Marché immobilier à Shawinigan : prix, rôle foncier et projet Pro-B

Le nouveau rôle d’évaluation foncière 2025-2027 de Shawinigan affiche une hausse moyenne de 64,18 % pour la propriété unifamiliale — une valeur moyenne passant de 163 239 $ à 268 024 $ —, la progression la plus spectaculaire enregistrée à ce jour dans l’ensemble du cluster des marchés locaux d’immoboussole.com, pourtant suivie d’une hausse du compte de taxes limitée à seulement 3,6 % en 2026.

Longtemps identifiée à son passé industriel — berceau de l’hydroélectricité nord-américaine au tournant du XXe siècle, puis ville marquée par la fermeture de son aluminerie en 2013 —, Shawinigan traverse en 2026 une phase de transition rarement documentée dans ce cluster : un marché immobilier parmi les plus abordables du Québec, un rôle d’évaluation foncière qui explose, un taux d’inoccupation locatif qui s’est resserré de façon spectaculaire depuis dix ans, et un projet de plus d’un milliard de dollars — centre de données et 200 logements — sur l’ancien site de la papetière Laurentide, dans le secteur Grand-Mère. Voici un état des lieux du marché immobilier à Shawinigan en 2026, incluant les prix par segment, l’effet du nouveau rôle foncier et ce qu’il faut savoir avant d’y acheter.

Sommaire

Portrait de Shawinigan, ville-centre de la Mauricie

Située à environ 42 km au nord de Trois-Rivières par l’autoroute 55, Shawinigan est aujourd’hui la ville-centre de la Mauricie après Trois-Rivières, dont le marché a déjà été traité dans notre guide du marché immobilier de Trois-Rivières. Contrairement à cette dernière, dont l’économie s’articule davantage autour des services et de l’administration régionale, Shawinigan reste profondément marquée par son histoire industrielle : c’est ici, en 1901, que la Shawinigan Water and Power Company a mis en service l’une des premières grandes centrales hydroélectriques d’Amérique du Nord, alimentant Montréal via l’une des plus longues lignes de transport à haute tension de l’époque (135 km).

La ville actuelle résulte de la fusion, le 1er janvier 2002, de sept municipalités — Shawinigan, Grand-Mère, Shawinigan-Sud, Lac-à-la-Tortue, Saint-Georges-de-Champlain, Saint-Gérard-des-Laurentides et Saint-Jean-des-Piles —, dont les noms subsistent aujourd’hui comme secteurs officiels du territoire municipal. Ce découpage en sept secteurs, plus étendu que la plupart des municipalités déjà couvertes dans ce cluster, se traduit par un territoire de près de 800 km² pour une population concentrée dans quelques noyaux urbains bien distincts.

  • Secteur Shawinigan : le cœur institutionnel et commercial de la ville, où se concentre l’essentiel du parc de plex.
  • Secteur Grand-Mère : ancien pôle papetier autonome jusqu’en 2002, aujourd’hui site du projet Pro-B.
  • Secteur Shawinigan-Sud : secteur résidentiel unifamilial établi, de l’autre côté de la rivière Saint-Maurice.
  • Lac-à-la-Tortue, Saint-Georges, Saint-Gérard-des-Laurentides, Saint-Jean-des-Piles : secteurs périphériques à caractère plus rural ou villégiature.

Prix de l’immobilier à Shawinigan en 2026

Au deuxième trimestre 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale à Shawinigan s’établit à 318 000 $, en hausse de 13 % sur un an — l’un des prix médians les plus bas de tout le cluster des marchés locaux couverts jusqu’ici sur immoboussole.com, très loin des 500 000 $ et plus observés dans plusieurs banlieues de la région métropolitaine de Montréal déjà traitées.

Ces chiffres proviennent des statistiques Centris propres à la ville de Shawinigan, dans la région administrative de la Mauricie. Le segment plex progresse à un rythme comparable à celui de l’unifamiliale, tandis que le segment condo demeure marginal, avec un volume de transactions trop faible pour produire une statistique fiable.

Segment Prix médian (T2 2026) Variation annuelle Ventes (T2 2026)
Unifamiliale 318 000 $ +13 % 117
Copropriété (condo) Donnée insuffisante n/d 3 (volume trop faible)
Plex (2 à 5 logements) 319 160 $ +13 % 32

Au total, 152 propriétés résidentielles se sont vendues à Shawinigan au deuxième trimestre 2026 (-12 % sur un an), pour un volume de transactions de 55,1 millions de dollars. Sur une base cumulative de douze mois, 613 ventes ont été enregistrées pour un volume de 201,3 millions de dollars (+13 %). Les nouvelles inscriptions ont bondi de 28 % sur un an au trimestre, un assouplissement de l’offre qui contraste avec le délai de vente moyen d’une unifamiliale, resté très court à 25 jours.

Point de rigueur : avec seulement 3 ventes de copropriétés au T2 2026, l’APCIQ ne publie aucun prix médian fiable pour ce segment à Shawinigan — une limite explicitée ici plutôt que masquée, comme pour plusieurs villes déjà traitées dans ce cluster. Le marché de la copropriété reste, dans les faits, marginal à Shawinigan, où 56 % du parc résidentiel est constitué de maisons unifamiliales et où les immeubles de cinq étages et plus sont pratiquement absents.

Le rôle d’évaluation foncière 2025-2027 : la plus forte hausse du cluster

Le nouveau rôle triennal d’évaluation foncière 2025-2026-2027, déposé au bureau de la publicité des droits en octobre 2024 et entré en vigueur le 1er janvier 2025, reflète le marché tel qu’il se présentait au 1er juillet 2023. Établi par la firme Servitech, ce rôle affiche des hausses qui dépassent largement tout ce qui a été documenté jusqu’ici dans ce cluster de marchés locaux.

  • Résidence unifamiliale moyenne : de 163 239 $ à 268 024 $, soit +64,18 %.
  • Terrains vagues : +74,3 %.
  • Catégorie agricole et forestière : +75,0 %.
  • Immeubles commerciaux et à bureaux : +22,4 %.
  • Industrie manufacturière : +32,8 %.
  • Valeur totale du rôle (immeubles imposables) : 6,2 milliards de dollars, +52,9 %.

En comptant les immeubles non imposables (838 millions de dollars, +36,8 %), la valeur totale du parc immobilier de Shawinigan atteint désormais 7,04 milliards de dollars, une hausse de 50,8 % par rapport au rôle précédent. Les avis d’évaluation ont été postés en janvier 2025, avec une date limite de demande de révision fixée au 30 avril 2025. Pour un propriétaire qui juge sa nouvelle évaluation disproportionnée par rapport à celle de ses voisins, la procédure est détaillée dans notre guide pour contester son évaluation municipale au Québec ; pour comprendre le mécanisme général, voir l’évaluation municipale au Québec : comprendre son rôle réel.

Le compte de taxes 2026 : une facture qui ne suit pas le bond du rôle

Malgré une hausse de 64,18 % de la valeur moyenne des résidences unifamiliales, le compte de taxes résidentiel moyen à Shawinigan n’a augmenté que de 3,6 % en 2026 — passant à 3 550 $, soit 104 $ de plus qu’en 2025 pour une résidence évaluée à 268 000 $ —, grâce à un ajustement à la baisse du taux de taxation résidentiel, désormais fixé à 0,9823 $ par 100 $ d’évaluation.

Ce mécanisme d’ajustement, déjà documenté pour plusieurs villes de ce cluster (Châteauguay, Saint-Eustache), illustre bien qu’une hausse spectaculaire du rôle d’évaluation ne se traduit jamais automatiquement par une hausse équivalente de la facture municipale : la Ville module son taux en fonction de la variation moyenne du rôle. Le budget municipal 2026, adopté en décembre 2025, s’élève à 143,4 millions de dollars, un exercice qualifié de « difficile » par l’administration en raison d’une baisse de la péréquation (480 000 $), d’une hausse des coûts liés à la Sûreté du Québec (366 000 $) et d’un recul des revenus de taxation industrielle (470 000 $). Une réduction du coût de collecte des matières résiduelles a néanmoins limité la facture de 9 $ pour le contribuable moyen.

Pour un acheteur qui compare Shawinigan à d’autres marchés du cluster, ce contraste entre l’ampleur du bond d’évaluation et la modération relative de la facture de taxes est l’un des éléments les plus contre-intuitifs du dossier : une résidence dont la valeur a explosé de près des deux tiers depuis le dernier rôle ne coûte, à ce jour, que quelques dizaines de dollars de plus par année en taxes municipales.

Le projet Pro-B : un centre de données et 200 logements sur l’ancien site Laurentide

Le chantier le plus structurant annoncé à Shawinigan en 2026 ne se trouve pas dans le secteur Shawinigan lui-même, mais à Grand-Mère, sur le site de l’ancienne usine de pâtes et papiers Laurentide. L’entreprise Pro-B y pilote un projet évalué à environ 1 milliard de dollars, combinant un centre de données de 250 millions de dollars et un volet immobilier de 200 logements, un hôtel de 80 chambres, un spa, une place publique et des commerces.

  • Pro-B a déjà investi 30 millions de dollars en préparation de terrain et en décontamination du site.
  • Le projet est conditionnel à l’attribution, par le gouvernement du Québec, d’un bloc d’énergie de 100 mégawatts pour le centre de données.
  • L’entreprise prévoit conserver et intégrer certains bâtiments patrimoniaux de l’ancienne papetière plutôt que de les démolir intégralement.
  • Jusqu’à 500 emplois directs et indirects sont évoqués une fois le site pleinement développé.

La logique du projet repose sur une synergie énergétique entre le centre de données et la composante résidentielle, une approche encore rare au Québec pour ce type de reconversion industrielle. Aucun échéancier de construction précis n’a toutefois été confirmé à ce jour : le projet demeure conditionnel à l’attribution du bloc d’énergie, un enjeu commun à plusieurs projets de centres de données annoncés ailleurs au Québec depuis 2025. Pour un investisseur qui suit le marché immobilier au Québec en 2026, ce projet illustre une tendance émergente : la reconversion de friches industrielles patrimoniales en pôles mixtes logement-technologie, plutôt qu’en simples projets résidentiels.

Marché locatif : un taux d’inoccupation qui s’est resserré, puis relâché légèrement

Le marché locatif shawiniganais a connu l’une des transformations les plus marquées de ce cluster au cours de la dernière décennie. Alors que le taux d’inoccupation des logements locatifs s’établissait à 10,7 % en octobre 2015 — un marché alors nettement favorable aux locataires —, il s’est effondré à seulement 0,7 % en 2022 et en 2023, avant de remonter légèrement à 1,5 % en 2025, un niveau qui demeure très en deçà du seuil d’équilibre généralement fixé à 3 %.

Cette tension locative a coïncidé avec une accélération marquée de la construction résidentielle : la Ville de Shawinigan a délivré 2 671 permis de construction en 2025, pour une valeur totale de 223,5 millions de dollars, contre seulement 779 permis (121,8 millions de dollars) en 2024 — dont 466 nouvelles unités d’habitation issues des seuls permis résidentiels.

Cette relance de la construction, combinée à la légère remontée du taux d’inoccupation, suggère un marché locatif encore tendu mais en voie de rééquilibrage progressif. Pour un propriétaire qui envisage l’achat d’un immeuble à revenus, cette évolution mérite un suivi attentif dans les prochains relevés, la disponibilité de logements locatifs influençant directement le rythme de hausse des loyers et, à terme, le rendement net d’un plex.

Cité de l’énergie et patrimoine hydroélectrique : l’identité économique de Shawinigan

Shawinigan doit son existence à l’hydroélectricité : fondée autour des chutes du même nom sur la rivière Saint-Maurice, la ville a accueilli dès 1901 l’une des toutes premières grandes centrales hydroélectriques d’Amérique du Nord, exploitée par la Shawinigan Water and Power Company, dont l’électricité alimentait Montréal via une ligne de transport jugée exceptionnellement longue pour l’époque. Ce passé industriel est aujourd’hui mis en valeur par le musée de la Cité de l’énergie, aménagé sur le site d’anciennes installations hydroélectriques et devenu l’une des principales attractions touristiques de la Mauricie.

Cette identité industrielle a toutefois un revers bien documenté : la fermeture, en novembre 2013, de l’aluminerie Rio Tinto Alcan — devancée par rapport à l’échéancier initial prévu pour la fin de 2014, en raison de la vétusté des cuves Söderberg et d’un marché mondial de l’aluminium difficile — a marqué un point tournant dans le déclin économique et démographique de la ville. Le contraste entre cette fermeture industrielle historique et le projet Pro-B, qui reconvertit une autre friche industrielle (la papetière Laurentide) en pôle technologique et résidentiel, illustre la trajectoire particulière de Shawinigan dans ce cluster : une ville qui cherche activement à réinventer son passé industriel plutôt qu’à simplement absorber une croissance démographique de banlieue.

Démographie : une population stabilisée après des décennies de recul

Selon le recensement de 2021 de Statistique Canada, la ville de Shawinigan comptait 49 620 habitants, une quasi-stabilité (+1 %) par rapport à 2016. Cette stabilisation récente contraste avec le recul persistant observé au cours des décennies précédentes, alors que la population de la ville avait diminué de façon quasi continue depuis son sommet des années 1960, sous l’effet du déclin de l’industrie lourde puis de la fermeture de l’aluminerie en 2013.

  • Population (2021) : 49 620 habitants, +1 % depuis 2016.
  • Densité de population : environ 68 habitants au kilomètre carré, l’une des plus faibles du cluster compte tenu de l’étendue du territoire fusionné (près de 800 km²).
  • Taux de chômage (recensement 2021) : 8 %, supérieur à la moyenne provinciale.
  • Logements privés occupés (2021) : 25 060, en hausse de 2,7 % depuis 2016.

Ce profil démographique — population stable plutôt qu’en forte croissance, taux de chômage supérieur à la moyenne, parc immobilier vieillissant mais encore largement accessible — distingue nettement Shawinigan des banlieues montréalaises et des arrondissements de Québec déjà couverts dans ce cluster, où la croissance démographique et la pression sur les prix vont généralement de pair. Ici, c’est plutôt la rareté locative et le rôle d’évaluation qui exercent la pression, dans un contexte de population stable.

Grand-Mère, Shawinigan-Sud et les autres secteurs fusionnés : des profils distincts

Comme pour plusieurs arrondissements de Québec déjà traités dans ce cluster (voir notamment Les Rivières), le territoire de Shawinigan regroupe des secteurs aux réalités très différentes, héritage direct de la fusion de 2002. Le secteur Grand-Mère, longtemps ville papetière autonome et aujourd’hui site du projet Pro-B, conserve un centre-ville patrimonial distinct, avec plusieurs bâtiments industriels et résidentiels anciens qui pourraient bénéficier d’un effet d’entraînement si la reconversion du site Laurentide se concrétise pleinement.

  • Secteur Shawinigan : cœur commercial et institutionnel, plus forte concentration de plex.
  • Secteur Grand-Mère : centre-ville patrimonial distinct, site du projet Pro-B, parc résidentiel plus ancien.
  • Secteur Shawinigan-Sud : dominante unifamiliale, développement plus récent que le noyau historique.
  • Secteurs périphériques (Lac-à-la-Tortue, Saint-Georges, Saint-Gérard-des-Laurentides, Saint-Jean-des-Piles) : caractère plus rural, souvent recherchés pour les résidences en bordure de plans d’eau.

Cette diversité interne signifie qu’une propriété comparable peut se négocier dans des fourchettes assez différentes d’un secteur à l’autre, un élément que Centris n’isole pas dans ses statistiques municipales globales, celles-ci étant compilées à l’échelle de l’ensemble de la ville fusionnée plutôt que par ancien secteur.

Transport et accès : un train régional, mais aucune desserte de banlieue

Contrairement à plusieurs villes de l’Ouest-de-l’Île de Montréal déjà couvertes dans ce cluster (Kirkland, Pointe-Claire, Pierrefonds-Roxboro), desservies par le REM ou par le réseau de trains de banlieue exo, Shawinigan ne bénéficie d’aucune desserte ferroviaire de type banlieue. La gare de Shawinigan est néanmoins desservie par VIA Rail, sur les trajets régionaux Montréal–Jonquière et Montréal–Senneterre, à raison d’environ trois allers-retours par semaine et d’un trajet d’environ 2 h 48 vers Montréal — un service à vocation régionale et touristique, sans commune mesure avec une desserte pendulaire quotidienne.

  • Gare VIA Rail active, mais fréquence limitée (environ 3 allers-retours par semaine).
  • Accès routier principal via l’autoroute 55, qui relie Trois-Rivières au nord de la Mauricie et au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
  • Aucun projet de train de banlieue ou de service ferroviaire à fréquence accrue vers Montréal ou Trois-Rivières n’est actuellement à l’étude.
  • Réseau de transport en commun local (Réseau de transport en commun de Shawinigan) desservant les principaux secteurs de la ville fusionnée.

Investir dans un plex à Shawinigan : le prix d’entrée le plus bas du cluster

Avec un prix médian de 319 160 $, le segment plex de Shawinigan affiche l’un des prix d’entrée les plus bas de tout le cluster des marchés locaux couverts jusqu’ici sur immoboussole.com — loin des 900 000 $ et plus observés dans certains segments plex de l’île de Montréal. Combiné à un taux d’inoccupation locatif historiquement bas (0,7 % en 2022-2023, remonté à 1,5 % en 2025), ce prix d’entrée attire un profil d’investisseur différent de celui des banlieues montréalaises : recherche de cashflow plutôt que de plus-value rapide.

  • Prix d’achat nettement inférieur à celui des marchés de la région métropolitaine de Montréal déjà traités dans ce cluster.
  • Taux d’inoccupation historiquement bas, un facteur généralement favorable au maintien des loyers, bien qu’en voie de rééquilibrage.
  • Parc de plex vieillissant, en particulier dans les secteurs Shawinigan et Grand-Mère, ce qui implique un budget de rénovation à prévoir dans le calcul de rentabilité.
  • Volume de ventes plus limité qu’en région métropolitaine (32 transactions au trimestre), ce qui impose une prudence particulière dans l’évaluation comparative.

Avant de calculer la rentabilité potentielle d’un immeuble à Shawinigan, les mêmes étapes que pour tout marché local du Québec s’appliquent : voir notre méthode de calcul du rendement d’un plex au Québec, notre guide sur le seuil de rentabilité d’un plex au Québec et, pour un premier achat locatif, notre guide pour acheter son premier immeuble locatif au Québec. Le choix entre un duplex, un triplex ou un quadruplex mérite aussi réflexion : voir duplex, triplex ou quadruplex au Québec : quel plex choisir.

Acheter à Shawinigan : ce qu’il faut savoir avant de faire une offre

L’écart de prix entre Shawinigan et les marchés de la région métropolitaine de Montréal déjà couverts dans ce cluster est le premier élément à intégrer dans une stratégie d’achat, mais il ne doit pas faire oublier les particularités locales : parc immobilier plus âgé en moyenne, secteurs aux profils très distincts issus de la fusion de 2002, et un rôle d’évaluation foncière qui vient de bondir de près des deux tiers pour l’unifamiliale.

  • Comparer la nouvelle évaluation foncière 2025-2027 de la propriété visée avec celle de propriétés similaires du même secteur avant de faire une offre, la hausse de 64,18 % n’étant pas nécessairement uniforme d’un secteur à l’autre de la ville fusionnée.
  • Vérifier l’âge du bâtiment et l’état de la toiture, de la plomberie et de l’isolation, un enjeu particulièrement présent dans les secteurs Shawinigan et Grand-Mère, où le parc immobilier est en moyenne plus ancien que dans les banlieues récentes déjà traitées dans ce cluster.
  • Pour un premier achat, vérifier son admissibilité aux programmes d’aide au premier acheteur au Québec et au CELIAPP, particulièrement intéressants sur un marché où la mise de fonds nécessaire reste nettement inférieure à celle exigée en région métropolitaine.
  • Prévoir les frais de clôture et la taxe de bienvenue dans le budget total, même si les montants absolus restent plus modestes qu’ailleurs dans le cluster compte tenu des prix de vente inférieurs.
  • Consulter les prévisions de taux hypothécaires au Québec en 2026 avant d’entamer des démarches de préapprobation, le rapport prix/revenu plus favorable de Shawinigan pouvant permettre une stratégie de financement différente de celle adoptée pour un achat en banlieue montréalaise.

Shawinigan face aux autres marchés de la Mauricie

Là où Trois-Rivières bénéficie d’une économie plus diversifiée et de prix déjà plus élevés, et où Drummondville profite d’une position logistique sur l’axe de l’autoroute 20, Shawinigan combine un prix d’entrée nettement plus abordable, un rôle d’évaluation foncière en forte hausse et un projet de reconversion industrielle d’envergure inédite dans la région — un profil hybride entre ville en redéfinition économique et marché résidentiel encore accessible.

Cette combinaison distingue Shawinigan de la plupart des marchés déjà traités dans ce cluster, qu’il s’agisse des banlieues montréalaises en forte croissance démographique ou des arrondissements centraux de Québec transformés par de grands projets de densification. Pour une vue d’ensemble du marché provincial, voir notre guide sur le marché immobilier au Québec en 2026, et pour les grands indicateurs à surveiller d’un marché à l’autre, notre guide pour comprendre le marché immobilier québécois.

Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur, très répandue chez les acheteurs qui découvrent ce marché, est de confondre l’ampleur du bond d’évaluation foncière avec une hausse équivalente de la facture de taxes. Comme démontré plus haut, la hausse de 64,18 % du rôle ne s’est traduite que par une augmentation de 3,6 % du compte de taxes moyen en 2026, grâce à l’ajustement du taux de taxation municipal.

La deuxième erreur consiste à surestimer l’effet à court terme du projet Pro-B sur les prix de l’ensemble du marché. Le projet demeure conditionnel à l’attribution d’un bloc d’énergie de 100 mégawatts par le gouvernement du Québec, et aucun échéancier de construction précis n’a été confirmé : acheter en anticipant un effet de prix immédiat lié à ce chantier comporte un risque réel de déception à court et moyen terme.

La troisième erreur est de négliger l’âge du parc immobilier lors de la comparaison avec des marchés de banlieue plus récents déjà traités dans ce cluster. Un prix d’achat inférieur peut masquer des besoins de rénovation importants, en particulier pour la toiture, la plomberie et l’isolation dans les secteurs les plus anciens comme Shawinigan et Grand-Mère.

La quatrième erreur, propre aux investisseurs, est de calculer un rendement locatif basé sur le taux d’inoccupation historiquement le plus bas (0,7 % en 2022-2023) sans tenir compte de son relâchement récent à 1,5 % en 2025 et de la vague de construction résidentielle qui l’accompagne : une hypothèse de loyer trop optimiste, calquée sur les années les plus tendues du marché, risque de surestimer le rendement réel.

La cinquième erreur est d’ignorer les différences entre les secteurs issus de la fusion de 2002 lors de la comparaison de propriétés. Les statistiques Centris étant compilées à l’échelle de l’ensemble de la ville de Shawinigan, elles ne permettent pas d’isoler le comportement de prix propre à chaque ancien secteur (Grand-Mère, Shawinigan-Sud, etc.), une limite à garder en tête avant de comparer deux propriétés situées dans des quartiers historiquement distincts.

Questions fréquentes

Quel est le prix médian d’une maison à Shawinigan en 2026 ?
Au deuxième trimestre 2026, le prix médian d’une propriété unifamiliale à Shawinigan s’établit à 318 000 $, en hausse de 13 % sur un an, selon les statistiques immobilières de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (Centris).

Pourquoi le rôle d’évaluation foncière a-t-il autant augmenté à Shawinigan ?
La hausse de 64,18 % pour la résidence unifamiliale moyenne reflète l’évolution du marché immobilier entre le rôle 2022-2024 et le nouveau rôle 2025-2027, dont les valeurs de référence sont datées du 1er juillet 2023. Il s’agit de la hausse la plus marquée documentée à ce jour dans l’ensemble du cluster des marchés locaux d’immoboussole.com.

Une hausse de 64 % du rôle d’évaluation entraîne-t-elle une hausse équivalente des taxes municipales ?
Non. Grâce à un ajustement à la baisse du taux de taxation résidentiel (désormais 0,9823 $ par 100 $ d’évaluation), le compte de taxes résidentiel moyen n’a augmenté que de 3,6 % en 2026, soit environ 104 $ de plus par année pour une résidence évaluée à 268 000 $.

Qu’est-ce que le projet Pro-B à Shawinigan ?
Il s’agit d’un projet évalué à environ 1 milliard de dollars sur le site de l’ancienne papetière Laurentide, dans le secteur Grand-Mère, combinant un centre de données de 250 millions de dollars et un volet immobilier de 200 logements, un hôtel de 80 chambres, un spa et des commerces. Le projet demeure conditionnel à l’attribution d’un bloc d’énergie de 100 mégawatts par le gouvernement du Québec.

Le marché locatif est-il tendu à Shawinigan ?
Il l’a été de façon exceptionnelle : le taux d’inoccupation est passé de 10,7 % en 2015 à seulement 0,7 % en 2022 et en 2023, avant de remonter à 1,5 % en 2025 grâce à une forte relance de la construction résidentielle (466 nouvelles unités en 2025). Le marché reste toutefois plus tendu que le seuil d’équilibre généralement fixé à 3 %.

Shawinigan est-elle desservie par un train de banlieue ?
Non. La gare de Shawinigan est desservie par VIA Rail sur les trajets régionaux Montréal–Jonquière et Montréal–Senneterre, à raison d’environ trois allers-retours par semaine, un service à vocation régionale plutôt qu’une desserte pendulaire quotidienne comme celles offertes par exo ou le REM dans la région métropolitaine de Montréal.

Shawinigan est-elle un bon marché pour un investisseur locatif ?
Le prix d’entrée du segment plex (319 160 $) figure parmi les plus bas de l’ensemble du cluster des marchés locaux couverts sur immoboussole.com, ce qui peut favoriser un cashflow positif plus rapidement qu’en région métropolitaine. Le parc immobilier plus âgé et le volume de transactions plus limité imposent toutefois une analyse comparative prudente, comme pour tout achat locatif, idéalement avec l’accompagnement d’un professionnel spécialisé dans l’immobilier à revenus.

Sources officielles


Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil financier, juridique ou fiscal personnalisé. Les données de marché évoluent rapidement et les chiffres présentés reflètent la situation au moment de la publication. Pour toute décision d’achat, de vente ou d’investissement immobilier, consultez un courtier immobilier, un notaire ou un autre professionnel qualifié. Pour en savoir plus sur notre approche éditoriale, consultez notre page méthodologie.