L’arrondissement Les Rivières, au cœur géographique de la ville de Québec, cumule en 2026 deux des plus vastes chantiers résidentiels jamais annoncés dans la Capitale-Nationale : la transformation du centre commercial Fleur de Lys en quartier de 3 500 logements et plus (1,5 milliard de dollars), et un projet potentiel de 5 000 logements aux Galeries de la Capitale — pendant que la valeur foncière résidentielle de l’arrondissement affiche la deuxième plus forte hausse de toute la ville pour le rôle 2025-2027.
Formé en 2002 de trois quartiers aux profils très différents — Vanier, Neufchâtel-Est–Lebourgneuf et Duberger–Les Saules — Les Rivières est resté longtemps perçu comme un arrondissement de passage, traversé par le boulevard Wilfrid-Hamel et dominé par ses parcs industriels et commerciaux. Deux méga-projets de densification résidentielle, une hausse marquée du rôle d’évaluation foncière et l’absence du futur tramway sur son territoire redessinent aujourd’hui ce portrait. Voici un état des lieux du marché immobilier à Les Rivières en 2026, incluant les prix par segment, les grands projets en cours et ce qu’il faut savoir avant d’y acheter.
Sommaire
- Portrait de l’arrondissement Les Rivières
- Prix de l’immobilier à Les Rivières en 2026
- Fleur de Lys : la transformation d’un centre commercial en quartier
- Galeries de la Capitale : jusqu’à 5 000 logements en devenir
- Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : une hausse parmi les plus fortes de la ville
- Vanier : le quartier le plus défavorisé de Québec, en pleine mutation
- Transport : Métrobus, mais pas de tramway sur le territoire
- Neufchâtel-Est–Lebourgneuf et Duberger–Les Saules : deux profils distincts
- Croissance démographique et profil des résidents
- Investir dans un plex ou un immeuble à revenus à Les Rivières
- Acheter à Les Rivières : ce qu’il faut savoir avant de faire une offre
- Les Rivières face aux autres arrondissements de Québec
- Erreurs fréquentes à éviter
Portrait de l’arrondissement Les Rivières
Contrairement à Sainte-Foy ou à Sillery, dont le développement résidentiel s’est fait autour de grandes institutions (université, hôpitaux), Les Rivières s’est construit autour d’infrastructures de transport et de commerce : le boulevard Wilfrid-Hamel, l’autoroute Laurentienne, les voies ferrées du Canadien National et deux grands pôles commerciaux, Place Fleur de Lys et les Galeries de la Capitale. L’arrondissement doit son nom aux cours d’eau qui le traversent — la rivière Saint-Charles et ses tributaires Lorette et du Berger.
Avec une superficie de 48,61 km², Les Rivières occupe une position centrale sur le territoire de la ville, à mi-chemin entre le centre-ville historique et les banlieues nord. Il regroupe trois quartiers aux réalités socioéconomiques très éloignées les unes des autres : Vanier, historiquement ouvrier et aujourd’hui le quartier le plus défavorisé de la ville sur le plan matériel et social ; Neufchâtel-Est–Lebourgneuf, un secteur de développement plus récent porté par la construction de copropriétés le long du boulevard Robert-Bourassa ; et Duberger–Les Saules, à dominante résidentielle unifamiliale. Cette diversité interne, rare dans le cluster des marchés locaux couverts jusqu’ici, explique en bonne partie l’écart de prix entre les segments de propriété présenté plus bas.
- Vanier : quartier historiquement ouvrier, le plus locatif et le plus abordable de l’arrondissement, aujourd’hui au cœur des projets de densification.
- Neufchâtel-Est–Lebourgneuf : secteur de développement plus récent, dominé par les copropriétés le long du boulevard Robert-Bourassa.
- Duberger–Les Saules : quartier à dominante unifamiliale, construit pour l’essentiel entre les années 1960 et 1980.
Prix de l’immobilier à Les Rivières en 2026
Au deuxième trimestre 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale à Les Rivières atteint 500 000 $, une hausse de 7 % sur un an — pendant que le segment plex bondit de 21 % sur la période cumulative de quatre trimestres, la progression la plus forte des trois segments.
Ces chiffres proviennent des statistiques Centris propres au secteur « Québec (Les Rivières) », qui correspond au territoire de l’arrondissement et permet donc, contrairement à plusieurs villes de banlieue déjà couvertes dans ce cluster, d’isoler précisément le marché sans agrégation avec un secteur voisin.
| Segment | Prix médian (T2 2026) | Variation annuelle | Ventes (T2 2026) |
|---|---|---|---|
| Unifamiliale | 500 000 $ | +7 % | 115 |
| Copropriété (condo) | 345 950 $ | +6 % | 100 |
| Plex (2 à 5 logements) | 560 812 $ (cumulatif 4 trimestres) | +21 % | 20 (insuffisant pour un médian fiable au trimestre) |
Au total, 235 propriétés se sont vendues à Les Rivières au deuxième trimestre 2026 (+11 % sur un an), pour un volume de transactions de 113,6 millions de dollars (+24 %). Sur une base cumulative de douze mois, 778 ventes ont été enregistrées, pour un volume de 358,2 millions de dollars. Le nombre d’inscriptions actives a bondi de 40 % pour l’unifamiliale et de 29 % pour le condo sur un an, un relâchement de la pression qui n’a toutefois pas empêché les prix de continuer à progresser : le délai de vente moyen d’une unifamiliale reste très court, à 9 jours.
Point de rigueur : l’APCIQ juge le volume de transactions plex du trimestre (20 ventes) insuffisant pour publier un prix médian fiable sur trois mois seulement — c’est pourquoi le chiffre de 560 812 $ retenu ici est la donnée cumulative sur quatre trimestres plutôt qu’un chiffre trimestriel isolé, une limite explicitée plutôt que masquée, comme pour plusieurs villes déjà traitées dans ce cluster.
Fleur de Lys : la transformation d’un centre commercial en quartier
Le projet le plus visible de l’arrondissement se déploie sur le site de l’ancien centre commercial Place Fleur de Lys, à la limite est du quartier Vanier. Le promoteur Trudel Alliance y pilote un projet de 1,5 milliard de dollars baptisé « Fleur de Lys — le milieu de vos vies », qui prévoit à terme jusqu’à 3 500, voire 4 500 logements selon les phases retenues, de nouvelles rues, une place publique et un îlot de fraîcheur pour contrer les effets de chaleur d’un secteur historiquement dominé par l’asphalte des stationnements commerciaux.
- La première phase, un immeuble de 480 logements répartis sur des tours de 15, 13 et 12 étages, est déjà construite : les premiers occupants y ont emménagé au début de 2025.
- Une part importante des unités à venir est qualifiée de logement abordable, un enjeu central pour un quartier où la majorité des ménages sont locataires.
- Le promoteur évalue également un projet de près de 190 logements combinés à des bureaux et un hôtel international de 200 chambres, qui pourrait devenir la plus haute tour de la ville de Québec.
Pour un investisseur ou un futur propriétaire qui envisage l’achat d’un condo au Québec, Fleur de Lys représente un cas particulier : un volume d’unités neuves suffisamment important pour influencer à moyen terme les statistiques de prix du segment condo de tout l’arrondissement, un phénomène à surveiller dans les prochains relevés trimestriels de Centris.
Galeries de la Capitale : jusqu’à 5 000 logements en devenir
À quelques kilomètres de Fleur de Lys, un second chantier de densification est à l’étude sur le site des Galeries de la Capitale. La fermeture du magasin La Baie (Hudson’s Bay) et le départ de Sears en 2018 ont ouvert la porte à une densification résidentielle du site, propriété du fonds immobilier Primaris. Le promoteur québécois Immostar, propriété d’André Pelchat, a acquis en avril 2026 dix bâtiments commerciaux totalisant 307 900 pieds carrés (environ 1,2 million de pieds carrés en incluant les aires de stationnement) pour 62,3 millions de dollars, sur l’ancien emplacement de La Baie et de Sears.
Le plan directeur préliminaire évoque des bâtiments de 8 à 24 étages et un potentiel allant jusqu’à 5 000 logements réalisés en plusieurs phases, ce qui en ferait le plus vaste projet résidentiel jamais amorcé dans le secteur Les Rivières — devant même Fleur de Lys.
Le nombre exact de logements reste toutefois à confirmer : selon le promoteur lui-même, « l’ordre de grandeur est en constante évolution ». Le dépôt du plan directeur à la Ville de Québec était visé pour janvier 2026, avec un début de construction de la première phase envisagé pour 2027 ou 2028, sous réserve des autorisations municipales. Le projet inclurait, en plus du résidentiel, du logement social, une résidence pour aînés et un hôtel — une diversification d’usages qui rappelle la stratégie déployée à Fleur de Lys, à quelques rues de là.
Pour un lecteur qui suit le marché immobilier au Québec en 2026, la coexistence de deux projets de cette ampleur dans un même arrondissement de moins de 50 km² est rare : aucun autre secteur du cluster des marchés locaux couvert jusqu’ici sur immoboussole.com ne cumule deux chantiers résidentiels à cette échelle.
Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : une hausse parmi les plus fortes de la ville
Le nouveau rôle triennal d’évaluation foncière 2025-2026-2027, déposé par la Ville de Québec en septembre 2024 et entré en vigueur le 1er janvier 2025, reflète le marché immobilier tel qu’il se présentait au 1er juillet 2023. À l’échelle de l’agglomération de Québec, la valeur totale du parc immobilier atteint désormais 120 milliards de dollars, une progression de 23,5 % par rapport au rôle précédent.
Selon des données obtenues par Radio-Canada auprès de la Ville, la propriété unifamiliale moyenne à Les Rivières a vu sa valeur bondir de 30 % — la deuxième plus forte hausse parmi tous les arrondissements de la ville, derrière La Haute-Saint-Charles (32 %) et devant Beauport (28 %). Cette progression dépasse nettement la moyenne de l’agglomération.
- La Haute-Saint-Charles : +32 % (unifamiliale)
- Les Rivières : +30 % (unifamiliale)
- Beauport : +28 % (unifamiliale)
- Moyenne de l’agglomération de Québec : +23,5 % (valeur totale du parc immobilier, tous types confondus)
Une hausse du rôle d’évaluation n’entraîne pas mécaniquement une hausse équivalente de la facture de taxes municipales : la Ville ajuste chaque année son taux de taxation en fonction de la variation moyenne du rôle, un mécanisme déjà documenté dans plusieurs articles de ce cluster (voir l’évaluation municipale au Québec). Un propriétaire de Les Rivières qui juge sa nouvelle évaluation disproportionnée par rapport à celle de ses voisins dispose d’un recours ; la procédure est détaillée dans notre guide pour contester son évaluation municipale au Québec.
Vanier : le quartier le plus défavorisé de Québec, en pleine mutation
Le contraste entre l’ampleur des investissements privés annoncés et la réalité socioéconomique du quartier qui les accueille est l’un des angles les plus distinctifs du dossier Les Rivières. Selon les données de défavorisation matérielle et sociale compilées par le CIUSSS de la Capitale-Nationale, les secteurs de recensement de Vanier affichent un indice de défavorisation matérielle de 5 et un indice de défavorisation sociale de 4 — les niveaux les plus élevés de l’échelle régionale, très au-dessus de la moyenne métropolitaine.
Les trois quarts de la population de Vanier vivent en situation de défavorisation matérielle et sociale, selon les données de santé publique — un contexte que la transformation de Fleur de Lys promet de faire évoluer, tout en soulevant des craintes de gentrification chez plusieurs organismes communautaires du quartier.
Ce contraste explique pourquoi une part importante du projet Fleur de Lys est explicitement consacrée au logement abordable, et pourquoi des groupes communautaires du secteur réclament que la Ville n’en laisse pas la revitalisation entièrement entre les mains du privé — demandant notamment que 25 % des unités futures soient réservées au logement à but non lucratif. Pour un acheteur ou un investisseur, cette dynamique signifie que le profil du quartier — aujourd’hui parmi les plus abordables de l’arrondissement — pourrait évoluer plus rapidement que dans les quartiers voisins au cours des prochaines années, avec un effet à surveiller sur les prix comme sur le profil des futurs occupants.
Transport : Métrobus, mais pas de tramway sur le territoire
Contrairement à Montcalm, à Saint-Roch, à Sainte-Foy, à Sillery ou encore à Charlesbourg — tous situés sur le tracé confirmé en décembre 2024 du futur tramway de Québec, qui reliera Cap-Rouge à Charlesbourg via le centre-ville sur 29 stations —, l’arrondissement Les Rivières n’est traversé par aucune portion de ce tracé. Le réseau structurant, dont la mise en service est prévue pour 2033, dessert le centre-ville, Vieux-Limoilou et les secteurs qui l’entourent, mais laisse Vanier, Neufchâtel-Est–Lebourgneuf et Duberger–Les Saules hors de son emprise.
L’arrondissement demeure néanmoins desservi par le Réseau de transport de la Capitale (RTC), notamment par les parcours Métrobus 801 (Charlesbourg–Pointe-Sainte-Foy via le centre-ville) et 802 (Beauport–Belvédère), qui longent le boulevard Wilfrid-Hamel et desservent le Centre Vidéotron et le site d’ExpoCité. Un axe diagonal reliant le centre-ville au secteur Vanier–Lebourgneuf, susceptible de tirer parti de la densification en cours autour de Wilfrid-Hamel et de Fleur de Lys, a été évoqué dans les discussions publiques sur les phases futures du réseau structurant — sans qu’aucun tracé, financement ni échéancier n’ait été confirmé à ce jour.
- Aucune station de tramway prévue sur le territoire de l’arrondissement au tracé actuellement confirmé.
- Desserte Métrobus 801 et 802 le long de Wilfrid-Hamel, avec accès direct au Centre Vidéotron et à ExpoCité.
- Discussion, non financée, d’un futur axe de transport collectif structurant vers Vanier–Lebourgneuf.
- Accès autoroutier direct via l’autoroute Laurentienne et l’autoroute Félix-Leclerc, un atout pour les déplacements en véhicule vers l’ensemble de l’agglomération.
Neufchâtel-Est–Lebourgneuf et Duberger–Les Saules : deux profils distincts
À l’opposé du profil de Vanier, le secteur Neufchâtel-Est–Lebourgneuf s’est développé plus récemment autour du boulevard Robert-Bourassa, où la construction de copropriétés en hauteur a nettement accéléré depuis une dizaine d’années. C’est aussi dans ce secteur que se concentre une bonne partie du parc de bureaux et de sièges sociaux de l’arrondissement — Immostar, le promoteur derrière le projet des Galeries de la Capitale, y a notamment construit le siège social de l’assureur Promutuel.
Duberger–Les Saules, plus au sud-ouest, conserve un profil davantage résidentiel unifamilial, avec un parc de bungalows et de cottages construits pour l’essentiel entre les années 1960 et 1980. Ce quartier n’a pas connu la même vague de construction de copropriétés que Neufchâtel-Est–Lebourgneuf, ce qui en fait un secteur où le segment unifamilial reste proportionnellement plus présent que dans le reste de l’arrondissement.
- Neufchâtel-Est–Lebourgneuf : forte proportion de copropriétés récentes, pôle d’emploi tertiaire le long de Robert-Bourassa.
- Duberger–Les Saules : dominante unifamiliale, construction plus ancienne, quartier familial établi.
- Vanier : parc locatif dense, quartier le plus abordable de l’arrondissement, cœur des projets de densification.
Croissance démographique et profil des résidents
Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, l’arrondissement Les Rivières comptait 77 726 habitants, en hausse de 6 % par rapport à 2016 (73 075 habitants) — une croissance modérée, comparable à celle observée dans plusieurs arrondissements centraux de Québec, mais nettement inférieure aux taux à deux chiffres enregistrés dans certaines banlieues de l’Ouest-de-l’Île de Montréal traitées ailleurs dans ce cluster.
La densité de population atteint environ 1 517 habitants au kilomètre carré, l’une des plus élevées parmi les arrondissements de Québec en dehors du cœur historique, un reflet direct de la présence importante de copropriétés et d’immeubles locatifs à Vanier et à Neufchâtel-Est–Lebourgneuf. Le taux de chômage de l’arrondissement s’établissait à 7 % au recensement de 2021, une donnée influencée notamment par le profil socioéconomique de Vanier.
- Population (2021) : 77 726 habitants, en hausse de 6 % depuis 2016.
- Superficie : 48,61 km², densité d’environ 1 517 habitants/km².
- Taux de chômage (recensement 2021) : 7 %.
- Trois quartiers officiels : Vanier, Neufchâtel-Est–Lebourgneuf, Duberger–Les Saules.
Cette croissance démographique modérée mais réelle, combinée à l’arrivée potentielle de plusieurs milliers de nouveaux logements dans les dix à quinze prochaines années via Fleur de Lys et les Galeries de la Capitale, distingue Les Rivières des arrondissements plus âgés et à parc immobilier largement construit comme Sillery ou Montcalm.
Investir dans un plex ou un immeuble à revenus à Les Rivières
La progression de 21 % du prix médian des plex sur douze mois, nettement supérieure à celle de l’unifamiliale et du condo, traduit une demande locative soutenue dans un arrondissement où le taux de propriétaires occupants reste plus faible que dans les banlieues environnantes, en particulier à Vanier. Pour un investisseur qui envisage l’achat d’un duplex, triplex ou quadruplex au Québec, plusieurs éléments distinguent Les Rivières des autres marchés du cluster :
- Un parc de plex ancien, concentré surtout à Vanier et à Duberger, souvent accessible à un prix d’entrée inférieur à celui des arrondissements plus centraux comme Saint-Roch ou Limoilou.
- Une pression à la hausse sur les loyers dans un secteur où l’offre de logements abordables reste tendue, un facteur qui alimente en partie le débat sur la part de logement social exigée dans les nouveaux projets.
- Un risque de compression future de l’offre locative bon marché si la revitalisation de Vanier se traduit par une hausse rapide des valeurs foncières, un phénomène à surveiller dans les prochains rôles d’évaluation.
- Un volume de ventes plex encore limité (20 transactions au T2 2026), ce qui impose une prudence particulière dans l’évaluation comparative avant l’achat.
Avant de calculer la rentabilité potentielle d’un immeuble, il reste essentiel de passer par les mêmes étapes que pour tout marché local du Québec : voir notre méthode de calcul du rendement d’un plex au Québec et, pour un premier achat locatif, notre guide pour acheter son premier immeuble locatif au Québec.
Acheter à Les Rivières : ce qu’il faut savoir avant de faire une offre
L’écart de prix entre les trois quartiers de l’arrondissement est le premier élément à intégrer dans une stratégie d’achat : une unifamiliale à Duberger–Les Saules ou une copropriété récente à Neufchâtel-Est–Lebourgneuf ne se négocie pas dans la même fourchette qu’une propriété comparable à Vanier, où le parc immobilier est en moyenne plus ancien. Le choix du secteur doit donc précéder le choix de la propriété elle-même.
- Vérifier la proximité d’un chantier actif (Fleur de Lys, Galeries de la Capitale) : bruit, circulation de chantier et fermetures temporaires de rues sont à prévoir dans un rayon de plusieurs centaines de mètres pendant plusieurs années.
- Confirmer le zonage exact et les intentions de densification autour de sa propriété, en particulier près de Wilfrid-Hamel, où le zonage évolue rapidement.
- Comparer la nouvelle évaluation foncière 2025-2027 de la propriété visée avec celle de propriétés similaires du même secteur avant de faire une offre, la hausse de 30 % n’étant pas uniforme dans tout l’arrondissement.
- Pour un premier achat, vérifier son admissibilité aux programmes d’aide au premier acheteur au Québec, particulièrement pertinents pour une copropriété neuve dans un secteur comme Fleur de Lys.
- Prévoir les frais de la taxe de bienvenue dans le budget total, un poste souvent sous-estimé sur une propriété dont la valeur a bondi depuis le dernier rôle.
Le contexte de taux reste également déterminant : consulter les prévisions de taux hypothécaires au Québec en 2026 avant d’entamer des démarches de préapprobation permet d’ajuster le budget réel en fonction du segment visé, l’écart de prix entre l’unifamiliale (500 000 $) et le condo (345 950 $) pouvant orienter différemment la stratégie de mise de fonds selon le produit hypothécaire choisi.
Les Rivières face aux autres arrondissements de Québec
Là où La Haute-Saint-Charles affiche la plus forte hausse de rôle foncier de la ville (32 %) portée par une croissance démographique soutenue en périphérie, Les Rivières combine une hausse presque aussi forte (30 %) avec deux méga-projets de densification urbaine — un profil hybride, à mi-chemin entre la banlieue en expansion et le renouveau urbain central.
Contrairement à Limoilou, déjà largement transformé par la gentrification et desservi par le tramway, Les Rivières entame tout juste sa mutation, avec un décalage de plusieurs années entre l’annonce des grands projets et leur livraison complète. Contrairement à Charlesbourg, dont le développement reste majoritairement familial et unifamilial, la présence de trois quartiers aux profils aussi contrastés à l’intérieur d’un même arrondissement complique toute généralisation sur « le » marché de Les Rivières. Pour une vue d’ensemble du marché de la capitale, voir notre guide sur le marché immobilier à Québec : prix, quartiers et dynamique.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, très répandue chez les acheteurs qui découvrent l’arrondissement, est de traiter Les Rivières comme un marché homogène. Les écarts entre Vanier, Neufchâtel-Est–Lebourgneuf et Duberger–Les Saules sont trop importants pour comparer une propriété d’un quartier à une annonce d’un autre sans ajustement — une erreur qui fausse rapidement l’évaluation d’une offre d’achat.
La deuxième erreur consiste à sous-estimer l’horizon de livraison des grands projets. Ni Fleur de Lys ni les Galeries de la Capitale ne seront achevés à court terme : la première phase de Fleur de Lys a nécessité plusieurs années entre l’annonce et l’occupation, et le projet des Galeries de la Capitale n’en est encore, en 2026, qu’à l’étape des acquisitions foncières et du plan directeur préliminaire. Acheter en anticipant un effet de prix immédiat lié à ces projets comporte un risque réel de déception à court terme.
La troisième erreur est de négliger l’effet de la nouvelle évaluation foncière sur le budget de taxes. Une hausse de 30 % du rôle ne se traduit pas nécessairement par une hausse de taxes équivalente grâce à l’ajustement du taux de taxation municipal, mais elle influence tout de même la valeur de référence utilisée par plusieurs prêteurs hypothécaires et peut affecter la capacité d’emprunt calculée pour un refinancement futur.
La quatrième erreur, propre aux investisseurs, est de calquer le rendement locatif attendu sur les statistiques de prix globales de l’arrondissement sans distinguer les quartiers : un plex à Vanier et un plex à Duberger n’auront ni le même prix d’achat, ni le même profil de locataire, ni le même potentiel d’appréciation à moyen terme compte tenu des dynamiques de revitalisation en cours.
La cinquième erreur est d’ignorer l’absence de desserte en transport structurant lors de la comparaison avec d’autres arrondissements de Québec. Contrairement à un secteur déjà desservi par le tramway, la valeur ajoutée en transport collectif à Les Rivières repose aujourd’hui sur le réseau Métrobus existant, sans garantie qu’un projet de transport structurant additionnel voie le jour à moyen terme.
Questions fréquentes
Quel est le prix médian d’une maison à Les Rivières en 2026 ?
Au deuxième trimestre 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale dans le secteur Centris « Québec (Les Rivières) » s’établit à 500 000 $, en hausse de 7 % sur un an, selon les statistiques immobilières de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec.
Le projet Fleur de Lys et celui des Galeries de la Capitale sont-ils le même projet ?
Non, ce sont deux projets distincts portés par des promoteurs différents, situés à quelques kilomètres l’un de l’autre dans le même arrondissement. Fleur de Lys, piloté par Trudel Alliance, est déjà en construction avec une première phase occupée depuis 2025. Le projet des Galeries de la Capitale, piloté par Immostar en partenariat avec le propriétaire du centre commercial Primaris, n’en est encore qu’à l’étape de la planification et des acquisitions foncières.
Le tramway de Québec va-t-il desservir Les Rivières ?
Non, selon le tracé confirmé en décembre 2024, le tramway reliera Cap-Rouge à Charlesbourg en passant par le centre-ville, Sainte-Foy, Sillery, Montcalm, Saint-Roch et Vieux-Limoilou, sans traverser le territoire de l’arrondissement Les Rivières. Un axe de transport structurant additionnel vers le secteur Vanier–Lebourgneuf a été évoqué dans les discussions publiques, sans financement ni tracé confirmé à ce jour.
Pourquoi le rôle d’évaluation foncière a-t-il autant augmenté à Les Rivières ?
La hausse de 30 % pour la propriété unifamiliale reflète l’évolution du marché immobilier entre les deux rôles triennaux, avec des valeurs de référence datées du 1er juillet 2023. Elle s’inscrit dans une tendance à la hausse observée dans l’ensemble de l’agglomération de Québec (+23,5 % pour la valeur totale du parc immobilier), mais dépasse la moyenne en raison notamment de la pression sur le marché résidentiel du secteur.
Vanier est-il un bon quartier où investir dans un immeuble locatif ?
Vanier combine un parc de plex accessible et une demande locative soutenue, mais il s’agit aussi du quartier le plus défavorisé de la ville de Québec sur le plan socioéconomique, avec un contexte de revitalisation encore incertain. Un investisseur devrait évaluer avec soin le profil du bâtiment, la proximité des chantiers en cours et les tendances de loyer avant de considérer ce secteur, comme pour tout achat locatif, en consultant au besoin un professionnel spécialisé dans l’immobilier à revenus.
Quels quartiers composent l’arrondissement Les Rivières ?
L’arrondissement regroupe trois quartiers : Vanier, Neufchâtel-Est–Lebourgneuf et Duberger–Les Saules, chacun avec un parc immobilier et un profil démographique distincts, ce qui rend nécessaire une analyse par quartier plutôt qu’une lecture globale des statistiques de l’arrondissement.
Combien de logements le projet Fleur de Lys va-t-il ajouter au marché ?
Le projet prévoit à terme entre 3 500 et 4 500 logements selon les phases retenues, dont une première tranche de 480 logements déjà occupée depuis le début de 2025. Il s’agit d’un investissement total évalué à 1,5 milliard de dollars par le promoteur Trudel Alliance.
Sources officielles
- Ville de Québec — Rôles d’évaluation foncière 2025-2026-2027
- Radio-Canada — Nouveau rôle foncier : vers des hausses de valeur « records » à Québec
- CIUSSS de la Capitale-Nationale — Portrait de défavorisation du quartier Vanier
- Centris.ca — Statistiques immobilières, secteur Québec (Les Rivières)
- Centris.ca — Profil de la population, secteur Québec (Les Rivières)
- RTC — Tracé du réseau structurant de transport en commun de Québec
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les données de marché évoluent rapidement et les chiffres présentés reflètent la situation au moment de la publication. Pour toute décision d’achat, de vente ou d’investissement immobilier, consultez un courtier immobilier, un notaire ou un autre professionnel qualifié. Pour en savoir plus sur notre approche éditoriale, consultez notre page méthodologie.

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