Un propriétaire de 70 ans ou plus qui paie quelqu’un pour déneiger, entretenir son terrain ou faire le ménage peut récupérer jusqu’à 40 % de ces dépenses en 2026 grâce au crédit d’impôt remboursable pour maintien à domicile des aînés, soit un crédit maximal de 7 800 $ par année pour une personne seule autonome. Mais le crédit ne couvre ni les travaux de construction, ni la rénovation, ni la réparation, et il fond avec le revenu familial.
Beaucoup de propriétaires aînés connaissent ce crédit de nom sans savoir ce qu’il rembourse réellement dans le cas d’une maison ou d’un condo. Cet article explique qui y a droit, quelles dépenses de propriétaire sont visées, comment le montant se calcule, comment la réduction selon le revenu agit et comment demander l’aide chaque mois plutôt qu’une seule fois par année. Il situe aussi le crédit par rapport aux autres mesures qui touchent une propriété (adaptation de domicile, crédit fédéral d’accessibilité, hypothèque inversée, vente de la maison).
Sommaire
- Ce que le crédit finance, et ce qu’il ne finance pas
- Qui y a droit : l’âge, la résidence et le couple
- Maison, condo ou logement loué : le crédit n’est pas le même
- Les dépenses de propriétaire qui peuvent compter
- Le taux, les plafonds et le calcul en 2026
- La réduction selon le revenu familial
- Demander le crédit : déclaration ou versements anticipés
- Le crédit et les autres leviers d’une propriété d’aîné
- Erreurs fréquentes
- Foire aux questions
- Sources officielles
Ce que le crédit finance, et ce qu’il ne finance pas
Le crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés existe depuis le 1er janvier 2000. Son objectif, inchangé depuis, est d’aider les personnes de 70 ans et plus à rester chez elles plus longtemps, et ainsi de retarder leur hébergement dans le réseau de la santé. Il s’agit d’un crédit remboursable : si l’impôt à payer est inférieur au crédit, la différence est versée à la personne, ce qui le rend utile même pour un aîné qui ne paie presque pas d’impôt.
Le crédit se calcule à partir de dépenses de services payées par l’aîné ou son conjoint. Ces services se divisent en deux grandes familles : les services directs à la personne (aide à l’habillage ou à l’hygiène, soins infirmiers, aide aux repas) et les services domestiques, que la Loi sur les impôts regroupe sous l’expression « services d’entretien ou d’approvisionnement » (entretien ménager, entretien extérieur, approvisionnement). Pour un propriétaire, ce sont surtout ces services domestiques qui comptent.
Ce que le crédit ne rembourse pas est tout aussi important : la construction, la rénovation et la réparation sont exclues. Un nouveau toit, un escalier refait ou une salle de bain adaptée ne génèrent aucun crédit de ce type; ces dépenses relèvent plutôt d’autres programmes, abordés plus bas, et de notre article sur l’adaptation d’une maison pour vieillir chez soi.
À retenir : le crédit rembourse des services récurrents payés à un tiers (ménage, entretien du terrain, déneigement), pas des travaux sur la propriété. C’est un crédit de budget de fonctionnement, pas de rénovation.
Qui y a droit : l’âge, la résidence et le couple
La personne doit avoir 70 ans ou plus au 31 décembre de l’année d’imposition et résider au Québec. Seuls les services rendus à partir du 70e anniversaire donnent droit au crédit : un aîné qui a eu 70 ans en septembre ne peut pas inclure les factures de déneigement de janvier à août.
Dans un couple, un seul des deux conjoints présente la demande pour le ménage, et le revenu familial utilisé pour la réduction combine celui des deux conjoints (somme des lignes 275 des déclarations québécoises). Le crédit s’adresse aux aînés autonomes comme non autonomes : être reconnu non autonome relève le plafond de dépenses, mais exige une attestation écrite d’un médecin ou d’une infirmière praticienne spécialisée, par exemple au moyen du formulaire TPZ-1029.MD.A. La définition est stricte : dépendre en permanence d’autrui pour la plupart des soins personnels (hygiène, habillement, alimentation, mobilité), ou avoir besoin d’une surveillance constante en raison d’un trouble mental grave et irréversible.
La mesure est massive : en 2022, plus de 514 000 particuliers en ont bénéficié, et la dépense fiscale estimée pour 2025 dépasse 776 M$, selon la fiche de l’Université de Sherbrooke. Pour beaucoup de ménages propriétaires, c’est pourtant un crédit sous-utilisé parce qu’on suppose, à tort, qu’il est réservé aux résidences pour aînés.
Maison, condo ou logement loué : le crédit n’est pas le même
Le type d’habitation détermine la façon dont les dépenses sont reconnues. Pour un propriétaire de maison, les services sont généralement achetés directement auprès d’un entrepreneur ou d’un travailleur autonome, et seules les factures liées aux services admissibles comptent. Pour un copropriétaire, la situation est double : une partie des services est comprise dans les charges de copropriété, et une autre est payée à part.
| Situation | Ce qui peut compter | À savoir |
|---|---|---|
| Propriétaire de maison | Services payés directement (entretien ménager, entretien extérieur, déneigement, livraison d’épicerie, etc.) | Factures et reçus à conserver; construction, rénovation et réparation exclues |
| Copropriétaire | Entretien ménager et petits travaux inclus dans les charges, si le syndicat remet le formulaire TPZ-1029.MD.5 | Les services payés hors charges (ménage de l’unité, déneigement d’un accès privé, livraison) se traitent séparément |
| Locataire d’un immeuble à logements | 5 % du loyer mensuel inscrit au bail est reconnu comme service, pour un loyer de 600 $ à 1 200 $ | Soit 30 $ à 60 $ par mois de dépenses reconnues, plus les services payés à part |
| Résidence privée pour aînés (RPA) | Une part importante du loyer (de 65 % à 80 % selon la situation) | Montants établis par des tables de Revenu Québec, indiqués à l’annexe du bail |
Cette grille explique pourquoi le crédit joue un rôle dans la décision de vendre une maison pour aller en résidence : le loyer d’une RPA est reconnu en forte proportion, alors que, dans une maison, seuls les services réellement achetés comptent. Nous y revenons dans la section sur les autres leviers.
Les dépenses de propriétaire qui peuvent compter
Pour un propriétaire de maison, les services habituellement cités comme admissibles sont l’entretien ménager, l’entretien du terrain et des travaux saisonniers extérieurs (dont le déneigement), les petits travaux d’entretien, la préparation de repas et la livraison d’épicerie, en plus des services de soutien personnel et des soins infirmiers. Pour une copropriété, les charges communes qui comprennent l’entretien ménager et des travaux mineurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’immeuble peuvent aussi compter, selon la ventilation fournie par le syndicat.
Trois règles de la Loi sur les impôts (art. 1029.8.61.1) encadrent le montant retenu, comme l’a rappelé Revenu Québec dans une note d’interprétation : la dépense ne peut pas dépasser la juste valeur marchande du service; elle ne comprend que la prestation du service, et pas le coût des biens acquis pour l’exécuter; et le montant doit être raisonnable et indiqué par écrit, de façon spécifique, par le prestataire. En pratique, une facture de déneigement qui précise le service, la période et le montant vaut beaucoup plus qu’un virement sans détail.
Les petits travaux d’entretien courant peuvent donc entrer dans le crédit, alors que le remplacement d’un escalier ne le peut pas : la réfection d’un escalier extérieur est un poste de réparation, et non un service d’entretien. Le calendrier d’entretien printanier d’une maison aide à distinguer ce qui relève de l’entretien récurrent de ce qui relève des travaux.
Important : la liste détaillée des services admissibles pour une maison est tenue à jour par Revenu Québec et peut changer. Vérifiez toujours la page officielle « Maison – services de maintien à domicile » avant de réclamer un service qui ne figure pas dans l’exemple ci-dessus.
Le taux, les plafonds et le calcul en 2026
Le taux du crédit augmente d’un point de pourcentage par année depuis 2022 : 36 % en 2022, 37 % en 2023, 38 % en 2024, 39 % en 2025 et 40 % en 2026. Les dépenses admissibles sont toutefois plafonnées, et le crédit maximal découle de ce plafond multiplié par le taux.
| Situation | Dépenses admissibles maximales | Crédit maximal à 40 % (2026) |
|---|---|---|
| Personne seule autonome | 19 500 $ | 7 800 $ |
| Personne seule non autonome | 25 500 $ | 10 200 $ |
| Couple de personnes autonomes | 39 000 $ | 15 600 $ |
| Couple : une personne autonome, une non autonome | 45 000 $ | 18 000 $ |
| Couple de personnes non autonomes | 51 000 $ | 20 400 $ |
Le calcul suit six étapes : établir si la personne est autonome, calculer les dépenses admissibles de l’année (plafonnées), appliquer le taux, déterminer le revenu familial, calculer la réduction applicable et soustraire cette réduction du crédit brut. Les plafonds ci-dessus reprennent ceux de 2025 présentés par l’Université de Sherbrooke, avec le taux de 2026; Revenu Québec indexe certains seuils annuellement, d’où l’importance de confirmer les paramètres de l’année en cours.
La réduction selon le revenu familial
Le crédit n’est pas universel : il diminue quand le revenu familial dépasse un premier seuil, établi à 71 010 $ pour 2025 et à 72 465 $ pour 2026. Pour les personnes autonomes, un second seuil s’ajoute, à 115 035 $ en 2025 et à 117 395 $ en 2026. Entre les deux seuils, la réduction est de 3 % du revenu qui dépasse le premier; au-delà du second, elle passe à 7 % du revenu excédentaire.
Concrètement, pour 2025, le crédit d’une personne seule autonome tombe à zéro à environ 204 800 $ de revenu, et celui d’un couple d’aînés autonomes à environ 313 500 $. Pour les personnes non autonomes, la réduction est moins sévère; la fiche consultée présente toutefois une incohérence sur le taux applicable (3 % ou 4 %), ce qui renforce l’intérêt de confirmer ce paramètre auprès de Revenu Québec dans ce cas.
Illustration (montants arrondis, à titre indicatif seulement) : une propriétaire de 75 ans, seule et autonome, paie ensemble 4 000 $ par année pour le déneigement, l’entretien du terrain et un service de ménage. Son crédit brut est de 40 % de 4 000 $, soit 1 600 $. Si son revenu est de 60 000 $, sous le premier seuil, elle reçoit les 1 600 $. Si son revenu est de 90 000 $, la réduction est de 3 % de la tranche de 17 535 $ qui dépasse 72 465 $, soit environ 526 $, et le crédit net tombe à environ 1 074 $.
À retenir : le crédit rapporte le plus aux revenus modestes et moyens; au-delà d’environ 72 000 $ de revenu familial, chaque dollar de revenu l’amenuise. Il vaut tout de même la peine d’être réclamé jusqu’à des revenus élevés.
Demander le crédit : déclaration ou versements anticipés
Il y a deux façons de toucher le crédit. La première est de le réclamer dans la déclaration de revenus du Québec, au moyen de l’annexe J, une fois l’année terminée. La seconde, souvent méconnue, est de demander des versements anticipés mensuels, ce qui répartit l’aide sur l’année plutôt que de l’attendre au printemps suivant. La demande doit être faite au plus tard le 1er décembre de l’année d’imposition visée.
Trois formulaires existent selon la nature de la dépense : le TPZ-1029.MD.7 pour les services inclus dans le loyer, le TPZ-1029.MD.8 pour ceux inclus dans les charges de copropriété et le TPZ-1029.MD.9 pour les autres dépenses, ce qui inclut la plupart des services payés par un propriétaire de maison. Pour ces autres dépenses, les versements sont faits dans les 30 jours suivant la réception de la demande. Tout changement de situation doit être signalé sans délai : déménagement, décès, union ou séparation, variation du revenu familial, nouveau bail ou changement d’autonomie. Une personne de confiance peut gérer les versements anticipés au moyen d’une procuration (formulaire MR-69.MD), ce qui peut se coordonner avec un mandat de protection déjà en place.
Dans tous les cas, il faut conserver les factures, contrats et reçus : Revenu Québec peut les demander après coup. Un propriétaire qui engage un travailleur autonome pour le déneigement doit pouvoir produire une facture lisible, comme expliqué plus haut.
Le crédit et les autres leviers d’une propriété d’aîné
Le crédit de maintien à domicile finance le fonctionnement; d’autres mesures financent les travaux. Le Programme d’adaptation de domicile et le crédit d’impôt fédéral pour l’accessibilité domiciliaire s’adressent aux adaptations de la maison; ils se cumulent avec le crédit de maintien à domicile parce qu’ils visent des dépenses différentes, comme le détaille notre article sur l’adaptation de la maison pour vieillir chez soi.
Le crédit entre aussi dans le calcul du coût réel de rester propriétaire. Un aîné qui compare le fait de rester dans sa maison avec celui de vendre peut intégrer le crédit dans son budget, aux côtés des taxes, de l’assurance et des réparations; notre guide du coût réel d’une propriété et l’analyse du coût total de propriété sur 25 ans servent de cadre pour ce calcul, et l’assurance habitation fait partie du portrait.
Pour un aîné riche en valeur immobilière mais serré en liquidités, l’hypothèque inversée peut financer ces services sans vente, au prix d’un intérêt composé. À l’inverse, vendre pour s’installer en résidence privée change la nature du crédit, puisque le loyer d’une RPA est reconnu en proportion élevée; il faut alors regarder la procédure de vente d’une propriété, l’exemption pour la résidence principale et le budget d’un déménagement. Pour un condo, la gestion des charges et du fonds de prévoyance influence ce qui est inclus dans les charges reconnues.
Erreurs fréquentes
La première erreur, très répandue, est de croire que le crédit rembourse les travaux de la maison. Il ne vise que des services; la construction, la rénovation et la réparation sont exclues, et un propriétaire qui y inclut une facture de toiture s’expose à un refus.
La deuxième erreur est de payer les services sans facture détaillée. Le montant doit être raisonnable et indiqué par écrit, de façon spécifique, par le prestataire; un paiement comptant sans pièce justificative est difficile à défendre en cas de vérification.
La troisième erreur est d’attendre la déclaration de revenus pour tout réclamer. Les versements anticipés, à demander avant le 1er décembre, répartissent l’aide sur l’année et allègent le budget mensuel d’un aîné.
La quatrième erreur est de négliger de signaler un changement de situation. Un déménagement, un décès, une séparation ou un revenu qui monte modifient le calcul; des versements anticipés qui ne suivent plus la réalité peuvent obliger à rembourser.
La cinquième erreur est de présumer que le crédit s’applique dès 65 ans, ou pour des services rendus avant le 70e anniversaire. Seuls les services rendus à partir du 70e anniversaire comptent.
Foire aux questions
Un propriétaire de maison peut-il vraiment réclamer le crédit pour le déneigement?
Le déneigement et l’entretien du terrain sont généralement cités parmi les services domestiques admissibles pour un propriétaire, à condition que la dépense soit payée à un tiers, raisonnable et documentée. La liste officielle étant tenue à jour par Revenu Québec, il convient de la vérifier avant de réclamer un service précis.
À quel âge peut-on commencer à réclamer?
À 70 ans, et seulement pour les services rendus à partir du 70e anniversaire. La personne doit avoir au moins 70 ans au 31 décembre de l’année d’imposition.
Quel est le crédit maximal en 2026?
Avec un taux de 40 % et des dépenses plafonnées à 19 500 $, une personne seule autonome peut recevoir au plus 7 800 $ par année; le maximum monte à 10 200 $ pour une personne seule non autonome et à 20 400 $ pour un couple de personnes non autonomes. Ces maximums sont réduits quand le revenu familial dépasse le seuil applicable.
Le crédit se cumule-t-il avec le Programme d’adaptation de domicile?
Oui, en principe : le crédit de maintien à domicile rembourse des services, alors que le Programme d’adaptation de domicile et le crédit fédéral d’accessibilité visent des travaux d’adaptation. Les dépenses ne sont pas les mêmes, et une même facture ne peut pas être comptée deux fois.
Peut-on payer un membre de sa famille pour ces services?
Les règles de la Loi sur les impôts écartent notamment les services rendus par le conjoint ou une personne à charge dans certains contextes. Avant de payer un proche et de réclamer la dépense, il est prudent de confirmer l’admissibilité auprès de Revenu Québec ou d’un fiscaliste.
Les aînés en condo ou en logement locatif y ont-ils droit?
Oui. Pour un copropriétaire, certains services inclus dans les charges peuvent compter si le syndicat remet le formulaire prévu; pour un locataire d’un immeuble à logements, 5 % du loyer mensuel est reconnu comme service, pour un loyer entre 600 $ et 1 200 $ par mois.
Faut-il être non autonome pour toucher le crédit?
Non. Les aînés autonomes y ont droit; être reconnu non autonome relève simplement le plafond de dépenses, et exige une attestation écrite d’un médecin ou d’une infirmière praticienne spécialisée.
Peut-on recevoir l’argent pendant l’année plutôt qu’au moment de la déclaration?
Oui, par le mécanisme des versements anticipés, à demander au plus tard le 1er décembre de l’année d’imposition. Les versements sont ensuite faits sur une base mensuelle selon la nature de la dépense.
Sources officielles
- Revenu Québec – Crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés
- Revenu Québec – Maison : services de maintien à domicile admissibles
- Revenu Québec – Copropriété : services de maintien à domicile
- Université de Sherbrooke (CFFP) – Guide des mesures fiscales : crédit pour maintien à domicile des aînés
- Revenu Québec – Note d’interprétation 17-039607-001 (entretien ménager et crédit pour maintien à domicile)
Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue ni un avis fiscal, ni un avis juridique, ni un conseil financier personnalisé. Les taux, plafonds, seuils et listes de services admissibles du crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés sont révisés régulièrement par Revenu Québec; confirmez-les auprès de Revenu Québec ou d’un fiscaliste ou comptable avant de réclamer le crédit ou de prendre une décision sur votre propriété. Pour en savoir plus sur notre démarche éditoriale, consultez notre méthodologie.

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