Sept-Îles abrite à la fois le plus grand port minéralier d’Amérique du Nord (plus de 40 millions de tonnes manutentionnées en 2025, un record) et la plus grande aluminerie des Amériques, Aluminerie Alouette, dont les actionnaires sont prêts à investir un milliard de dollars. Pourtant, la population de la ville a reculé de 3,3 % entre 2016 et 2021 — un contraste rare dans ce cluster de marchés locaux, où le prix médian d’une maison unifamiliale a malgré tout bondi de 12 % en un an.
Sept-Îles occupe une place à part dans le paysage immobilier québécois : ville-centre de la Côte-Nord, elle combine un port industriel parmi les plus imposants du continent, une aluminerie géante, une communauté innue établie sur son propre territoire depuis des générations, et un marché résidentiel sous tension malgré un déclin démographique. Voici un état des lieux du marché immobilier à Sept-Îles en 2026, incluant les prix par segment, l’effet du nouveau rôle foncier, la crise du logement locatif et ce qu’il faut savoir avant d’y acheter ou d’y investir.
Sommaire
- Portrait de Sept-Îles, capitale industrielle et portuaire de la Côte-Nord
- Prix de l’immobilier à Sept-Îles en 2026
- Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : +32,6 % et des hausses très inégales selon le secteur
- Le plus grand port minéralier d’Amérique du Nord
- Aluminerie Alouette : la plus grande aluminerie des Amériques
- IOC et le minerai de fer : les vents contraires de 2025-2026
- Démographie : une population qui recule pendant que les prix grimpent
- Marché locatif : un taux d’inoccupation de 0,5 % et des loyers en hausse de 14,7 %
- La réponse à la crise : logements abordables et projets privés
- Accès et transport : Tshiuetin, l’aéroport et l’absence d’autoroute
- Investir dans un immeuble locatif à Sept-Îles
- Acheter à Sept-Îles : ce qu’il faut savoir avant de faire une offre
- Sept-Îles face aux autres marchés régionaux du cluster
- Erreurs fréquentes à éviter
Portrait de Sept-Îles, capitale industrielle et portuaire de la Côte-Nord
Située à plus de 600 km au nord-est de Québec par la route 138, Sept-Îles est la ville la plus populeuse de la Côte-Nord et le chef-lieu de la MRC de Sept-Rivières. Fondée autour d’une baie naturelle profonde qui lui donne son nom innu, Uashat (« la baie »), la ville s’est développée au XXe siècle autour de deux piliers industriels distincts : le transbordement du minerai de fer extrait au Labrador et, plus tard, la production d’aluminium primaire. Ce profil économique la distingue nettement de Saguenay, autre ville industrielle et portuaire déjà traitée dans ce cluster, dont l’économie repose sur un tissu manufacturier plus diversifié et une population presque quatre fois plus nombreuse.
Sept-Îles se distingue aussi par la présence, sur son propre territoire, de la communauté innue d’Uashat mak Mani-Utenam, dont les deux réserves — Uashat et Maliotenam — encadrent littéralement la ville à chacune de ses extrémités. Avec plus de 4 700 membres inscrits, il s’agit de l’une des plus importantes communautés innues du Québec, un aspect du territoire municipal sans équivalent direct ailleurs dans ce cluster de marchés locaux.
- Centre-ville et secteur du Vieux-Quai : cœur commercial et institutionnel, à proximité immédiate des installations portuaires.
- Quartiers résidentiels établis (Val-Marguerite, Ferland, Arnaud) : parc de bungalows et de plex construits en grande partie durant l’essor industriel des années 1950 à 1970.
- Secteurs périphériques (Gallix, Moisie) : caractère plus rural, en forte revalorisation foncière ces dernières années.
- Uashat et Maliotenam : réserves innues situées de part et d’autre du territoire municipal, régies par un cadre foncier distinct de celui de la ville.
Prix de l’immobilier à Sept-Îles en 2026
Au deuxième trimestre de 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale à Sept-Îles a atteint 320 000 $, en hausse de 12 % sur un an, appuyé par 69 transactions. L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) a d’ailleurs identifié Sept-Îles parmi les rares marchés urbains du Québec à afficher une progression de plus de 10 % ce trimestre.
Le volume global du marché résidentiel a lui aussi bondi : 72 ventes toutes catégories confondues au deuxième trimestre (+67 % sur un an), pour un volume transigé de 22,2 millions de dollars (+77 %), et 80 nouvelles inscriptions (+70 %). Le délai moyen avant la vente s’établit à 40 jours, avec seulement 63 inscriptions actives — un marché résolument favorable aux vendeurs, à l’opposé du rééquilibrage graduel observé dans l’ensemble du Québec au même trimestre.
| Segment | Prix médian (T2 2026) | Variation annuelle | Ventes (T2 2026) |
|---|---|---|---|
| Unifamiliale | 320 000 $ | +12 % | 69 |
| Copropriété (condo) | Donnée insuffisante | n/d | Volume trimestriel trop faible |
| Plex (2 à 5 logements) | Donnée insuffisante | n/d | Volume trimestriel trop faible |
Point de rigueur : comme pour plusieurs autres marchés régionaux déjà documentés dans ce cluster, les segments condo et plex ne disposent pas d’un nombre de transactions suffisant pour produire un prix médian fiable au sens des critères de l’APCIQ — une limite explicitée plutôt que masquée. Le cœur du marché unifamilial se situe généralement entre 220 000 $ et 400 000 $, une fourchette nettement sous les prix des banlieues montréalaises déjà traitées dans ce cluster, mais comparable à celle d’autres villes industrielles régionales comme Alma.
Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : +32,6 % et des hausses très inégales selon le secteur
Le rôle triennal d’évaluation foncière 2025-2026-2027 de la Ville de Sept-Îles affiche une hausse globale de 32,6 % de la valeur imposable de l’ensemble des bâtiments et terrains de la municipalité. La valeur d’une résidence moyenne est ainsi passée d’environ 226 000 $ à 297 000 $. Comme l’a expliqué la direction des finances de la Ville, une hausse de valeur ne se traduit toutefois pas par une hausse de taxes équivalente, puisque les taux de taxation sont ajustés en conséquence chaque année.
- Hausse moyenne à l’échelle de la ville : environ 4,5 % du compte de taxes pour une résidence moyenne, soit environ 139 $ de plus par année.
- Secteur de Gallix : hausse moyenne de 9,7 %, l’une des plus fortes du territoire.
- Secteur de Moisie : hausse moyenne de 9,8 %.
- Quartier Ferland : l’un des seuls secteurs à afficher une baisse moyenne du compte de taxes, de l’ordre de 1,8 %.
Cet écart marqué entre secteurs centraux et secteurs périphériques distingue Sept-Îles de plusieurs villes déjà traitées dans ce cluster, où la hausse du rôle foncier touchait plus uniformément l’ensemble du territoire. La Ville a adopté pour 2025 un budget de 95,5 millions de dollars, en hausse de 7,8 % par rapport à l’année précédente, en partie pour financer les infrastructures nécessaires à l’accueil de nouveaux logements dans les secteurs en expansion.
Le plus grand port minéralier d’Amérique du Nord
Le Port de Sept-Îles a manutentionné plus de 40 millions de tonnes de marchandises en 2025, un record historique, ce qui en fait le plus grand port minéralier d’Amérique du Nord et le deuxième port canadien en tonnage total, derrière Vancouver seulement.
Le port sert de plaque tournante à l’exportation du minerai de fer extrait dans la Fosse du Labrador, en plus de manutentionner de l’aluminium, du grain et divers autres produits. Sa position stratégique en eau profonde, accessible toute l’année, en fait une infrastructure d’importance nationale pour l’industrie minière canadienne — un statut logistique sans équivalent ailleurs dans ce cluster de marchés locaux, y compris à Rouyn-Noranda, ville minière de l’intérieur des terres sans accès portuaire.
Des discussions sont également en cours pour établir un nouveau pont commercial avec des ports asiatiques, ce qui pourrait ajouter plusieurs millions de tonnes supplémentaires de minerai de fer à l’activité portuaire dans les prochaines années. Cette activité soutenue alimente directement la demande de main-d’œuvre locale, un facteur qui pèse lourdement sur le marché résidentiel, comme on le verra plus loin.
Aluminerie Alouette : la plus grande aluminerie des Amériques
À l’ouest de la ville, Aluminerie Alouette exploite la plus grande aluminerie des Amériques, avec une capacité de production annuelle dépassant 630 000 tonnes d’aluminium primaire et environ 950 employés — le plus important employeur privé de Sept-Îles. En février 2025, les actionnaires de l’entreprise se sont dits prêts à investir jusqu’à un milliard de dollars dans des projets de modernisation et de décarbonation des installations, une annonce conditionnelle à la sécurisation d’un contrat d’approvisionnement électrique à long terme, l’entente actuelle avec Hydro-Québec venant à échéance en 2029.
Ce profil industriel rapproche Sept-Îles d’Alma, où Rio Tinto exploite également une aluminerie majeure — mais à une échelle nettement supérieure : Alouette produit à elle seule plus que l’ensemble des installations almatoises, et le projet d’un milliard de dollars n’a pas d’équivalent annoncé ailleurs dans ce cluster à ce jour. Point de rigueur : ce projet demeure conditionnel à l’approvisionnement électrique et n’a pas encore fait l’objet d’un échéancier de construction confirmé — il est présenté ici comme une intention annoncée plutôt que comme un chantier en cours.
- Capacité de production : plus de 630 000 tonnes d’aluminium primaire par année.
- Employés : environ 950 postes, ce qui en fait le plus important employeur privé de Sept-Îles.
- Investissement annoncé : jusqu’à un milliard de dollars, conditionnel à un nouveau contrat d’électricité.
- Échéance du contrat d’électricité actuel : 2029, un horizon qui structure le calendrier des décisions d’investissement à venir.
IOC et le minerai de fer : les vents contraires de 2025-2026
La Compagnie minière IOC (coentreprise de Rio Tinto à 58,7 %, Mitsubishi à 26,2 % et Labrador Iron Ore Royalty Corporation à 15,1 %) exploite la mine de fer de Carol Lake, au Labrador, reliée à ses installations portuaires et d’entreposage de Sept-Îles par un chemin de fer de 418 km. L’entreprise emploie plus de 2 900 personnes au total sur l’ensemble de ses opérations intégrées.
Contrairement à l’image d’un boom minier sans nuance, IOC traverse depuis le printemps 2025 une période de restructuration : la cible de production 2026 a été révisée à la baisse, de 21 millions de tonnes initialement visées à une fourchette de 15 à 18 millions de tonnes, en raison de problèmes de gestion des stériles ayant dégradé la productivité de la fosse. La direction a annoncé un gel de l’embauche pour les postes non critiques, un report de certains investissements et une révision budgétaire ligne par ligne, sans toutefois confirmer de mises à pied à Sept-Îles même.
Dans un mémo interne diffusé en mai 2025, la direction d’IOC affirmait ne pas être « en voie de réaliser le plan 2026 » et jugeait nécessaire une « correction structurelle immédiate » — un aveu rare de la part d’un des plus grands employeurs industriels de la Côte-Nord, qui tranche avec le ton habituellement rassurant des communiqués corporatifs.
Cette réalité contraste avec le dynamisme du port et le projet d’investissement d’Aluminerie Alouette, illustrant un portrait économique plus nuancé qu’un simple « boom minier » — une nuance essentielle avant d’évaluer la solidité à long terme du marché résidentiel local.
Démographie : une population qui recule pendant que les prix grimpent
Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, Sept-Îles comptait 24 569 habitants, en baisse de 3,3 % par rapport aux 25 400 habitants dénombrés en 2016. Ce recul démographique — dans un contexte de vieillissement de la population et d’un taux de chômage avoisinant 5 % — distingue nettement Sept-Îles de la quasi-totalité des autres marchés déjà traités dans ce cluster, où la croissance démographique, même modeste, accompagnait généralement la hausse des prix.
Sept-Îles illustre un cas rare dans ce cluster : une population en recul combinée à un marché immobilier en pleine surchauffe. La hausse des prix ne provient donc pas d’un afflux de nouveaux résidents, mais d’un parc de logements neufs quasi inexistant face à une main-d’œuvre industrielle et portuaire qui doit néanmoins se loger.
Ce découplage entre démographie et prix mérite d’être gardé à l’esprit par quiconque envisage d’investir dans l’immobilier locatif au Québec à Sept-Îles : la tension actuelle du marché repose sur une pénurie de logements neufs et sur la présence de travailleurs temporaires ou saisonniers liés aux grands chantiers industriels, plutôt que sur une croissance démographique structurelle durable.
Marché locatif : un taux d’inoccupation de 0,5 % et des loyers en hausse de 14,7 %
Le marché locatif de Sept-Îles figure parmi les plus tendus de tout le Québec. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation des logements locatifs s’établissait à seulement 0,5 % en octobre 2024, bien en deçà du seuil d’équilibre de 3 % généralement retenu par l’organisme. La SCHL n’a pas procédé à un dénombrement complet distinct pour octobre 2025, sa présidente notant que le parc de logements neufs prêts à l’habitation demeure si limité que le taux d’inoccupation ressemble vraisemblablement encore à celui de 2024 — une nuance méthodologique qu’il convient de signaler plutôt que de présenter un chiffre 2025 inventé.
- Loyer moyen, octobre 2024 : 802 $ par mois, toutes tailles de logement confondues.
- Loyer moyen, octobre 2025 : 920 $ par mois.
- Hausse sur un an : environ 14,7 %, l’une des plus fortes augmentations de loyer enregistrées au Québec cette année-là.
- Logements de trois chambres et plus : disponibilité résiduelle quasi nulle, un segment particulièrement recherché par les familles de travailleurs industriels.
Cette pénurie touche aussi la ville voisine de Baie-Comeau, où le marché locatif reste tendu, bien que dans une moindre mesure qu’à Sept-Îles selon les derniers relevés de la SCHL pour la Côte-Nord.
La réponse à la crise : logements abordables et projets privés
Face à cette pénurie, la Ville de Sept-Îles et ses partenaires ont multiplié les initiatives depuis 2024. Le chantier le plus important est celui de 121 logements abordables sur la rue Comeau, porté par l’Office municipal d’habitation en partenariat avec un organisme communautaire, avec un appui financier municipal de 10,5 millions de dollars ; la livraison est prévue entre l’été et l’automne 2026.
- 121 logements abordables (rue Comeau) : financement municipal de 10,5 M$, livraison visée en 2026.
- Trois projets résidentiels privés : huit immeubles à logements et six maisons, pour un total de 134 nouvelles unités, incluant quatre bâtiments de 24 logements chacun dans le secteur Place de l’Anse, boulevard Laure.
- Programme municipal d’aide financière à la construction locative : bonifié de 500 000 $ supplémentaires en 2026, après avoir permis la création de 45 nouveaux logements en 2025.
Malgré ces efforts, l’ampleur du rattrapage nécessaire reste considérable face à un taux d’inoccupation qui demeure très largement sous le seuil d’équilibre. Ces nouveaux projets représentent néanmoins un terrain d’opportunité pour quiconque envisage un premier immeuble locatif au Québec dans un marché où la demande locative dépasse largement l’offre disponible.
Accès et transport : Tshiuetin, l’aéroport et l’absence d’autoroute
Contrairement aux villes de banlieue montréalaise déjà traitées dans ce cluster, desservies par le REM, le métro ou un réseau autoroutier dense, Sept-Îles n’est reliée au reste du réseau routier québécois que par la route 138, une route nationale à deux voies, sans autoroute directe vers le sud de la province. L’aéroport de Sept-Îles constitue donc un lien essentiel, notamment pour les déplacements vers la Basse-Côte-Nord et les campements miniers de la Fosse du Labrador.
Sept-Îles est aussi le point de départ du train Tshiuetin, le premier chemin de fer d’Amérique du Nord détenu et exploité par des Premières Nations (les nations innue et naskapie). Ce train relie Sept-Îles à Schefferville sur plus de 500 km, transportant environ 15 000 passagers par année — le seul mode de transport de surface accessible aux communautés desservies, sans lien routier praticable toute l’année. Il s’agit d’une infrastructure de transport sans équivalent direct ailleurs dans ce cluster de marchés locaux.
Investir dans un immeuble locatif à Sept-Îles
Un taux d’inoccupation de 0,5 % et des loyers en forte hausse dessinent, sur papier, un contexte attrayant pour un investisseur locatif : la demande dépasse largement l’offre, et le risque de vacance prolongée est faible. Mais ce potentiel doit être mis en balance avec la dépendance de l’économie locale à un nombre restreint de grands employeurs industriels, comme le rappelle la restructuration en cours chez IOC.
- Avant d’acheter, faire le point sur sa mise de fonds pour un immeuble locatif au Québec, généralement plus élevée dans les marchés régionaux jugés à risque par les prêteurs.
- Calculer soigneusement le rendement d’un plex et vérifier son seuil de rentabilité en tenant compte des coûts d’entretien plus élevés qu’en milieu urbain (transport de matériaux, main-d’œuvre spécialisée limitée).
- Projeter un cashflow réaliste qui ne surestime pas la pérennité des loyers actuels advenant un ralentissement minier prolongé.
- Comparer les avantages respectifs d’un duplex, triplex ou quadruplex face à la demande locative concentrée sur les logements familiaux de trois chambres et plus.
- Documenter dès l’achat la fiscalité applicable aux revenus locatifs, notamment si une partie du parc immobilier visé est occupée par des travailleurs en hébergement temporaire.
Le segment plex ne dispose pas d’assez de transactions pour un prix médian Centris fiable à Sept-Îles, ce qui complique l’analyse comparative — un investisseur sérieux devra donc s’appuyer davantage sur une évaluation individuelle des immeubles ciblés que sur une moyenne de marché.
Acheter à Sept-Îles : ce qu’il faut savoir avant de faire une offre
Le marché résolument favorable aux vendeurs (délai moyen de 40 jours, à peine 63 inscriptions actives) exige une préparation rigoureuse avant de soumettre une offre. Faire appel à un courtier local qui connaît la structure de commission et les particularités du secteur reste fortement recommandé, tout comme prévoir le passage devant un notaire pour la signature de l’acte de vente.
- Prévoir une inspection préachat rigoureuse : le parc résidentiel de plusieurs quartiers date des années 1950 à 1970, et le climat nordique accentue l’usure des toitures et des fondations.
- Se prémunir contre un éventuel vice caché, particulièrement fréquent dans un parc immobilier vieillissant vendu rapidement dans un marché tendu.
- Vérifier le secteur exact d’évaluation foncière visé (Gallix, Moisie, Ferland ou centre-ville), étant donné l’écart marqué de hausse de taxes observé d’un secteur à l’autre.
- Éviter les erreurs classiques de l’acheteur, en particulier celle de négliger le facteur d’éloignement dans le calcul du coût réel de possession (transport de matériaux, disponibilité de la main-d’œuvre pour les rénovations).
Sept-Îles face aux autres marchés régionaux du cluster
Sept-Îles se distingue nettement des autres marchés régionaux déjà documentés dans ce cluster de marchés locaux, chacun reposant sur un moteur économique différent :
- Alma : aluminium également, mais population quasi stable et sans port en eau profonde de portée continentale.
- Rouyn-Noranda : industrie minière (or, cuivre) sans accès portuaire, à l’intérieur des terres de l’Abitibi.
- Shawinigan : héritage industriel (hydroélectricité, pâtes et papiers) et rôle foncier parmi les plus élevés du cluster, mais sans dynamique portuaire ni communauté autochtone sur son territoire municipal.
- Sorel-Tracy : industrie métallurgique et archipel fluvial, avec un mécanisme de lissage des taxes comparable à celui observé à Sept-Îles.
- Rivière-du-Loup : carrefour de services et employeur privé mondial (Premier Tech), mais population en légère croissance plutôt qu’en recul.
Aucun de ces marchés ne combine un port minéralier de portée nord-américaine, une aluminerie de premier plan mondial et une population en recul — une conjonction propre à Sept-Îles dans ce cluster.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, très répandue, est de confondre la vigueur du port et de l’aluminerie avec une croissance démographique généralisée. Sept-Îles affiche une hausse de prix marquée dans un contexte de recul de sa population résidente permanente — un moteur bien différent de la croissance organique observée dans la plupart des banlieues déjà traitées dans ce cluster.
La deuxième erreur est de calculer un rendement locatif optimiste sans tenir compte de la dépendance économique de la ville à un nombre restreint de grands employeurs. La restructuration en cours chez IOC rappelle qu’un marché locatif tendu aujourd’hui peut évoluer rapidement si l’emploi industriel se contracte.
La troisième erreur est de présumer que la hausse du rôle d’évaluation foncière touche également tous les quartiers. L’écart entre Gallix et Moisie (autour de 9,7-9,8 %) et le quartier Ferland (une baisse de 1,8 %) montre qu’il faut vérifier le secteur précis avant toute projection de coûts de possession.
La quatrième erreur, propre à un acheteur venu du sud de la province, est de sous-estimer les coûts liés à l’éloignement — transport de matériaux, disponibilité limitée d’entrepreneurs spécialisés, délais de livraison — qui peuvent alourdir sensiblement le budget d’une rénovation ou d’une construction neuve.
La cinquième erreur est d’assimiler Sept-Îles aux autres villes minières ou industrielles du cluster sans tenir compte de sa combinaison unique de port, d’aluminerie et de communauté innue établie sur le territoire municipal, qui influence à la fois la disponibilité des terrains et la dynamique sociale du marché du logement.
Questions fréquentes
Quel est le prix médian d’une maison à Sept-Îles en 2026 ?
Au deuxième trimestre de 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale à Sept-Îles s’établissait à 320 000 $, en hausse de 12 % sur un an, selon les statistiques immobilières de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (Centris).
Pourquoi les prix augmentent-ils autant à Sept-Îles alors que la population diminue ?
La hausse des prix découle principalement d’un parc de logements neufs très restreint face à une demande soutenue par les grands employeurs industriels et portuaires, plutôt que d’une croissance démographique. La population municipale a en fait reculé de 3,3 % entre les recensements de 2016 et 2021.
Le marché locatif est-il tendu à Sept-Îles ?
Oui, il figure parmi les plus tendus du Québec : le taux d’inoccupation des logements locatifs était de 0,5 % en octobre 2024 selon la SCHL, très en deçà du seuil d’équilibre de 3 %, et le loyer moyen a bondi d’environ 14,7 % entre octobre 2024 et octobre 2025.
Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 a-t-il fait grimper les taxes de la même façon partout à Sept-Îles ?
Non. La hausse moyenne du compte de taxes est d’environ 4,5 % à l’échelle de la ville, mais elle atteint près de 9,7 % à 9,8 % dans les secteurs de Gallix et de Moisie, alors que le quartier Ferland affiche plutôt une légère baisse d’environ 1,8 %.
Est-il risqué d’investir dans un immeuble locatif à Sept-Îles étant donné les compressions annoncées chez IOC ?
C’est un facteur de risque à considérer sérieusement. IOC a révisé à la baisse sa cible de production 2026 et amorcé un gel de l’embauche depuis 2025, ce qui pourrait, à terme, modérer la demande locative si la situation persistait, même si l’entreprise n’a pas confirmé de mises à pied à Sept-Îles à ce jour.
Comment se rend-on à Sept-Îles sans voiture ?
Sept-Îles est desservie par son propre aéroport régional, avec des liaisons vers la Basse-Côte-Nord et le Labrador, ainsi que par le train Tshiuetin, qui relie la ville à Schefferville. Aucune autoroute ni service ferroviaire de passagers ne relie toutefois directement Sept-Îles au réseau du sud de la province.
Le projet d’investissement d’un milliard de dollars d’Aluminerie Alouette est-il confirmé ?
Pas encore de façon définitive. Les actionnaires d’Alouette se sont dits prêts, en février 2025, à investir jusqu’à un milliard de dollars dans la modernisation et la décarbonation de leurs installations, mais ce projet demeure conditionnel à la sécurisation d’un nouveau contrat d’approvisionnement électrique à long terme avant l’échéance de l’entente actuelle en 2029.
Sources officielles
- Statistique Canada — Profil du recensement 2021, Sept-Îles, Ville
- Centris.ca — Statistiques immobilières, Sept-Îles (Côte-Nord)
- Ville de Sept-Îles — Évaluation foncière et compte de taxes municipales
- Port de Sept-Îles — Le plus grand port minéralier d’Amérique du Nord
- Radio-Canada — Les loyers toujours en hausse sur la Côte-Nord (données SCHL)
- Radio-Canada — Rio Tinto IOC en eaux troubles : restructuration à Sept-Îles
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