire que vous occupez bénéficie généralement de conditions plus favorables qu’une propriété purement locative, traitée comme un investissement aux exigences plus strictes.
Cette distinction n’est pas toujours binaire : certaines propriétés ont un usage mixte (un chalet que vous occupez l’été et louez l’hiver, par exemple), ce qui complexifie le traitement. Dans tous les cas, il est important d’être transparent avec le prêteur sur l’usage réel prévu, car déclarer un usage personnel pour bénéficier de meilleures conditions tout en louant le bien peut poser problème. Pour une propriété purement locative, notre guide de l’investissement locatif approfondit la logique d’investissement.
La mise de fonds requise
La mise de fonds est l’un des aspects où le financement d’une deuxième propriété diffère le plus nettement d’un premier achat. Comprendre les exigences selon l’usage permet d’évaluer la faisabilité du projet et de planifier en conséquence.
Pour une résidence secondaire à usage personnel, la mise de fonds peut, dans certaines conditions, être plus accessible que pour une propriété locative, se rapprochant parfois des règles d’une résidence principale. Pour une propriété destinée à la location, en revanche, la mise de fonds exigée est généralement plus élevée, reflétant le risque d’investissement.
Plusieurs facteurs influencent la mise de fonds requise :
- L’usage prévu — Résidence secondaire personnelle ou propriété locative : c’est le facteur le plus déterminant.
- Le type de propriété — Certaines propriétés (chalets isolés, propriétés saisonnières) peuvent exiger des conditions particulières.
- L’admissibilité à l’assurance prêt — Selon l’usage et le type, l’assurance prêt hypothécaire peut ou non s’appliquer, ce qui influence la mise de fonds minimale.
- Votre situation financière globale — Vos revenus, votre endettement et votre première hypothèque entrent en jeu.
Il est important de vérifier les exigences précises auprès d’un prêteur ou d’un courtier, car elles varient selon ces facteurs et peuvent évoluer. La planification de la mise de fonds rejoint les principes généraux abordés dans notre article sur la mise de fonds au Canada, adaptés au contexte d’une deuxième propriété.
Utiliser la valeur nette de sa première propriété
Voici l’une des stratégies les plus puissantes pour financer une deuxième propriété, et l’un des avantages que le premier achat n’offrait pas : utiliser la valeur nette accumulée sur sa résidence principale. Cette approche change souvent la donne pour les propriétaires établis.
Au fil des années, en remboursant son hypothèque et à mesure que la valeur de la propriété augmente, un propriétaire accumule de la valeur nette — la différence entre la valeur de la propriété et le solde de l’hypothèque. Cette valeur nette peut être mobilisée pour financer l’achat d’une deuxième propriété, notamment comme source de mise de fonds.
Plusieurs mécanismes permettent d’accéder à cette valeur nette :
- Le refinancement — Refinancer sa première hypothèque permet de dégager des liquidités à partir de la valeur nette accumulée.
- La marge de crédit hypothécaire — Une marge de crédit hypothécaire (HELOC) permet d’emprunter contre la valeur nette de manière flexible.
- L’hypothèque réavançable — Certaines structures permettent de réemprunter le capital remboursé.
La valeur nette accumulée sur votre résidence principale peut servir à financer la mise de fonds d’une deuxième propriété — un levier puissant, mais qui augmente votre endettement global et le risque.
Cette stratégie est efficace, mais elle comporte un revers à bien peser : utiliser la valeur nette de sa première propriété pour financer la seconde augmente l’endettement total et lie les deux propriétés. En cas de difficulté, c’est la résidence principale qui peut être mise en jeu. Cette approche doit donc s’inscrire dans une évaluation prudente de sa capacité financière globale, et idéalement être discutée avec un conseiller.
Pour aller plus loin sur le financement
Les options de financement
Au-delà de l’utilisation de la valeur nette, plusieurs options s’offrent à l’acheteur d’une deuxième propriété. Connaître l’éventail des possibilités permet de choisir la structure la mieux adaptée à sa situation et à son projet.
L’option la plus directe est une nouvelle hypothèque distincte sur la deuxième propriété, avec sa propre mise de fonds. Vous financez la seconde propriété indépendamment de la première, comme un nouveau prêt. Cette approche garde les deux propriétés financièrement séparées, ce qui peut être plus prudent.
Les principales options se déclinent ainsi :
- Une nouvelle hypothèque indépendante — Sur la deuxième propriété, avec sa propre mise de fonds réunie séparément.
- Le financement par la valeur nette — En mobilisant la valeur nette de la première propriété pour la mise de fonds, comme vu plus haut.
- Une combinaison des deux — Utiliser la valeur nette pour la mise de fonds et une nouvelle hypothèque pour le reste.
Le choix entre ces options dépend de votre situation financière, de votre tolérance au risque et de vos objectifs. Une nouvelle hypothèque indépendante limite l’interdépendance des deux propriétés, tandis que le recours à la valeur nette maximise l’effet de levier mais augmente le risque. Un courtier hypothécaire peut aider à comparer les options et à trouver la structure et les conditions les plus avantageuses pour votre projet.
L’impact sur la capacité d’emprunt
Un aspect crucial du financement d’une deuxième propriété est son impact sur votre capacité d’emprunt globale. Car le prêteur ne considère pas la deuxième hypothèque isolément : il évalue votre situation d’ensemble, première hypothèque incluse.
Lorsque vous demandez le financement d’une deuxième propriété, le prêteur tient compte de votre première hypothèque comme une obligation existante. Cette dette réduit votre capacité à assumer une seconde, puisque vos ratios d’endettement intègrent désormais deux hypothèques (ou une hypothèque plus le coût de la seconde propriété).
Plusieurs éléments entrent dans cette évaluation globale :
- Vos revenus — Doivent être suffisants pour soutenir l’ensemble de vos obligations, y compris les deux propriétés.
- Votre endettement total — La première hypothèque et vos autres dettes pèsent dans le calcul.
- Les revenus locatifs éventuels — Si la deuxième propriété génère des revenus locatifs, ils peuvent parfois être pris en compte, selon les règles du prêteur.
- Le test de résistance — Le test de résistance hypothécaire s’applique, vérifiant votre capacité à absorber une hausse de taux sur l’ensemble.
Le prêteur évalue votre capacité globale : votre première hypothèque réduit votre marge pour en assumer une seconde. Une bonne situation financière d’ensemble est essentielle.
Cette réalité souligne l’importance d’avoir une situation financière solide avant de viser une deuxième propriété. Une bonne cote de crédit, un endettement maîtrisé et des revenus suffisants sont les fondements qui rendent le projet réalisable. Évaluer sa capacité d’emprunt globale, en tenant compte de la première propriété, est une étape préalable indispensable.
Le cas particulier du chalet
Le chalet étant l’une des deuxièmes propriétés les plus convoitées au Québec, il mérite une attention particulière. Son financement comporte des spécificités liées à sa nature, son emplacement et son usage souvent saisonnier qu’il faut anticiper.
Tous les chalets ne se financent pas de la même façon. Un chalet quatre saisons, accessible à l’année, raccordé aux services, situé dans une région prisée, se finance plus facilement qu’un chalet isolé, saisonnier, ou aux particularités qui inquiètent les prêteurs. La nature précise de la propriété influence directement les conditions.
Plusieurs caractéristiques du chalet peuvent affecter son financement :
- L’accessibilité à l’année — Un chalet accessible toute l’année est généralement plus facile à financer qu’un chalet uniquement saisonnier.
- Les services et raccordements — La présence d’eau, d’électricité et de services influence l’évaluation.
- L’emplacement et la revente — Une propriété facile à revendre rassure le prêteur ; un emplacement isolé peut compliquer le financement.
- L’usage prévu — Usage personnel ou location saisonnière (comme la location court terme) change le traitement.
Avant de s’engager dans l’achat d’un chalet, il est donc sage de vérifier sa « finançabilité » auprès d’un prêteur, car certaines propriétés de rêve peuvent s’avérer difficiles à financer. Notre guide de l’achat d’un chalet au Québec approfondit les nombreux aspects de ce projet particulier, du financement aux considérations pratiques.
Les implications fiscales
Un aspect souvent sous-estimé de la deuxième propriété concerne sa fiscalité, particulièrement à la revente. Car contrairement à une résidence principale, une deuxième propriété ne bénéficie pas du même traitement fiscal avantageux, ce qui peut avoir un impact financier important.
La distinction clé est celle de l’exemption pour résidence principale. Au Canada, la plus-value sur une résidence principale bénéficie généralement d’une exemption qui la rend non imposable lors de la revente. Une deuxième propriété, elle, ne bénéficie pas de cette exemption de la même façon : le gain réalisé à sa revente peut être imposable.
Plusieurs considérations fiscales s’appliquent à une deuxième propriété :
- L’imposition du gain en capital — Le gain réalisé à la revente d’une deuxième propriété peut être imposable, contrairement à celui d’une résidence principale.
- Le traitement des revenus locatifs — Si la propriété est louée, les revenus sont imposables, avec des dépenses déductibles selon les règles.
- Le choix de la résidence principale désignée — Une famille ne peut désigner qu’une résidence principale à la fois aux fins fiscales, ce qui ouvre des arbitrages.
- Les particularités d’une résidence secondaire — Notre article sur la fiscalité d’une résidence secondaire détaille ces aspects.
Contrairement à une résidence principale, le gain réalisé à la revente d’une deuxième propriété peut être imposable. Cette dimension fiscale doit être intégrée dans le calcul de rentabilité du projet.
Ces implications fiscales, parfois complexes, méritent d’être évaluées avec un comptable ou un fiscaliste, surtout pour les situations impliquant plusieurs propriétés ou de la location. Anticiper la fiscalité fait partie d’une planification financière complète, au même titre que le calcul du coût réel de la propriété.
Les coûts récurrents à prévoir
Le financement de l’acquisition n’est qu’une partie de l’équation : posséder une deuxième propriété entraîne des coûts récurrents qu’il faut anticiper pour éviter que le rêve ne devienne un fardeau. Ces dépenses, qui s’ajoutent à celles de la résidence principale, sont parfois sous-estimées.
Une deuxième propriété double, en quelque sorte, plusieurs catégories de dépenses récurrentes. À l’hypothèque s’ajoutent les taxes, les assurances, l’entretien et, selon la propriété, des frais spécifiques. Pour un chalet, par exemple, l’entretien saisonnier, le déneigement ou l’accès peuvent représenter des coûts non négligeables.
Les principaux coûts récurrents à intégrer dans son budget incluent :
- Les paiements hypothécaires — De la deuxième propriété, qui s’ajoutent à ceux de la résidence principale.
- Les taxes municipales et scolaires — Sur la deuxième propriété, parfois élevées selon l’emplacement.
- Les assurances — Une résidence secondaire, surtout un chalet, peut coûter plus cher à assurer selon les risques.
- L’entretien et les imprévus — Une propriété supplémentaire signifie plus d’entretien, de réparations et d’imprévus à absorber.
- Les frais spécifiques — Déneigement, accès, services saisonniers selon la nature et l’emplacement.
Posséder une deuxième propriété double plusieurs catégories de dépenses : hypothèque, taxes, assurances, entretien. Intégrer ces coûts récurrents dans son budget évite que le rêve ne devienne un fardeau financier.
Évaluer honnêtement ces coûts récurrents, en plus du financement de l’acquisition, est essentiel pour s’assurer que le projet est viable à long terme. Une deuxième propriété qu’on peine à entretenir financièrement devient une source de stress plutôt que de plaisir. Ces dépenses s’intègrent dans le calcul global du coût réel d’une propriété, appliqué cette fois à un second bien.
Bien planifier son financement
Au terme de ce parcours, comment planifier concrètement le financement d’une deuxième propriété pour que le projet soit solide et durable ? Quelques principes directeurs permettent d’aborder ce projet avec méthode plutôt qu’avec des suppositions.
Le premier principe est d’évaluer sa capacité financière globale avant de s’engager. Assumer une deuxième propriété signifie supporter deux ensembles de coûts (hypothèques, taxes, entretien, assurances). S’assurer que ses revenus et sa situation peuvent soutenir cette charge, même en cas de coup dur, est fondamental.
Plusieurs bonnes pratiques facilitent la réussite du projet :
- Clarifier l’usage prévu — Résidence personnelle ou location, car cela détermine les conditions, et être transparent avec le prêteur.
- Vérifier la finançabilité de la propriété — Surtout pour un chalet ou une propriété atypique, avant de s’engager.
- Évaluer les options de financement — Nouvelle hypothèque, valeur nette, ou combinaison, selon sa situation et sa tolérance au risque.
- Anticiper la fiscalité — Intégrer l’imposition possible du gain et des revenus locatifs dans le calcul.
- Obtenir une préapprobation — Pour connaître sa capacité réelle, comme le détaille notre article sur la préapprobation.
- Consulter des professionnels — Courtier, comptable, fiscaliste selon la complexité du projet.
La règle d’or à retenir sur le financement d’une deuxième propriété au Québec : les règles diffèrent d’un premier achat. La mise de fonds est souvent plus élevée, et l’usage prévu (résidence secondaire personnelle ou propriété locative) détermine les conditions et la fiscalité. Pour financer, vous pouvez mobiliser la valeur nette de votre première propriété (refinancement, marge de crédit hypothécaire) — un levier puissant mais qui augmente votre endettement global et lie les deux propriétés — ou contracter une nouvelle hypothèque indépendante. Le prêteur évalue votre capacité globale, première hypothèque incluse, d’où l’importance d’une situation financière solide. Pour un chalet, vérifiez sa finançabilité (accessibilité à l’année, services, emplacement) avant de vous engager. Enfin, n’oubliez pas la fiscalité : contrairement à une résidence principale, le gain à la revente d’une deuxième propriété peut être imposable. Planifiez avec méthode et entourez-vous de professionnels.
Erreurs fréquentes
L’erreur la plus répandue consiste à présumer que les règles sont les mêmes que pour un premier achat. La mise de fonds plus élevée, les conditions ajustées selon l’usage et l’évaluation de la capacité globale surprennent ceux qui s’attendent à reproduire leur première expérience. Se renseigner sur les règles spécifiques d’une deuxième propriété évite les mauvaises surprises.
Une autre erreur importante est de mal déclarer l’usage de la propriété. Déclarer un usage personnel pour bénéficier de meilleures conditions tout en louant le bien peut poser problème. La transparence avec le prêteur sur l’usage réel prévu est essentielle, tant sur le plan contractuel que pour éviter des complications.
Beaucoup commettent l’erreur de surestimer leur capacité à assumer deux propriétés. Supporter deux ensembles de coûts (hypothèques, taxes, entretien, assurances) est exigeant. Ne pas évaluer rigoureusement sa capacité financière globale, en incluant la première hypothèque et un scénario de coup dur, peut mener au surendettement.
Sur le plan stratégique, utiliser la valeur nette sans mesurer le risque est une erreur fréquente. Mobiliser la valeur nette de sa résidence principale pour financer la seconde augmente l’endettement total et lie les deux propriétés ; en cas de difficulté, la résidence principale peut être en jeu. Ce levier doit être utilisé avec prudence et discernement.
Enfin, une erreur courante est de négliger les implications fiscales. Oublier que le gain à la revente d’une deuxième propriété peut être imposable, contrairement à une résidence principale, ou ignorer l’imposition des revenus locatifs, peut fausser le calcul de rentabilité du projet. Anticiper la fiscalité avec un professionnel est prudent.
FAQ
Quelle mise de fonds faut-il pour une deuxième propriété au Québec ?
Elle est souvent plus élevée que pour une première propriété, et dépend surtout de l’usage prévu. Une résidence secondaire à usage personnel peut, dans certaines conditions, bénéficier d’exigences plus accessibles, parfois proches de celles d’une résidence principale. Une propriété destinée à la location exige généralement une mise de fonds plus élevée, reflétant le risque d’investissement. Le type de propriété et l’admissibilité à l’assurance prêt influencent aussi la mise de fonds minimale. Vérifiez les exigences précises auprès d’un prêteur ou d’un courtier.
Quelle différence entre une résidence secondaire et une propriété locative pour le financement ?
C’est la distinction la plus déterminante. Une résidence secondaire que vous occupez vous-même (chalet familial, pied-à-terre) bénéficie généralement de conditions plus favorables, plus proches de celles d’une résidence principale. Une propriété destinée principalement à la location est traitée comme un investissement, avec des exigences plus strictes (mise de fonds plus élevée notamment). Il est important d’être transparent avec le prêteur sur l’usage réel, car déclarer un usage personnel tout en louant peut poser problème.
Puis-je utiliser la valeur nette de ma maison pour acheter une deuxième propriété ?
Oui, c’est une stratégie courante et puissante. La valeur nette accumulée sur votre résidence principale (différence entre sa valeur et le solde de l’hypothèque) peut servir à financer la mise de fonds de la deuxième propriété, via un refinancement, une marge de crédit hypothécaire (HELOC) ou une hypothèque réavançable. Le revers : cela augmente votre endettement total et lie les deux propriétés ; en cas de difficulté, votre résidence principale peut être mise en jeu. Cette stratégie demande une évaluation prudente.
Le financement d’un chalet est-il différent ?
Oui, le chalet comporte des spécificités. Sa finançabilité dépend de sa nature : un chalet quatre saisons, accessible à l’année, raccordé aux services et bien situé se finance plus facilement qu’un chalet isolé, saisonnier ou atypique. L’accessibilité à l’année, les services, l’emplacement, la facilité de revente et l’usage prévu (personnel ou location) influencent les conditions. Avant de s’engager, il est sage de vérifier la finançabilité du chalet auprès d’un prêteur, car certaines propriétés de rêve peuvent être difficiles à financer.
Ma première hypothèque affecte-t-elle ma capacité à en obtenir une seconde ?
Oui, le prêteur évalue votre capacité globale. Votre première hypothèque est considérée comme une obligation existante qui réduit votre marge pour en assumer une seconde, puisque vos ratios d’endettement intègrent désormais les deux. Le prêteur examine vos revenus, votre endettement total, les revenus locatifs éventuels de la deuxième propriété (selon ses règles), et applique le test de résistance sur l’ensemble. Une situation financière solide (bonne cote, endettement maîtrisé, revenus suffisants) est essentielle.
Quelles sont les implications fiscales d’une deuxième propriété ?
La principale est que, contrairement à une résidence principale (dont la plus-value bénéficie généralement d’une exemption), le gain réalisé à la revente d’une deuxième propriété peut être imposable. De plus, si la propriété est louée, les revenus locatifs sont imposables (avec des dépenses déductibles selon les règles). Une famille ne peut désigner qu’une résidence principale à la fois aux fins fiscales, ce qui ouvre des arbitrages. Ces aspects, parfois complexes, méritent d’être évalués avec un comptable ou un fiscaliste.
Est-il plus avantageux de prendre une nouvelle hypothèque ou d’utiliser ma valeur nette ?
Cela dépend de votre situation et de votre tolérance au risque. Une nouvelle hypothèque indépendante sur la deuxième propriété garde les deux propriétés financièrement séparées, ce qui est plus prudent. Utiliser la valeur nette de la première (refinancement, HELOC) maximise l’effet de levier et peut faciliter la mise de fonds, mais augmente l’endettement global et lie les propriétés. Une combinaison des deux est aussi possible. Un courtier hypothécaire peut vous aider à comparer les options et conditions selon votre projet.
Dois-je obtenir une préapprobation pour une deuxième propriété ?
C’est fortement recommandé. La préapprobation vous permet de connaître votre capacité réelle d’emprunt en tenant compte de votre première hypothèque et de votre situation globale, ce qui est particulièrement important pour une deuxième propriété où la capacité est plus contrainte. Elle vous donne aussi un budget fiable pour magasiner et renforce vos offres. Pour un chalet ou une propriété atypique, elle permet en outre de valider en amont la finançabilité, évitant de s’engager sur une propriété difficile à financer.
Sources officielles
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)
- Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC)
- Agence du revenu du Canada (ARC)
- Revenu Québec
- Autorité des marchés financiers (AMF)
- Banque du Canada
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou hypothécaire personnalisé. Les règles de financement d’une deuxième propriété (mise de fonds, conditions, admissibilité à l’assurance prêt), leur variation selon l’usage, ainsi que les implications fiscales, varient selon les prêteurs, la situation de chacun et le cadre réglementaire, et peuvent évoluer. Le traitement fiscal d’une deuxième propriété, notamment l’imposition du gain à la revente et des revenus locatifs, dépend de chaque situation. Avant de vous engager, la consultation d’un courtier hypothécaire, d’un conseiller financier et d’un comptable ou fiscaliste est recommandée. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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