Marché immobilier à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles : prix, superficie et tramway de l’Est

Avec ses 42,3 kilomètres carrés, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles est le deuxième plus vaste arrondissement de l’île de Montréal, juste derrière Saint-Laurent — mais sa valeur foncière moyenne a bondi de 21,3 % pour le rôle d’évaluation 2026-2028, la deuxième plus forte hausse de toute l’agglomération après Anjou. Un territoire immense et encore largement pavillonnaire, dont le marché se resserre plus vite que sa réputation de secteur abordable ne le laisse croire.

Longtemps perçu comme un vaste territoire périphérique à l’extrémité est de l’île, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles combine aujourd’hui un parc résidentiel encore largement composé de maisons unifamiliales, une croissance démographique modeste mais continue, et un contexte fiscal municipal qui bouscule les repères habituels du cluster. Voici un portrait chiffré du marché immobilier à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles en 2026, incluant les prix par segment, l’état du transport collectif, la place du territoire dans le réseau des grands parcs de Montréal, et ce que cela implique concrètement pour un acheteur ou un investisseur.

Sommaire

Portrait du marché immobilier à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles en 2026

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles compte 107 941 résidents selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, en légère hausse par rapport à 106 743 habitants en 2016 — une croissance d’à peine 1,1 % en cinq ans, nettement plus modeste que celle observée à Montréal-Nord sur la même période. L’arrondissement occupe un territoire de 42,3 kilomètres carrés à la pointe est de l’île, bordé par la rivière des Prairies au nord et le fleuve Saint-Laurent au sud, ce qui en fait le deuxième plus vaste arrondissement de Montréal après Saint-Laurent (42,8 km²).

Cette combinaison d’un immense territoire et d’une population relativement stable se traduit par une densité résidentielle basse pour l’échelle montréalaise : environ 2 550 habitants par kilomètre carré, très loin des quelque 8 000 habitants par kilomètre carré de Montréal-Nord. Le parc résidentiel reflète cette réalité : contrairement à plusieurs arrondissements densément bâtis du cluster, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles conserve une proportion importante de maisons unifamiliales, en particulier dans les secteurs pavillonnaires développés à partir des années 1960 et 1970.

  • 107 941 résidents (recensement 2021), en hausse modeste par rapport à 106 743 en 2016 (+1,1 %)
  • Territoire de 42,3 km², le deuxième plus vaste arrondissement de l’île de Montréal après Saint-Laurent
  • Une densité résidentielle basse (environ 2 550 hab/km²) malgré une population absolue importante
  • Un parc résidentiel encore largement dominé par la maison unifamiliale, contrairement à plusieurs voisins de l’est de l’île

Un territoire deux fois plus vaste que Saint-Léonard et Anjou réunis, mais une croissance démographique parmi les plus modestes du cluster : Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles se distingue moins par son dynamisme populationnel que par l’ampleur et la diversité de son territoire, qui va du secteur industriel riverain aux quartiers pavillonnaires en passant par le noyau villageois historique de Pointe-aux-Trembles.

Les prix par segment : unifamiliale, condo et plex

Au baromètre résidentiel trimestriel de l’APCIQ (Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec), Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles ne dispose pas de sa propre zone statistique : elle est regroupée avec la petite ville liée de Montréal-Est (4 394 résidents) dans le secteur 18, Pointe Est de l’Île. Contrairement à Montréal-Nord, qui bénéficie de sa propre zone, ou même à Anjou et Saint-Léonard (fusionnés entre eux mais sans tiers extérieur au cluster des arrondissements), les chiffres ci-dessous mêlent donc le marché résidentiel de l’arrondissement à celui d’une municipalité industrielle voisine beaucoup plus petite — un point de vigilance à garder en tête pour toute comparaison fine.

Segment (secteur 18, 12 derniers mois) Prix médian Ventes Jours sur le marché Variation sur 5 ans
Unifamiliale 575 000 $ 483 35 +37 %
Copropriété (condo) 350 000 $ 424 41 +43 %
Plex (2 à 5 logements) 765 000 $ 89 40 +42 %

Source : APCIQ, Baromètre résidentiel FSMI, secteur 18 — Pointe Est de l’Île (Montréal-Est et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles), données sur 12 mois au deuxième trimestre 2026.

Au deuxième trimestre 2026 seul, le prix médian unifamilial du secteur atteint 577 500 $ (+4 % sur un an), avec un délai moyen de vente de 31 jours, en baisse de 15 jours par rapport au même trimestre l’an dernier — un signe de marché qui se resserre. Le prix médian des copropriétés s’établit à 345 000 $ (+2 %). Pour le segment plex, le volume de 29 transactions au trimestre est jugé insuffisant par l’APCIQ pour produire un prix médian trimestriel fiable ; seule la statistique sur 12 mois (765 000 $, stable) offre une image représentative. Le volume total des ventes résidentielles du secteur a légèrement reculé (-2 %) au deuxième trimestre, tandis que les nouvelles inscriptions ont bondi de 16 % et les inscriptions en vigueur de 32 %, un desserrement de l’offre disponible malgré la baisse des délais de vente.

  • Prix médian unifamilial sur 12 mois : 575 000 $ (+6 %), en hausse de 37 % sur cinq ans
  • Prix médian condo sur 12 mois : 350 000 $ (+4 %), en hausse de 43 % sur cinq ans — la plus forte progression des trois segments
  • Prix médian plex sur 12 mois : 765 000 $ (stable), en hausse de 42 % sur cinq ans
  • Le volume total des ventes résidentielles du secteur a progressé de 6 % sur 12 mois, à plus de 515 millions de dollars

Malgré un territoire dominé par la maison unifamiliale, c’est le segment condo qui affiche la plus forte progression de prix sur cinq ans dans le secteur 18 (+43 %) — un signal que la demande pour le logement plus abordable et de plus petite taille progresse plus vite que celle pour la propriété individuelle, même dans un arrondissement historiquement pavillonnaire.

Le rôle d’évaluation foncière 2026-2028 : la deuxième plus forte hausse de l’agglomération

Le nouveau rôle d’évaluation foncière de l’agglomération de Montréal, entré en vigueur le 1er janvier 2026 et basé sur les conditions de marché au 1er juillet 2024, affiche une hausse moyenne de 12,2 % pour l’ensemble de l’île (12,6 % pour la ville de Montréal seule). Selon le communiqué officiel de la Ville de Montréal accompagnant le dépôt de ce rôle, deux arrondissements se démarquent nettement du reste de l’agglomération par l’ampleur de leur hausse : Anjou, à 22,6 %, et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, juste derrière, à 21,3 % — près du double de la moyenne de l’agglomération, et bien au-delà des hausses de 15 % et plus déjà observées à Saint-Laurent, Montréal-Nord et Saint-Léonard.

La plupart des autres arrondissements de l’agglomération ont vu leur valeur progresser entre 9 % et 20 %, à l’exception notable de Ville-Marie, où la vacance élevée des immeubles de bureaux a limité la hausse à 5,8 %. La progression marquée à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles reflète à la fois la forte demande résidentielle pour les maisons unifamiliales de l’est de l’île et la valorisation du parc industriel riverain, particulièrement recherché dans un contexte de pénurie d’espaces logistiques sur l’île de Montréal.

  • Anjou (+22,6 %) et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (+21,3 %) : les deux plus fortes hausses de l’agglomération de Montréal pour le rôle 2026-2028
  • Une hausse près de deux fois supérieure à la moyenne de l’agglomération (12,2 %)
  • Ville-Marie, à l’opposé : seulement +5,8 %, freinée par la vacance des immeubles de bureaux
  • Le rôle 2026-2028 succède à une hausse moyenne de 32,4 % pour le cycle 2023-2025, un contraste marqué qui traduit un ralentissement général de la progression des valeurs

Une hausse du rôle d’évaluation ne se traduit pas automatiquement en une hausse équivalente du compte de taxes : la Ville de Montréal ajuste chaque année ses taux de taxation pour contenir la croissance globale des revenus fonciers, un mécanisme déjà observé à Anjou et à Montréal-Nord malgré des hausses de rôle tout aussi marquées.

Un propriétaire qui juge sa nouvelle évaluation excessive dispose d’un recours : la contestation de l’évaluation municipale auprès de l’évaluateur, puis, au besoin, devant le Tribunal administratif du Québec. Comprendre le rôle réel de l’évaluation municipale avant de négocier un prix demeure une étape essentielle pour tout acheteur à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Transport : deux gares de train de banlieue aujourd’hui, un tramway à l’horizon 2035-2036

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles n’a ni station de métro ni antenne du Réseau express métropolitain (REM) sur son territoire, mais elle est desservie depuis 2014-2015 par deux gares de la ligne Mascouche du train de banlieue exo : la gare Rivière-des-Prairies (boulevard Maurice-Duplessis), en service depuis le 1er décembre 2014, et la gare Pointe-aux-Trembles (rue Sherbrooke Est), en service depuis le 6 juillet 2015. Comme à Montréal-Nord, ce mode de transport offre un accès direct au centre-ville, mais avec des fréquences généralement plus limitées qu’une ligne de métro.

Le grand projet de transport structurant pour cette partie de l’île n’est plus le métro, mais le tramway de l’Est (Projet structurant de l’Est, ou PSE). Le gouvernement du Québec a confirmé en mars 2025 que ce projet irait de l’avant, sous la forme d’un système sur rail de type tramway comptant 31 stations sur 38 kilomètres, pour un coût estimé à environ 18,4 milliards de dollars. Le tracé prévoit deux antennes : une antenne nord-sud reliant le secteur de Rivière-des-Prairies à la ligne verte du métro le long des boulevards Maurice-Duplessis et Lacordaire-Dickson, et une antenne est-ouest reliant Repentigny à la ligne verte le long de l’autoroute 40 et de la rue Sherbrooke Est.

  • Gare Rivière-des-Prairies (boulevard Maurice-Duplessis) : ligne Mascouche exo, en service depuis décembre 2014
  • Gare Pointe-aux-Trembles (rue Sherbrooke Est) : ligne Mascouche exo, en service depuis juillet 2015
  • Tramway de l’Est (PSE) : projet confirmé en mars 2025, 31 stations sur 38 km, environ 18,4 milliards de dollars
  • Mobilité Infra Québec (MIQ) prend le relais du dossier au début de 2026 pour publier l’appel de qualification, avec un constructeur visé au printemps 2027 et une mise en service ciblée pour 2035-2036

Contrairement à Saint-Léonard et à Anjou, où le prolongement de la ligne bleue du métro est un projet financé et en construction, le tramway de l’Est qui doit un jour desservir Rivière-des-Prairies demeure, en 2026, au stade de l’appel de qualification — un horizon de mise en service encore éloigné (2035-2036) qu’un acheteur ne devrait pas confondre avec un projet imminent.

Le deuxième plus vaste arrondissement de Montréal, entre parcs-nature et zone industrielle

Au-delà des chiffres de prix, l’ampleur du territoire de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles façonne directement son offre résidentielle. L’arrondissement compte pas moins de 135 parcs et espaces verts sur son territoire, dont le parc-nature de la Pointe-aux-Prairies, un espace de 261 hectares à la pointe est de l’île — l’un des deux plus grands du réseau des parcs-nature de Montréal, derrière le parc-nature du Cap-Saint-Jacques (288 hectares) à l’autre extrémité de l’île. Un projet d’agrandissement de ce parc-nature vers un « grand parc de l’Est » a été évoqué publiquement par la Ville, sans échéancier confirmé à ce jour.

Le territoire se divise en trois secteurs aux profils distincts : Rivière-des-Prairies, à dominante résidentielle et industrielle le long de la rivière du même nom ; le Bout-de-l’Île, entre les deux ; et Pointe-aux-Trembles, dont le noyau villageois historique compte parmi les plus anciens de l’île, avec un moulin patrimonial datant de 1719. Cette diversité territoriale distingue nettement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles des arrondissements plus compacts et homogènes déjà couverts dans ce cluster, comme Anjou ou Saint-Léonard.

  • 135 parcs et espaces verts au total sur le territoire de l’arrondissement
  • Parc-nature de la Pointe-aux-Prairies : 261 hectares, le deuxième plus grand du réseau montréalais après le Cap-Saint-Jacques
  • Trois secteurs distincts : Rivière-des-Prairies, le Bout-de-l’Île et Pointe-aux-Trembles, chacun avec un profil résidentiel propre
  • Un noyau villageois historique à Pointe-aux-Trembles, l’un des plus anciens de l’île de Montréal, avec un moulin patrimonial de 1719

Une croissance démographique modeste sur un immense territoire

Avec une croissance de 1,1 % entre 2016 et 2021, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles affiche l’une des progressions démographiques les plus modestes du cluster des marchés locaux — loin du recul observé à Anjou, mais aussi loin de la croissance de près de 5 % enregistrée à Montréal-Nord sur la même période. Ce plateau démographique s’explique en bonne partie par un territoire déjà largement développé en secteurs pavillonnaires matures, où les occasions de nouvelles constructions résidentielles à grande échelle sont plus limitées que dans les arrondissements en pleine requalification comme Anjou (autour du futur terminus de la ligne bleue) ou Lachine (autour de l’écoquartier Lachine-Est).

  • Croissance démographique de 1,1 % entre 2016 et 2021, l’une des plus faibles du cluster
  • Un territoire déjà largement bâti en secteurs pavillonnaires matures, avec un potentiel de densification plus limité qu’ailleurs à court terme
  • Une population absolue (107 941) néanmoins supérieure à celle de la plupart des arrondissements de second rang déjà couverts dans ce cluster

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles face à ses arrondissements voisins

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles partage la pointe est de l’île avec plusieurs arrondissements déjà couverts dans ce cluster, chacun avec une dynamique propre.

  • Contrairement à Saint-Léonard, qui accueillera quatre des cinq nouvelles stations du prolongement de la ligne bleue d’ici 2031, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles ne bénéficie d’aucun projet de transport lourd financé à court terme, seulement du tramway de l’Est à l’horizon 2035-2036
  • À l’inverse d’Anjou, dont la population a reculé entre 2016 et 2021, celle de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles a continué de croître, quoique modestement
  • Le segment plex de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (765 000 $ sur 12 mois) se situe dans une fourchette intermédiaire, sous celui de Saint-Léonard mais nettement au-dessus de celui de Montréal-Nord
  • Contrairement à Montréal-Nord, dont le parc résidentiel est dominé par le plex et le logement locatif, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles conserve un profil beaucoup plus pavillonnaire, avec une densité de population trois fois moindre

À l’échelle de l’île, le marché immobilier montréalais dans son ensemble reste marqué par une offre limitée de maisons unifamiliales abordables ; le segment unifamilial de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (575 000 $ sur 12 mois) demeure l’un des points d’accès les plus intéressants à ce type de propriété sur l’île, en particulier pour un acheteur qui ne cherche pas nécessairement un accès immédiat au métro.

Marché locatif : vacance et loyers

Selon les données les plus récentes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation dans les secteurs de l’est et du nord-est de l’île de Montréal, où se situe Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, demeure parmi les plus faibles de la région métropolitaine, généralement sous la barre de 2 %. Cette rareté locative persiste malgré un profil résidentiel plus pavillonnaire que celui de plusieurs voisins, ce qui traduit une demande soutenue pour les logements locatifs dans les plex et petits immeubles du secteur.

  • Un taux d’inoccupation généralement bas, cohérent avec la tendance observée dans l’ensemble de l’est de l’île
  • Une pression continue sur les loyers disponibles, particulièrement dans le secteur du Bout-de-l’Île et de Pointe-aux-Trembles
  • Un avantage pour un propriétaire bailleur en matière de délai de location d’un plex

Pour un investisseur, cette combinaison de faible vacance et de prix plex encore raisonnables par rapport à d’autres secteurs de l’île mérite un calcul rigoureux plutôt qu’un pari sur la seule plus-value. Le calcul du rendement d’un plex et la vérification du seuil de rentabilité doivent intégrer une provision réaliste pour les rénovations, particulièrement dans les secteurs bâtis avant les années 1980.

Taux hypothécaires et taux directeur en 2026

Le contexte macroéconomique influence directement la capacité d’achat à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles comme ailleurs au Québec. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % lors de plusieurs annonces consécutives en 2026, une stabilité qui a permis aux taux hypothécaires de se stabiliser après plusieurs années de volatilité.

Pour un acheteur dont le budget se situe autour du prix médian d’une maison unifamiliale à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (577 500 $ au T2 2026), une préapprobation hypothécaire solide reste l’outil le plus efficace pour négocier avec confiance, particulièrement dans un marché où les nouvelles inscriptions ont bondi de 16 % en un trimestre.

Pour qui Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles est-elle une bonne option ?

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles combine un vaste choix de maisons unifamiliales, un accès direct au train de banlieue et l’un des plus grands parcs-nature de l’île — mais sans desserte de métro ni de REM à court terme, et avec un rôle d’évaluation foncière en forte hausse qu’il faut intégrer au budget.

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles ne convient pas à tous les profils d’acheteurs de la même façon. Le marché y présente des avantages nets pour certains segments, et des limites réelles pour d’autres.

  • Familles à la recherche d’une maison unifamiliale avec terrain : le parc résidentiel pavillonnaire et l’accès à de vastes espaces verts en font un profil bien servi
  • Navetteurs qui privilégient le train de banlieue au centre-ville : les deux gares de la ligne Mascouche offrent un accès direct, sans les délais parfois associés à l’autobus seul
  • Investisseurs en plex patients, prêts à calculer un rendement rigoureux : le segment plex, en hausse de 42 % sur cinq ans, reste sous les sommets observés à Saint-Léonard
  • Acheteurs qui exigent une desserte de métro ou de REM à distance de marche : profil mal servi actuellement, le tramway de l’Est n’étant pas attendu avant 2035-2036

Les personnes qui achètent principalement pour l’accès rapide au métro devraient plutôt regarder du côté d’arrondissements déjà desservis, comme Villeray ou Saint-Laurent, tandis que celles qui privilégient l’espace, la nature et un budget encore raisonnable pour une maison unifamiliale trouveront à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles l’un des territoires les plus vastes de l’île de Montréal.

Stratégies pour les acheteurs et les investisseurs

Que l’objectif soit d’acheter une résidence principale ou de se constituer un patrimoine locatif, quelques principes s’appliquent particulièrement bien au contexte actuel de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

  • Comparer les trois secteurs de l’arrondissement (Rivière-des-Prairies, Bout-de-l’Île, Pointe-aux-Trembles) plutôt que de traiter le territoire comme un bloc homogène, chacun ayant un profil de prix et de bâti différent
  • Profiter du CELIAPP et des programmes d’aide au premier acheteur pour réduire le coût réel d’une mise de fonds sur une première maison
  • Prévoir la taxe de bienvenue dans le budget total, calculée sur le plus élevé entre le prix payé et la valeur au rôle — particulièrement pertinent compte tenu de la forte hausse du rôle 2026-2028
  • Pour un investisseur en plex, calculer soigneusement le rendement plutôt que de parier uniquement sur la plus-value, dans un secteur où le prix du plex a déjà progressé de 42 % en cinq ans
  • La formule du propriétaire occupant demeure une stratégie accessible pour réduire la mise de fonds initiale tout en profitant d’un taux d’inoccupation locative généralement bas
  • Pour un premier immeuble locatif, suivre la même logique que l’achat d’un premier immeuble locatif au Québec en général, en intégrant une provision réaliste pour la rénovation d’un parc parfois plus ancien

Erreurs fréquentes

La première erreur, très répandue, est de confondre les statistiques du secteur 18 avec celles de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles seule. Le baromètre résidentiel de l’APCIQ regroupe l’arrondissement avec la ville liée de Montréal-Est, beaucoup plus petite (4 394 résidents) et à vocation davantage industrielle ; les prix affichés reflètent donc un secteur élargi, pas uniquement le marché résidentiel de l’arrondissement.

La deuxième erreur consiste à traiter le tramway de l’Est comme un projet imminent. Bien que le gouvernement du Québec ait confirmé sa réalisation en mars 2025, le dossier n’en est en 2026 qu’à l’étape de l’appel de qualification mené par Mobilité Infra Québec, avec une mise en service ciblée pour 2035-2036 — un horizon d’au moins neuf ans qu’il ne faut pas confondre avec un projet en construction.

La troisième erreur est de confondre la hausse du rôle d’évaluation foncière avec une hausse équivalente des taxes municipales. Malgré une progression de 21,3 % du rôle 2026-2028, la Ville de Montréal ajuste chaque année ses taux de taxation pour contenir la croissance globale des revenus fonciers, un mécanisme déjà observé ailleurs dans le cluster.

La quatrième erreur est de se fier au prix médian plex du trimestre sans vérifier le volume de transactions. Au deuxième trimestre 2026, seulement 29 ventes de plex ont été enregistrées dans le secteur 18, un volume jugé insuffisant par l’APCIQ pour produire une statistique trimestrielle fiable ; mieux vaut se référer à la donnée sur 12 mois (765 000 $) pour une image plus stable.

La cinquième erreur, fréquente chez les acheteurs peu familiers avec l’est de l’île, est de traiter l’ensemble du territoire comme un secteur uniforme. Avec 42,3 km² répartis en trois secteurs aux profils distincts — le pavillonnaire de Rivière-des-Prairies, la transition du Bout-de-l’Île et le noyau villageois historique de Pointe-aux-Trembles — les prix, l’âge du bâti et la proximité des services varient sensiblement d’un bout à l’autre de l’arrondissement.

FAQ

Pourquoi les statistiques Centris de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles incluent-elles Montréal-Est ?
L’APCIQ définit ses zones statistiques selon le volume de transactions disponible dans chaque secteur. Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles est regroupée avec la ville liée de Montréal-Est dans le secteur 18 (Pointe Est de l’Île), une zone qui ne correspond donc pas exactement aux limites administratives de l’arrondissement.

Le tramway de l’Est desservira-t-il un jour Rivière-des-Prairies ?
Le gouvernement du Québec a confirmé en mars 2025 que le projet irait de l’avant, avec une antenne nord-sud reliant le secteur de Rivière-des-Prairies à la ligne verte du métro. Mobilité Infra Québec doit publier l’appel de qualification au début de 2026, avec un constructeur visé au printemps 2027 et une mise en service ciblée pour 2035-2036, un échéancier qui pourrait encore évoluer.

Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles est-elle vraiment l’un des plus grands arrondissements de Montréal ?
Oui : avec 42,3 km², elle est le deuxième plus vaste arrondissement de l’île de Montréal, tout juste derrière Saint-Laurent (42,8 km²), et nettement plus étendue que la plupart des arrondissements voisins de l’est de l’île comme Anjou ou Saint-Léonard.

La hausse de 21,3 % du rôle d’évaluation va-t-elle faire grimper mes taxes d’autant ?
Pas nécessairement. La Ville de Montréal ajuste chaque année ses taux de taxation résidentielle pour limiter la croissance globale des revenus fonciers de l’agglomération, un mécanisme qui a déjà amorti l’effet de hausses de rôle similaires dans d’autres arrondissements du cluster.

Pourquoi le prix médian des plex n’est-il pas disponible pour le deuxième trimestre 2026 ?
Le nombre de ventes de plex enregistrées ce trimestre dans le secteur 18 (29 transactions) est jugé insuffisant par l’APCIQ pour produire une statistique trimestrielle fiable ; la donnée sur 12 mois (765 000 $) offre une image plus représentative du segment.

Est-ce une bonne option pour un investisseur en plex ?
Le segment plex affiche un prix médian de 765 000 $ sur 12 mois, en hausse de 42 % sur cinq ans, dans un secteur à faible vacance locative. C’est une option pertinente pour un investisseur patient, à condition de calculer un rendement rigoureux plutôt que de miser uniquement sur la plus-value déjà réalisée.

Sources officielles


Cet article présente un portrait général du marché immobilier à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles à des fins informatives et ne constitue pas un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les statistiques évoluent d’un trimestre à l’autre et les situations individuelles varient : consultez un courtier immobilier, un notaire ou un professionnel qualifié avant de prendre une décision d’achat, de vente ou d’investissement. Pour en savoir plus sur notre approche éditoriale, consultez notre page méthodologie.