Le prix affiché d’une maison ne représente qu’une fraction de ce qu’elle coûtera réellement sur la durée d’une vie de propriétaire. Posséder une propriété pendant 25 ans — la durée d’amortissement hypothécaire la plus courante — engendre une accumulation de coûts qui, additionnés, peuvent dépasser largement le prix d’achat initial. Au-delà du prix de la maison, le propriétaire assume : les intérêts hypothécaires cumulés (qui, sur 25 ans, peuvent représenter 40 à 80 % du montant emprunté selon les taux) ; les taxes municipales et scolaires (typiquement 3 000 à 6 000 $ par année, indexées dans le temps) ; l’assurance habitation (autour de 1 200 à 1 800 $ par année, en forte hausse ces dernières années) ; les coûts d’énergie et de chauffage (1 500 à 3 500 $ par année selon la propriété) ; l’entretien courant (la règle générale situe ce poste autour de 1 à 3 % de la valeur de la propriété par année) ; et les remplacements majeurs inévitables sur 25 ans — toiture, fenêtres, système de chauffage, revêtement extérieur — qui totalisent couramment 50 000 à 100 000 $. Pour une maison achetée 450 000 $, le coût total de possession sur 25 ans — incluant intérêts, taxes, assurance, énergie, entretien et remplacements — peut atteindre ou dépasser le double du prix d’achat. Comprendre ce coût total n’a rien de décourageant : la propriété reste, pour la majorité des ménages, une bonne décision financière et de vie, notamment parce que les paiements hypothécaires bâtissent une valeur nette et que la propriété s’apprécie généralement dans le temps. Mais ignorer le coût total mène à des budgets irréalistes, à des mauvaises surprises, et à un stress financier évitable. Ce guide décompose chaque catégorie de coût, propose un calcul illustratif sur 25 ans, et donne les repères pour budgéter de façon réaliste la possession d’une propriété au Québec.
Au moment d’acheter, l’attention se concentre sur deux chiffres : le prix de la maison et le paiement hypothécaire mensuel. C’est une vision tronquée. Une propriété est un actif qui génère des coûts continus pendant des décennies — certains prévisibles, d’autres ponctuels mais inévitables. Le propriétaire qui comprend le coût total de possession budgète mieux, évite les mauvaises surprises, et prend de meilleures décisions. Cet article propose cette vision complète.
Sommaire
- Les grandes catégories de coût
- Le coût d’acquisition
- Les intérêts hypothécaires cumulés
- Les taxes et l’assurance
- L’énergie et le chauffage
- L’entretien courant
- Les remplacements majeurs sur 25 ans
- Le calcul illustratif sur 25 ans
- Mettre le coût total en perspective
- Erreurs fréquentes
- FAQ
- Sources officielles
Les grandes catégories de coût
Le coût total de possession d’une propriété se répartit en trois grandes familles, qu’il faut distinguer pour bien budgéter.
La première famille regroupe les coûts d’acquisition : tout ce qu’il faut débourser pour devenir propriétaire — mise de fonds, frais de clôture, taxe de bienvenue. Ce sont des coûts ponctuels, concentrés au moment de l’achat.
La deuxième famille regroupe les coûts récurrents : les dépenses qui reviennent chaque année tant qu’on est propriétaire — paiements hypothécaires (capital et intérêts), taxes municipales et scolaires, assurance, énergie, entretien courant, et frais de copropriété le cas échéant. Ce sont les coûts les plus visibles, ceux qui structurent le budget mensuel.
La troisième famille regroupe les coûts de remplacement majeurs : les grosses dépenses ponctuelles mais inévitables sur la durée — refaire la toiture, remplacer les fenêtres, changer le système de chauffage. Ce sont les coûts les plus souvent oubliés, parce qu’ils n’arrivent qu’une fois tous les 15-30 ans — mais sur un horizon de 25 ans, ils sont quasi certains.
Une vision complète du coût de propriété intègre ces trois familles. Le piège classique est de ne budgéter que la deuxième (les coûts récurrents visibles) en oubliant la première (mal anticipée) et la troisième (reportée mentalement). Cet article-ci complète le guide sur le coût réel de la propriété au Québec en se concentrant sur la projection à long terme, sur 25 ans.
Le coût d’acquisition
Le coût d’acquisition est le premier bloc de dépenses, concentré au moment de devenir propriétaire.
La mise de fonds n’est pas un « coût » à proprement parler — c’est un transfert de votre épargne vers la valeur nette de la propriété, donc un actif que vous conservez. Mais c’est une sortie de liquidités importante : de 5 % (minimum pour les primo-acheteurs sous certains plafonds) à 20 % ou plus du prix. Pour une maison de 450 000 $, la mise de fonds varie de 22 500 $ à 90 000 $ et plus.
Les frais de clôture, eux, sont de vrais coûts — de l’argent dépensé qui ne se retrouve pas dans la valeur nette. Ils regroupent la taxe de bienvenue, les frais de notaire, l’inspection préachat, les ajustements de taxes, la première prime d’assurance, et divers frais. La règle prudente est de budgéter 3 à 4 % du prix d’achat. Le détail complet figure dans le guide sur les frais de clôture à l’achat au Québec.
Pour une maison de 450 000 $, les frais de clôture représentent typiquement 9 000 à 18 000 $ — une somme à prévoir en plus de la mise de fonds, et qui constitue un coût net dès la première journée de propriété.
Si la propriété nécessite des travaux ou achats immédiats (rénovations identifiées à l’inspection, électroménagers, ameublement, sécurité), ces dépenses s’ajoutent au coût d’entrée réel. Beaucoup de nouveaux propriétaires sous-estiment cette phase.
Les intérêts hypothécaires cumulés
Les intérêts hypothécaires constituent souvent le poste de coût le plus important sur la durée — et le plus sous-estimé, parce qu’ils se diluent dans les paiements mensuels.
Quand vous empruntez pour acheter une propriété, vous remboursez deux choses : le capital (le montant emprunté, qui bâtit votre valeur nette) et les intérêts (le coût du crédit, qui est une dépense pure). Sur un amortissement de 25 ans, les intérêts cumulés peuvent représenter une part substantielle du montant emprunté.
L’ampleur des intérêts cumulés dépend surtout du taux d’intérêt :
| Taux moyen sur l’amortissement | Intérêts cumulés (approximatif, prêt de 360 000 $, 25 ans) |
|---|---|
| 3 % | ~150 000 $ |
| 4,5 % | ~240 000 $ |
| 6 % | ~335 000 $ |
Ces chiffres sont des ordres de grandeur — le calcul exact dépend de l’évolution réelle des taux sur 25 ans, des renouvellements successifs, et des éventuels remboursements anticipés. Mais l’enseignement est clair : sur la durée, les intérêts peuvent ajouter l’équivalent de 40 à près de 100 % du montant emprunté. Une maison « payée 450 000 $ » peut avoir coûté, intérêts inclus, bien davantage.
Plusieurs leviers réduisent les intérêts cumulés : une mise de fonds plus élevée (on emprunte moins), un amortissement plus court (moins d’années d’intérêts), des remboursements anticipés (chaque dollar de capital remboursé d’avance économise tous les intérêts futurs sur ce dollar), et l’obtention du meilleur taux à chaque renouvellement. Le choix entre taux fixe ou variable et la stratégie de renouvellement hypothécaire influencent directement ce coût sur la durée.
Les taxes et l’assurance
Les taxes et l’assurance sont des coûts récurrents incontournables qui s’étalent sur toute la durée de possession.
Les taxes municipales et scolaires financent les services municipaux et le réseau scolaire. Leur montant dépend de la valeur de la propriété (évaluation municipale) et des taux fixés par la municipalité et le centre de services scolaire. Pour une propriété résidentielle au Québec, l’ordre de grandeur typique est de 3 000 à 6 000 $ par année, mais cela varie substantiellement selon la municipalité et la valeur.
Point important pour une projection sur 25 ans : les taxes augmentent dans le temps. L’évaluation municipale est révisée périodiquement (généralement aux trois ans) et tend à la hausse avec l’appréciation immobilière ; les taux peuvent aussi augmenter. Sur 25 ans, une facture de taxes qui débute à 4 000 $ peut, avec l’indexation, totaliser bien plus que 4 000 $ × 25 = 100 000 $ — possiblement 130 000 à 160 000 $ cumulés selon le rythme de hausse.
L’assurance habitation est exigée par tout prêteur hypothécaire et reste prudente même hypothèque payée. La prime annuelle se situe typiquement autour de 1 200 à 1 800 $ pour une propriété résidentielle standard, mais ce poste a connu des hausses marquées ces dernières années (les primes ont augmenté substantiellement à l’échelle du Québec). Sur 25 ans, avec l’inflation des primes, le coût cumulé de l’assurance peut atteindre 35 000 à 55 000 $. Le guide sur l’assurance habitation au Québec détaille les facteurs qui influencent la prime et les stratégies pour la maîtriser.
Pour une copropriété, il faut ajouter les frais de copropriété (charges communes), qui financent l’entretien des parties communes et le fonds de prévoyance. Ces frais, de quelques centaines de dollars par mois, s’additionnent eux aussi sur 25 ans pour représenter un coût substantiel — un point traité dans les ressources sur la copropriété.
L’énergie et le chauffage
Les coûts d’énergie — principalement le chauffage et l’électricité — constituent un poste récurrent dont l’ampleur varie beaucoup selon la propriété.
Au Québec, l’électricité est relativement abordable comparée à d’autres juridictions, ce qui modère ce poste. Pour une propriété résidentielle, le coût annuel d’énergie (chauffage, eau chaude, électricité générale) se situe typiquement entre 1 500 et 3 500 $ par année, selon plusieurs facteurs :
- La taille de la propriété : plus de surface à chauffer signifie un coût plus élevé
- La qualité de l’enveloppe : isolation, étanchéité, fenêtres — une maison bien isolée coûte beaucoup moins cher à chauffer
- Le système de chauffage : une thermopompe efficace coûte moins cher à l’usage qu’un système de chauffage électrique de base ou, surtout, qu’un système au mazout
- L’âge de la propriété : les constructions récentes respectent des normes d’efficacité plus strictes
Sur 25 ans, le coût cumulé d’énergie peut représenter 45 000 à 100 000 $ et plus, selon la propriété et l’évolution des tarifs. C’est un poste où les investissements en efficacité énergétique ont un effet de long terme : une rénovation écoénergétique (isolation, thermopompe, fenêtres performantes) réduit la facture chaque année pendant des décennies, ce qui peut justifier l’investissement initial — d’autant que des subventions existent pour plusieurs de ces travaux.
L’entretien courant
L’entretien courant est l’un des postes les plus sous-estimés du coût de possession — précisément parce qu’il est diffus, irrégulier, et facile à reporter mentalement.
La règle générale la plus citée situe l’entretien courant autour de 1 à 3 % de la valeur de la propriété par année. Pour une maison de 450 000 $, cela représente 4 500 à 13 500 $ par année — une fourchette large qui reflète la variabilité réelle.
Le pourcentage exact dépend de plusieurs facteurs :
- L’âge de la propriété : une maison plus ancienne demande généralement plus d’entretien
- L’état général : une propriété bien entretenue par les propriétaires précédents coûte moins cher à maintenir
- Le type de propriété : une maison unifamiliale avec terrain demande plus qu’un condo (où une partie de l’entretien est mutualisée via les frais de copropriété)
- La capacité du propriétaire à faire lui-même certains travaux
L’entretien courant couvre une multitude de petits postes : réparations diverses, calfeutrage, peinture, entretien de la plomberie et des systèmes, entretien du terrain et de l’aménagement, déneigement, ramonage, nettoyage des gouttières, petits remplacements. Pris individuellement, chaque poste semble modeste ; additionnés sur l’année et sur 25 ans, ils représentent une somme considérable.
La bonne pratique est de constituer une réserve d’entretien : mettre de côté chaque mois une somme dédiée à l’entretien et aux imprévus, plutôt que de subir les dépenses au fur et à mesure. Une réserve qui correspond à environ 1-2 % de la valeur de la propriété par année, accumulée régulièrement, lisse l’impact budgétaire et évite de devoir recourir au crédit pour des réparations.
Pour aller plus loin sur les coûts de propriété
- Le coût réel de la propriété au Québec : tous les frais
- Frais de clôture à l’achat d’une propriété au Québec
- Rénovations rentables au Québec : top des projets ROI
Les remplacements majeurs sur 25 ans
Les remplacements majeurs sont les coûts les plus oubliés dans la planification — et pourtant, sur un horizon de 25 ans, ils sont quasi certains. Les principaux composants d’une maison ont une durée de vie limitée, et plusieurs devront être remplacés au moins une fois sur 25 ans.
| Composant | Durée de vie typique | Coût de remplacement indicatif |
|---|---|---|
| Toiture (bardeaux d’asphalte) | 20-30 ans | 10 000 – 25 000 $+ |
| Fenêtres (ensemble) | 20-30 ans | 15 000 – 35 000 $ |
| Système de chauffage | 15-25 ans | 5 000 – 20 000 $ |
| Chauffe-eau | 10-15 ans | 1 000 – 3 000 $ (souvent 2 fois sur 25 ans) |
| Revêtement extérieur | 25-40 ans | 10 000 – 30 000 $ |
| Cuisine (rénovation) | 20-30 ans | 15 000 – 45 000 $ |
| Salle de bain (rénovation) | 20-30 ans | 10 000 – 25 000 $ |
| Drain français | 30-50 ans | 8 000 – 25 000 $ (possible sur 25 ans) |
Tous ces remplacements ne tomberont pas nécessairement dans une période de 25 ans, et leur calendrier dépend de l’âge et de l’état de la propriété au moment de l’achat. Mais réalistement, sur 25 ans, un propriétaire devra affronter plusieurs de ces gros postes. La réfection de toiture est quasi certaine sur cet horizon ; le système de chauffage le sera probablement aussi ; le chauffe-eau, presque certainement deux fois.
Au total, les remplacements majeurs sur 25 ans totalisent couramment 50 000 à 100 000 $, parfois davantage. C’est un bloc de coût considérable, que la réserve d’entretien mentionnée plus haut devrait aider à absorber — mais qui dépasse souvent ce qu’une réserve modeste couvre, d’où l’importance d’anticiper.
Une note positive : plusieurs de ces remplacements ne sont pas du « pur coût ». Une toiture neuve, des fenêtres performantes, une cuisine rénovée ajoutent de la valeur à la propriété et améliorent le confort. Le retour sur investissement des rénovations récupère une partie de ces dépenses à la revente. Mais sur le plan de la trésorerie, il faut être prêt à les financer le moment venu.
Le calcul illustratif sur 25 ans
Pour rendre le coût total concret, voici un calcul illustratif pour une maison-type achetée 450 000 $ au Québec, possédée 25 ans. Les chiffres sont des ordres de grandeur, destinés à donner une vision d’ensemble — la situation réelle de chacun varie.
| Poste de coût | Estimation cumulée sur 25 ans |
|---|---|
| Frais de clôture (coût net, à l’achat) | ~13 000 $ |
| Intérêts hypothécaires cumulés | ~200 000 – 280 000 $ |
| Taxes municipales et scolaires | ~120 000 – 150 000 $ |
| Assurance habitation | ~35 000 – 50 000 $ |
| Énergie et chauffage | ~55 000 – 90 000 $ |
| Entretien courant | ~110 000 – 200 000 $ |
| Remplacements majeurs | ~50 000 – 100 000 $ |
| Total des coûts (hors capital et mise de fonds) | ~580 000 – 880 000 $ |
Ce que révèle ce calcul : sur 25 ans, les coûts de possession d’une maison de 450 000 $ — sans même compter le remboursement du capital ni la mise de fonds — peuvent égaler ou dépasser le prix d’achat lui-même. Si l’on ajoute le remboursement du capital (le prix de la maison moins la mise de fonds), le débours total sur 25 ans est considérable.
Il faut toutefois lire ce tableau avec discernement. Une partie de ces « coûts » n’en sont pas vraiment, ou sont compensés : les remplacements majeurs ajoutent de la valeur à la propriété ; l’entretien préserve cette valeur ; et surtout, en face de tous ces coûts, le propriétaire bénéficie de l’usage de la propriété pendant 25 ans (qu’il aurait payé en loyer autrement) et de l’appréciation de la propriété. C’est l’objet de la mise en perspective qui suit.
Mettre le coût total en perspective
Découvrir l’ampleur du coût total de possession peut être déstabilisant. Il faut le remettre dans une juste perspective — ni minimiser, ni dramatiser.
D’abord, une grande partie de ces coûts existe aussi pour un locataire, indirectement. Un locataire ne paie pas de taxes, d’assurance habitation propriétaire, d’entretien majeur ni d’intérêts hypothécaires directement — mais son loyer, lui, intègre tous ces coûts que le propriétaire-bailleur répercute. Sur 25 ans, le loyer cumulé d’un logement équivalent (avec l’indexation des loyers) représente lui aussi une somme très importante. La comparaison pertinente n’est pas « coût de possession contre zéro », mais « coût de possession contre coût de location ». Ce sujet précis mérite son propre traitement comparatif.
Ensuite, le propriétaire bâtit une valeur nette. Chaque paiement hypothécaire rembourse une portion de capital — de l’argent qui se transforme en valeur nette, un actif. Après 25 ans d’amortissement, l’hypothèque est remboursée : le propriétaire possède une propriété libre de dette, là où le locataire continue de payer un loyer.
Enfin, la propriété s’apprécie généralement dans le temps. Historiquement, l’immobilier résidentiel québécois a connu une appréciation sur le long terme. Une maison achetée 450 000 $ peut valoir substantiellement plus 25 ans plus tard. Cette appréciation, combinée à la valeur nette bâtie, fait de la propriété un véhicule d’accumulation de patrimoine — même si elle n’est pas garantie et que les marchés peuvent connaître des baisses.
Le coût total de propriété n’est pas un argument contre l’achat — c’est un argument pour l’achat éclairé. Un acheteur qui connaît le vrai coût budgète une réserve d’entretien, anticipe les remplacements majeurs, choisit une propriété qu’il peut réellement assumer, et traverse les 25 ans sans crise financière. Celui qui l’ignore subit chaque dépense comme une mauvaise surprise.
La conclusion pratique : le coût total ne devrait pas décourager l’accession à la propriété, qui reste pour beaucoup une bonne décision. Mais il devrait informer la décision — choisir une propriété dont on peut assumer non seulement le paiement hypothécaire, mais l’ensemble du coût de possession ; budgéter une réserve ; et anticiper plutôt que subir.
Erreurs fréquentes
L’erreur fondamentale est de budgéter uniquement le paiement hypothécaire. Beaucoup d’acheteurs évaluent ce qu’ils peuvent se permettre en fonction du seul versement mensuel d’hypothèque, en oubliant que taxes, assurance, énergie et entretien s’y ajoutent. Le coût mensuel réel de possession est nettement supérieur au seul paiement hypothécaire.
L’oubli des remplacements majeurs. Reporter mentalement les gros postes (« la toiture, on verra ») mène à des crises de trésorerie quand le remplacement devient inévitable. Sur 25 ans, ces remplacements sont quasi certains et doivent être anticipés.
L’absence de réserve d’entretien. Subir les dépenses d’entretien et de réparation au fur et à mesure, sans réserve dédiée, expose à devoir recourir au crédit pour des dépenses prévisibles. Une réserve constituée régulièrement lisse l’impact.
La sous-estimation de l’inflation des coûts. Les taxes, l’assurance et l’énergie augmentent dans le temps. Budgéter sur la base des coûts actuels, sans tenir compte de leur hausse sur 25 ans, sous-estime le coût total.
L’achat à la limite de sa capacité. Acheter la propriété la plus chère que le prêteur accepte de financer ne laisse aucune marge pour les coûts de possession et les imprévus. Garder une marge entre la capacité maximale d’emprunt et la propriété choisie est prudent.
La négligence de l’efficacité énergétique à l’achat. Une propriété énergivore coûte plus cher à chauffer chaque année pendant des décennies. L’efficacité énergétique d’une propriété est un facteur de coût à long terme qui mérite attention au moment de l’achat.
L’oubli de l’inspection préachat ou son interprétation superficielle. L’inspection préachat donne des indications précieuses sur l’état des composants majeurs et donc sur les remplacements à anticiper. La négliger, c’est acheter à l’aveugle sur le plan des coûts futurs.
La comparaison incomplète avec la location. Conclure que « la propriété coûte cher » sans comparer au coût réel de la location sur la même période fausse l’analyse. La comparaison doit être complète des deux côtés.
FAQ
Combien coûte vraiment une maison sur 25 ans au Québec ?
Au-delà du prix d’achat, les coûts de possession sur 25 ans (intérêts, taxes, assurance, énergie, entretien, remplacements majeurs) peuvent égaler ou dépasser le prix d’achat lui-même. Pour une maison de 450 000 $, ces coûts cumulés peuvent atteindre 580 000 à 880 000 $ selon les taux, la propriété et son entretien. C’est un ordre de grandeur — la situation réelle varie.
Quel est le poste de coût le plus important ?
Généralement les intérêts hypothécaires cumulés, qui sur 25 ans peuvent représenter 40 à près de 100 % du montant emprunté selon les taux. L’entretien courant sur 25 ans est aussi un poste majeur, souvent sous-estimé. Les remplacements majeurs (toiture, fenêtres, chauffage) constituent un troisième bloc important.
Combien faut-il prévoir pour l’entretien d’une maison ?
La règle générale situe l’entretien courant autour de 1 à 3 % de la valeur de la propriété par année. Pour une maison de 450 000 $, cela représente 4 500 à 13 500 $ par année. Le pourcentage dépend de l’âge, de l’état et du type de propriété. Constituer une réserve d’entretien mensuelle est la bonne pratique.
Quels remplacements majeurs dois-je anticiper sur 25 ans ?
Sur 25 ans, plusieurs composants atteignent leur fin de vie : la toiture (quasi certaine), le système de chauffage (probable), le chauffe-eau (presque certainement deux fois), possiblement les fenêtres et le revêtement extérieur. Au total, ces remplacements totalisent couramment 50 000 à 100 000 $. L’inspection préachat aide à estimer leur calendrier selon l’état de la propriété.
Le coût total de propriété rend-il l’achat non rentable ?
Non. Le coût total est élevé, mais il faut le comparer au coût de la location sur la même période (un loyer cumulé sur 25 ans est aussi très important), et tenir compte de deux avantages de la propriété : la valeur nette bâtie par le remboursement du capital, et l’appréciation généralement observée de l’immobilier. La propriété reste pour beaucoup une bonne décision — à condition d’être éclairée.
Comment réduire le coût total de propriété ?
Plusieurs leviers : une mise de fonds plus élevée et des remboursements anticipés (moins d’intérêts), un bon taux à chaque renouvellement, une propriété écoénergétique (moins de coûts d’énergie), un entretien préventif rigoureux (évite des réparations majeures coûteuses), et le choix d’une propriété proportionnée à sa capacité réelle plutôt qu’à la limite du financement.
Faut-il inclure le coût total dans la décision d’achat ?
Absolument. Évaluer ce qu’on peut se permettre uniquement en fonction du paiement hypothécaire est l’erreur classique. La décision d’achat devrait tenir compte du coût mensuel réel de possession (hypothèque + taxes + assurance + énergie + provision d’entretien) et de la capacité à absorber les remplacements majeurs sur la durée.
Une copropriété coûte-t-elle moins cher qu’une maison sur 25 ans ?
Pas nécessairement. Une copropriété a des frais de copropriété mensuels qui financent l’entretien des parties communes et le fonds de prévoyance — une partie des coûts d’entretien est mutualisée plutôt qu’éliminée. Le coût total dépend du prix, des frais de copropriété, de l’état de l’immeuble et de la santé du fonds de prévoyance. Chaque cas doit être évalué individuellement.
Sources officielles
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)
- Coûts liés à l’achat d’une maison — Agence de la consommation en matière financière du Canada
- Achat d’une maison — Autorité des marchés financiers (AMF)
- Hydro-Québec — Clientèle résidentielle
- Habitation et territoire — Gouvernement du Québec
- Logement — Éducaloi
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les coûts, fourchettes et calculs présentés sont des ordres de grandeur destinés à illustrer la notion de coût total de propriété ; ils ne constituent pas une projection précise. Le coût réel de possession d’une propriété dépend de très nombreux facteurs propres à chaque situation : prix d’achat, taux d’intérêt et leur évolution, municipalité, type, âge et état de la propriété, habitudes d’entretien, et bien d’autres. Pour évaluer la capacité financière à assumer une propriété spécifique sur le long terme, consulter un planificateur financier ou un conseiller. Pour les projections de coûts liés au financement, un courtier hypothécaire peut fournir des calculs adaptés. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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2 réflexions au sujet de “Le coût total de propriété sur 25 ans au Québec : ce qu’une maison coûte vraiment”
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