La transférabilité de l’hypothèque au Québec : déménager sans pénalité

Déménager avant la fin de son terme hypothécaire peut coûter cher en pénalité de remboursement anticipé — à moins de profiter d’une caractéristique souvent méconnue : la transférabilité, ou portabilité, de l’hypothèque, qui permet de transporter son prêt existant vers une nouvelle propriété en conservant son taux et en évitant la pénalité. Cette option est précieuse dans un contexte où les gens changent de propriété plus souvent qu’auparavant, et où conserver un taux avantageux obtenu il y a quelques années peut représenter une économie substantielle face à des taux actuels plus élevés. Le principe est simple : plutôt que de rembourser votre hypothèque (et payer une pénalité) lorsque vous vendez pour acheter ailleurs, vous « transférez » votre prêt existant — son solde, son taux, ses conditions — vers la nouvelle propriété. Mais cette possibilité, qui semble idéale, comporte des conditions, des limites et des subtilités que beaucoup d’emprunteurs découvrent seulement au moment de déménager. Tous les prêts ne sont pas transférables, le transfert doit respecter certaines règles de délai et d’admissibilité, et la situation se complique lorsque la nouvelle propriété coûte plus cher (nécessitant un financement additionnel) ou moins cher que l’ancienne. Comprendre la transférabilité avant d’en avoir besoin permet de faire des choix éclairés, tant au moment de contracter son hypothèque qu’au moment de déménager. Ce guide, qui clôt notre série sur les aspects avancés de l’hypothèque, explique ce qu’est la transférabilité, comment elle fonctionne, ses conditions et limites, les situations où la nouvelle propriété coûte plus ou moins cher, son intérêt face aux pénalités, et comment en tirer parti — afin que votre déménagement préserve votre taux avantageux plutôt que de vous coûter une pénalité évitable.

Changer de propriété en cours de terme hypothécaire soulève une question coûteuse : que faire de son hypothèque actuelle ? La transférabilité offre une réponse élégante, mais sous conditions. Dernier volet de notre série sur l’hypothèque avancée, cet article décode cette option méconnue qui peut faire économiser des milliers de dollars.

Sommaire

Ce qu’est la transférabilité

Commençons par définir clairement cette caractéristique, car son nom même prête parfois à confusion. La transférabilité — aussi appelée portabilité — est une caractéristique de certaines hypothèques qui permet de transporter un prêt existant d’une propriété à une autre lorsqu’on déménage.

Concrètement, lorsque vous vendez votre propriété pour en acheter une autre avant la fin de votre terme hypothécaire, une hypothèque transférable vous permet de conserver votre prêt actuel — avec son solde, son taux d’intérêt et ses conditions — et de l’appliquer à la nouvelle propriété, plutôt que de le rembourser (ce qui déclencherait une pénalité) et d’en contracter un nouveau.

Cette caractéristique se distingue d’autres options qu’on confond parfois avec elle :

  • La transférabilité (portabilité) — Transporter son prêt existant vers une nouvelle propriété, en conservant ses conditions.
  • Le refinancementRefinancer consiste à modifier son hypothèque actuelle, pas à la transporter ailleurs.
  • Le renouvellement — Le renouvellement survient à la fin du terme, pour reconduire le prêt.

La transférabilité permet de transporter votre hypothèque existante — taux, solde, conditions — vers une nouvelle propriété, plutôt que de la rembourser en payant une pénalité.

Cette possibilité fait partie des caractéristiques à considérer lorsqu’on choisit son hypothèque, au même titre que le type de prêt ou le terme. Toutes les hypothèques ne sont pas transférables, et cette caractéristique mérite d’être vérifiée dès la souscription, comme le rappelle notre guide complet de l’hypothèque.

Pourquoi c’est avantageux

Pour saisir l’intérêt de la transférabilité, il faut comprendre le contexte dans lequel elle prend toute sa valeur. Son avantage est particulièrement marqué dans deux situations : lorsqu’on déménage en cours de terme, et lorsqu’on détient un taux avantageux qu’on souhaite conserver.

Le premier avantage est d’éviter la pénalité de remboursement anticipé. Lorsqu’on rembourse une hypothèque à taux fixe avant la fin du terme, une pénalité s’applique, parfois considérable. La transférabilité, en transportant le prêt plutôt qu’en le remboursant, permet d’éviter cette pénalité, ce qui peut représenter une économie importante.

Le second avantage, tout aussi précieux, concerne le taux :

  • Conserver un taux avantageux — Si vous avez obtenu votre taux il y a quelques années et que les taux actuels sont plus élevés, transférer votre prêt vous permet de garder votre ancien taux, plus bas.
  • Éviter de réemprunter à un taux moins favorable — Sans transfert, vous devriez contracter une nouvelle hypothèque au taux du marché actuel, potentiellement moins avantageux.
  • Préserver des conditions favorables — Au-delà du taux, certaines conditions de votre prêt actuel peuvent être intéressantes à conserver.

La transférabilité brille quand vous détenez un taux avantageux et que les taux actuels sont plus élevés : la transporter vous permet de garder votre ancien taux plutôt que de réemprunter plus cher.

Ces avantages expliquent pourquoi la transférabilité est particulièrement valorisée en période de hausse des taux. Quelqu’un qui a verrouillé un bon taux fixe il y a quelques années a tout intérêt à le conserver si les taux ont monté depuis. À l’inverse, en période de baisse des taux, l’avantage est moindre, puisque réemprunter pourrait se faire à un taux plus bas.

Comment fonctionne le transfert

Le mécanisme du transfert mérite d’être expliqué, car il est moins automatique qu’on pourrait le croire. Transférer son hypothèque suppose une coordination entre la vente de l’ancienne propriété, l’achat de la nouvelle et l’accord du prêteur.

Dans le scénario classique, vous vendez votre propriété actuelle et en achetez une autre, idéalement de façon coordonnée dans le temps. Votre prêteur transfère alors votre hypothèque existante vers la nouvelle propriété, qui devient la garantie du prêt à la place de l’ancienne. Votre taux, votre solde et vos conditions sont préservés.

Plusieurs éléments interviennent dans ce processus :

  • L’approbation du prêteur — Le transfert n’est pas automatique : le prêteur doit l’approuver et évaluer la nouvelle propriété.
  • L’évaluation de la nouvelle propriété — Elle doit être acceptable comme garantie pour le prêteur.
  • La coordination des dates — Idéalement, la vente et l’achat se font de façon rapprochée ; un délai trop long entre les deux peut poser problème.
  • La requalification — Le prêteur peut réévaluer votre situation financière, comme pour une nouvelle demande.

Cette mécanique implique que le transfert demande de la planification et la collaboration du prêteur. Il ne suffit pas de vouloir transférer ; il faut respecter les conditions et coordonner les transactions. Le notaire joue un rôle dans la concrétisation juridique de ce transfert, et un courtier peut aider à orchestrer l’opération.

L’intérêt face à la pénalité

L’un des principaux arguments en faveur de la transférabilité est l’évitement de la pénalité de remboursement anticipé. Pour bien mesurer cet avantage, il faut comprendre ce qu’est cette pénalité et combien elle peut coûter.

Lorsqu’on rembourse une hypothèque à taux fixe avant la fin du terme — ce qui arrive si on vend sans transférer — le prêteur impose une pénalité. Pour un taux fixe, cette pénalité correspond souvent au plus élevé de deux calculs : l’équivalent de quelques mois d’intérêts, ou un calcul plus complexe appelé différentiel de taux d’intérêt (IRD), qui peut être substantiel.

La transférabilité permet d’éviter cette pénalité dans la mesure où l’on transporte le prêt au lieu de le rembourser :

  • Sans transfert — Vendre et rembourser l’hypothèque en cours de terme déclenche la pénalité, qui peut atteindre plusieurs milliers de dollars.
  • Avec transfert — Le prêt étant transporté et non remboursé, la pénalité est évitée, ce qui constitue l’économie principale.
  • Le calcul à faire — Comparer la pénalité évitée avec les éventuels coûts ou contraintes du transfert permet de mesurer l’avantage réel.
Aspect Transférer l’hypothèque Rembourser et réemprunter
Pénalité de remboursement Évitée Applicable (peut atteindre plusieurs milliers $)
Taux d’intérêt Conservé (taux existant) Taux actuel du marché
Avantage si taux ont monté Élevé (on garde l’ancien taux bas) Défavorable
Avantage si taux ont baissé Faible (on garde un taux plus élevé) Possiblement avantageux

La pénalité de remboursement anticipé, surtout le différentiel de taux d’intérêt (IRD) sur un taux fixe, peut atteindre plusieurs milliers de dollars. La transférabilité permet d’éviter ce coût en déménageant.

Cette dimension est centrale : la transférabilité est avant tout un outil pour éviter la pénalité hypothécaire et le calcul de l’IRD. Comprendre comment cette pénalité est calculée aide à apprécier la valeur de la transférabilité, surtout pour les détenteurs de taux fixes qui déménagent en cours de terme.

Pour aller plus loin sur l’hypothèque

Les conditions et l’admissibilité

La transférabilité, aussi avantageuse soit-elle, n’est pas accessible à tous ni en toutes circonstances. Plusieurs conditions encadrent cette possibilité, et les connaître évite de fonder ses plans sur une option qui pourrait ne pas s’appliquer.

La première condition, fondamentale, est que votre hypothèque doit être transférable. Toutes ne le sont pas : c’est une caractéristique du contrat, à vérifier dès la souscription ou dans les documents de votre prêt. Une hypothèque non transférable ne pourra pas être transportée, quelles que soient les circonstances.

D’autres conditions s’appliquent généralement au transfert :

  • Le respect d’un délai — Le transfert doit souvent se faire dans une fenêtre de temps précise entre la vente et l’achat ; un délai trop long peut empêcher le transfert.
  • La requalification — Le prêteur peut réévaluer votre situation financière (revenus, dettes, cote de crédit), comme pour une nouvelle demande.
  • L’acceptation de la nouvelle propriété — La nouvelle propriété doit être jugée acceptable comme garantie par le prêteur.
  • L’approbation du prêteur — En définitive, le transfert reste soumis à l’accord du prêteur.

Ces conditions montrent que la transférabilité, bien que précieuse, n’est pas un droit absolu et automatique. Elle dépend de votre contrat et de l’accord du prêteur au moment du déménagement. C’est pourquoi il est sage de vérifier ces conditions à l’avance, idéalement avant de mettre sa propriété en vente, pour ne pas se retrouver pris au dépourvu.

Quand la nouvelle propriété coûte plus cher

L’une des situations les plus fréquentes lors d’un déménagement est l’achat d’une propriété plus chère que l’ancienne — par exemple en passant d’un condo à une maison. Ce cas mérite une attention particulière, car il complique le transfert tout en restant gérable.

Lorsque la nouvelle propriété coûte plus cher, le solde de votre hypothèque transférée ne suffit généralement pas à la financer entièrement. Vous avez alors besoin d’un financement additionnel pour combler la différence, ce qui soulève la question du taux applicable à cette portion supplémentaire.

Plusieurs approches existent pour gérer ce financement additionnel :

  • Le mélange de taux (blended rate) — Le prêteur peut combiner votre taux existant (sur le solde transféré) avec le taux actuel (sur le montant additionnel), créant un taux moyen pondéré.
  • Un financement séparé — La portion additionnelle peut faire l’objet d’un financement distinct, à des conditions propres.
  • L’utilisation d’une mise de fonds — Le produit de la vente de l’ancienne propriété peut servir à réduire le besoin de financement additionnel.

Si la nouvelle propriété coûte plus cher, vous conservez votre taux avantageux sur le solde transféré, mais la portion additionnelle est financée au taux actuel, souvent via un taux mélangé (blended rate).

Le mélange de taux est une solution courante et avantageuse : vous gardez votre bon taux sur la portion transférée, et seul le montant additionnel est soumis au taux actuel. Cette approche limite l’impact d’une hausse des taux sur l’ensemble de votre financement. C’est l’un des scénarios où la transférabilité montre toute sa souplesse, en s’adaptant à un achat plus important.

Quand elle coûte moins cher

La situation inverse — acheter une propriété moins chère que l’ancienne — peut aussi survenir, par exemple lors d’une réduction de la taille du logement à la retraite. Ce cas présente ses propres particularités, parfois moins évidentes que celles d’un achat plus cher.

Lorsque la nouvelle propriété coûte moins cher, le solde de votre hypothèque transférée peut dépasser ce dont vous avez besoin pour la financer. Vous pourriez alors vouloir réduire le montant de votre hypothèque, ce qui revient à rembourser une partie du capital — et c’est là que les choses se compliquent.

Réduire son hypothèque dans ce contexte peut avoir des implications :

  • Un remboursement partiel possiblement pénalisé — Réduire le solde au-delà des privilèges de remboursement de votre contrat peut déclencher une pénalité sur la portion remboursée.
  • Les privilèges de remboursement — Votre contrat permet généralement de rembourser une certaine portion sans pénalité ; au-delà, des frais peuvent s’appliquer.
  • La planification du surplus — Le produit excédentaire de la vente peut être affecté ailleurs plutôt qu’au remboursement, selon votre stratégie financière.

Cette situation, moins intuitive, montre que transférer vers une propriété moins chère n’est pas toujours sans coût. Il faut vérifier les modalités de son contrat concernant le remboursement partiel et planifier en conséquence. Cette réflexion rejoint celle du coût réel d’une propriété et de la gestion de son patrimoine lors d’un changement de propriété, par exemple en vue de la vente de sa propriété.

Les limites et pièges

Comme toute caractéristique hypothécaire, la transférabilité comporte des limites et des pièges qu’il vaut mieux connaître à l’avance. Les ignorer peut transformer un avantage attendu en source de complications au moment du déménagement.

La limite la plus fondamentale est que la transférabilité dépend de l’accord du prêteur et du respect des conditions. Elle n’est pas un droit automatique : même avec une hypothèque transférable, le transfert peut échouer si les conditions ne sont pas remplies (délai, requalification, acceptation de la propriété).

Plusieurs pièges méritent une vigilance particulière :

  • Le délai entre vente et achat — Un écart trop important entre la vente de l’ancienne propriété et l’achat de la nouvelle peut faire échouer le transfert ; la coordination est cruciale.
  • La requalification — Un changement de situation financière depuis la souscription (perte d’emploi, endettement accru) peut compromettre la requalification exigée.
  • Les frais éventuels — Le transfert peut comporter certains frais (évaluation, frais juridiques) à anticiper.
  • L’avantage réel selon les taux — En période de baisse des taux, transférer un ancien taux plus élevé n’est pas avantageux ; il faut comparer.

La transférabilité n’est pas un droit automatique : elle dépend de l’accord du prêteur, du respect des délais et d’une éventuelle requalification. Vérifiez les conditions avant de mettre votre propriété en vente.

Ces limites soulignent l’importance de ne pas tenir la transférabilité pour acquise. Avant de planifier un déménagement en comptant sur le transfert, il est prudent de confirmer avec son prêteur que l’option est bien disponible et que les conditions peuvent être remplies. Anticiper évite les mauvaises surprises au pire moment.

Comment en tirer parti

Au terme de ce parcours, comment tirer le meilleur parti de la transférabilité ? Quelques principes permettent d’en faire un véritable atout, tant au moment de choisir son hypothèque qu’au moment de déménager.

Le premier principe se joue dès la souscription : vérifier que son hypothèque est transférable. Au moment de choisir son prêt, considérer la transférabilité comme un critère, surtout si l’on anticipe la possibilité de déménager en cours de terme. Cette caractéristique, négligée par beaucoup, peut s’avérer précieuse plus tard.

Au moment d’un déménagement, plusieurs réflexes permettent d’optimiser le transfert :

  • Confirmer la disponibilité de l’option — Vérifier avec son prêteur que le transfert est possible avant de mettre sa propriété en vente.
  • Comparer avec les taux actuels — Si les taux ont baissé, évaluer s’il est plus avantageux de transférer ou de réemprunter au taux actuel (en tenant compte de la pénalité).
  • Coordonner les transactions — Planifier la vente et l’achat dans une fenêtre de temps compatible avec les exigences de transfert.
  • Anticiper le financement additionnel — Si la nouvelle propriété coûte plus cher, comprendre le mélange de taux qui s’appliquera.
  • Consulter un professionnel — Un courtier hypothécaire peut aider à orchestrer le transfert et à comparer les options.

La transférabilité dans le choix du prêt

Pour conclure ce parcours, élargissons la perspective : la transférabilité ne devrait pas être considérée isolément, mais comme l’une des caractéristiques à évaluer au moment de choisir son hypothèque. Cette vision d’ensemble permet de faire un choix de prêt vraiment adapté à sa situation et à ses projets.

Lorsqu’on choisit une hypothèque, on s’attarde souvent au taux, parfois au terme, mais rarement aux caractéristiques de flexibilité comme la transférabilité. Or, pour quelqu’un susceptible de déménager en cours de terme, cette caractéristique peut s’avérer plus précieuse qu’un écart de taux minime.

La transférabilité s’inscrit dans un ensemble de caractéristiques à comparer :

  • La transférabilité — Précieuse si l’on anticipe un déménagement possible en cours de terme.
  • Le type de prêt — Une hypothèque ouverte ou fermée offre une flexibilité différente face au remboursement.
  • Le terme choisi — La durée du terme hypothécaire influence la probabilité de déménager avant son échéance.
  • Les privilèges de remboursement — Ils déterminent la souplesse pour rembourser par anticipation sans pénalité.

Au moment de choisir son hypothèque, la transférabilité mérite d’être évaluée au même titre que le taux et le terme, surtout pour qui pourrait déménager en cours de terme.

En considérant la transférabilité dès le choix du prêt, on se donne une flexibilité précieuse pour l’avenir. C’est l’une des nombreuses décisions qui composent une stratégie hypothécaire réfléchie, où chaque caractéristique est pesée en fonction de sa situation et de ses projets, plutôt que de se concentrer uniquement sur le taux affiché. Comparer les offres, idéalement avec l’aide d’un courtier ou en évaluant les prêteurs comme Desjardins et les banques, permet de tenir compte de l’ensemble de ces caractéristiques.

La règle d’or à retenir sur la transférabilité de l’hypothèque au Québec : cette caractéristique permet de transporter votre prêt existant — taux, solde, conditions — vers une nouvelle propriété en déménageant, évitant ainsi la pénalité de remboursement anticipé (notamment l’IRD, qui peut atteindre plusieurs milliers de dollars). Elle est particulièrement précieuse si vous détenez un taux avantageux et que les taux actuels sont plus élevés. Mais attention : toutes les hypothèques ne sont pas transférables (à vérifier dès la souscription), et le transfert dépend de l’accord du prêteur, du respect d’un délai entre vente et achat, et d’une possible requalification. Si la nouvelle propriété coûte plus cher, vous conservez votre taux sur le solde transféré et financez la différence au taux actuel (souvent via un taux mélangé) ; si elle coûte moins cher, réduire l’hypothèque peut entraîner une pénalité au-delà des privilèges de remboursement. En période de baisse des taux, comparez : transférer un ancien taux élevé n’est pas toujours avantageux. Vérifiez vos conditions avant de mettre votre propriété en vente.

Erreurs fréquentes

L’erreur la plus fondamentale consiste à présumer que son hypothèque est transférable sans le vérifier. Toutes ne le sont pas, et découvrir au moment de déménager que son prêt ne peut être transporté — donc qu’une pénalité s’applique — est une mauvaise surprise évitable. Cette caractéristique doit être vérifiée dès la souscription.

Une autre erreur fréquente est de négliger le délai entre la vente et l’achat. Le transfert doit souvent se faire dans une fenêtre de temps précise. Un écart trop important entre la vente de l’ancienne propriété et l’achat de la nouvelle peut faire échouer le transfert. Coordonner les transactions est essentiel.

Beaucoup commettent l’erreur de tenir le transfert pour acquis sans confirmer les conditions. Même avec une hypothèque transférable, le transfert dépend de l’accord du prêteur, d’une requalification possible et de l’acceptation de la nouvelle propriété. Planifier un déménagement en comptant sur le transfert sans le confirmer peut mener à des complications.

Sur le plan stratégique, transférer sans comparer avec les taux actuels est une erreur en période de baisse des taux. Si les taux ont baissé depuis votre souscription, conserver votre ancien taux plus élevé par transfert n’est pas avantageux ; il pourrait être préférable de réemprunter au taux actuel, même en payant une pénalité. Le calcul mérite d’être fait.

Enfin, une erreur courante est de négliger les implications d’un achat moins cher. Transférer vers une propriété moins chère peut amener à réduire l’hypothèque, ce qui, au-delà des privilèges de remboursement, peut déclencher une pénalité. Vérifier les modalités de remboursement partiel de son contrat évite cette surprise.

FAQ

Qu’est-ce que la transférabilité d’une hypothèque ?
C’est une caractéristique (aussi appelée portabilité) qui permet de transporter votre hypothèque existante — son solde, son taux d’intérêt et ses conditions — d’une propriété à une autre lorsque vous déménagez. Plutôt que de rembourser votre prêt en vendant (ce qui déclencherait une pénalité) et d’en contracter un nouveau, vous appliquez votre prêt actuel à la nouvelle propriété. C’est particulièrement avantageux pour conserver un taux avantageux et éviter la pénalité de remboursement anticipé.

Toutes les hypothèques sont-elles transférables ?
Non. La transférabilité est une caractéristique du contrat hypothécaire, et toutes les hypothèques ne l’offrent pas. C’est pourquoi il est important de le vérifier dès la souscription, ou de consulter les documents de votre prêt actuel. Une hypothèque non transférable ne pourra pas être transportée vers une nouvelle propriété, quelles que soient les circonstances, ce qui signifie qu’un déménagement en cours de terme déclencherait une pénalité de remboursement anticipé.

La transférabilité permet-elle d’éviter la pénalité hypothécaire ?
Oui, c’est son principal avantage. En transportant votre prêt vers la nouvelle propriété au lieu de le rembourser, vous évitez la pénalité de remboursement anticipé qui s’appliquerait normalement en cas de vente en cours de terme. Cette pénalité, surtout le différentiel de taux d’intérêt (IRD) sur un taux fixe, peut atteindre plusieurs milliers de dollars. La transférabilité permet donc une économie potentiellement importante lors d’un déménagement en cours de terme.

Que se passe-t-il si la nouvelle propriété coûte plus cher ?
Le solde de votre hypothèque transférée ne suffira généralement pas à financer entièrement la nouvelle propriété ; vous aurez besoin d’un financement additionnel pour la différence. Une solution courante est le mélange de taux (blended rate) : le prêteur combine votre taux existant (sur le solde transféré) avec le taux actuel (sur le montant additionnel), créant un taux moyen pondéré. Vous conservez ainsi votre taux avantageux sur la portion transférée, seul le montant additionnel étant au taux actuel.

Que se passe-t-il si la nouvelle propriété coûte moins cher ?
Le solde de votre hypothèque transférée peut dépasser ce dont vous avez besoin. Si vous souhaitez réduire votre hypothèque en conséquence, cela revient à rembourser une partie du capital. Attention : au-delà des privilèges de remboursement prévus à votre contrat, réduire le solde peut déclencher une pénalité sur la portion remboursée. Il est important de vérifier les modalités de remboursement partiel de votre contrat et de planifier l’affectation du surplus de la vente.

Quelles conditions faut-il respecter pour transférer son hypothèque ?
Plusieurs conditions s’appliquent généralement : votre hypothèque doit d’abord être transférable ; le transfert doit souvent se faire dans un délai précis entre la vente et l’achat ; le prêteur peut vous requalifier (réévaluer revenus, dettes, cote de crédit) comme pour une nouvelle demande ; la nouvelle propriété doit être acceptée comme garantie ; et le transfert reste soumis à l’approbation du prêteur. Il est sage de vérifier ces conditions avant de mettre votre propriété en vente.

La transférabilité est-elle toujours avantageuse ?
Non, son intérêt dépend du contexte des taux. Elle est particulièrement avantageuse si vous détenez un taux plus bas que les taux actuels : la transporter vous permet de conserver ce bon taux. En revanche, en période de baisse des taux, si votre ancien taux est plus élevé que les taux actuels, transférer n’est pas avantageux ; il pourrait être préférable de réemprunter au taux actuel, même en tenant compte de la pénalité. Dans tous les cas, comparer les options est recommandé.

Quand dois-je vérifier si mon hypothèque est transférable ?
Idéalement à deux moments. D’abord dès la souscription : considérer la transférabilité comme un critère de choix de votre hypothèque, surtout si vous anticipez la possibilité de déménager en cours de terme. Ensuite, avant un déménagement : confirmer avec votre prêteur que l’option est disponible et que les conditions peuvent être remplies, idéalement avant de mettre votre propriété en vente, pour éviter de vous retrouver pris au dépourvu avec une pénalité imprévue.

Sources officielles


Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier ou hypothécaire personnalisé. La transférabilité (portabilité) d’une hypothèque, ses conditions, ses délais, les modalités de requalification, le traitement d’un financement additionnel (taux mélangé) ou d’une réduction du prêt, ainsi que les frais applicables, varient selon les prêteurs, les contrats et la situation de chacun, et peuvent évoluer. La transférabilité n’est pas garantie et demeure soumise à l’approbation du prêteur. Avant de planifier un déménagement en comptant sur un transfert, la consultation de votre prêteur, d’un courtier hypothécaire ou d’un conseiller financier est recommandée. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.