« Quand faut-il acheter ou vendre une maison au Québec ? » est l’une des questions les plus fréquentes en immobilier, et la réponse honnête est double : le marché québécois suit des cycles saisonniers bien réels, mais le meilleur moment pour agir dépend autant de votre situation personnelle que du calendrier. Le printemps est la saison la plus animée, avec le plus grand choix de propriétés mais aussi la plus forte concurrence ; l’automne offre une deuxième vague d’activité plus équilibrée ; l’été et l’hiver sont plus calmes, avec moins de choix mais souvent plus de marge de négociation. À ces cycles saisonniers s’ajoute une particularité bien québécoise : la tradition du déménagement au 1er juillet, qui rythme le marché et pousse de nombreux ménages à magasiner dans les mois précédents. Mais au-delà des saisons, des facteurs structurels — les taux d’intérêt, l’offre disponible, et surtout votre propre préparation financière et votre horizon de détention — pèsent souvent plus lourd que le simple mois de l’année. Un acheteur bien préparé qui agit en novembre sera mieux positionné qu’un acheteur mal préparé qui court après les propriétés au printemps. Ce guide explique quand acheter ou vendre une maison au Québec : les forces et faiblesses de chaque saison pour les acheteurs comme pour les vendeurs, le rôle des taux et du contexte de 2026, l’effet du 1er juillet, et surtout comment déterminer le bon moment selon votre situation. Car en immobilier, acheter au bon moment de sa vie vaut presque toujours mieux qu’acheter au bon moment du calendrier.
Le marché immobilier québécois a son rythme : effervescent au printemps, plus tranquille en hiver. Mais le « meilleur moment » pour acheter ou vendre dépend autant de vous que du calendrier. Ce guide décortique chaque saison pour les deux côtés de la transaction, sans oublier le rôle décisif des taux et de votre situation, avec des liens vers nos analyses détaillées.
Sommaire
- Les cycles saisonniers du marché
- Le printemps
- L’été
- L’automne
- L’hiver
- L’effet du 1er juillet
- Le timing pour les acheteurs
- Le timing pour les vendeurs
- Le rôle des taux et du marché
- Votre situation prime sur le calendrier
- Erreurs fréquentes
- FAQ
- Sources officielles
Les cycles saisonniers du marché
Avant d’examiner chaque saison, il faut comprendre que le marché immobilier québécois suit des cycles saisonniers relativement constants d’une année à l’autre. Ces cycles influencent le volume de transactions, le choix disponible et le rapport de force entre acheteurs et vendeurs.
De façon générale, l’activité atteint son sommet au printemps, connaît un second souffle à l’automne, et ralentit durant l’été et surtout l’hiver. Ce rythme s’explique par la météo, le calendrier scolaire et, au Québec, la tradition du déménagement au 1er juillet. Comprendre ces cycles aide à anticiper la concurrence et à calibrer ses attentes.
Les grandes tendances saisonnières sont :
- Le printemps — La saison la plus active, avec le plus de choix mais aussi le plus de concurrence.
- L’été — Plus calme, avec moins de nouvelles inscriptions mais des vendeurs parfois plus flexibles.
- L’automne — Une deuxième vague d’activité, plus équilibrée entre offre et négociation.
- L’hiver — Le creux, avec peu d’inventaire mais des acheteurs et vendeurs très motivés.
Le marché québécois suit des cycles saisonniers réels : sommet au printemps, second souffle à l’automne, ralentissement en été et en hiver. Comprendre ces cycles aide à anticiper la concurrence et à calibrer ses attentes.
Ces cycles sont des tendances générales, pas des règles absolues : le contexte économique et les taux peuvent les amplifier ou les atténuer. Néanmoins, ils offrent un cadre utile pour réfléchir au timing. Examinons chaque saison en détail, en gardant à l’esprit ce que chacune signifie selon qu’on achète ou qu’on vend, dans la lignée de notre guide du marché immobilier au Québec.
Le printemps
Le printemps est, sans conteste, la saison reine du marché immobilier québécois. C’est le moment où l’activité explose, pour des raisons à la fois climatiques et pratiques.
Avec la fonte des neiges et le retour des beaux jours, le marché reprend vie : les inscriptions se multiplient, les acheteurs sortent de leur hibernation, et les visites s’enchaînent. C’est la saison où l’offre est la plus abondante, mais aussi celle où la concurrence est la plus féroce, avec des risques d’offres multiples et de surenchère.
Le printemps présente des caractéristiques distinctes selon les parties :
- Pour les acheteurs — Le plus grand choix de propriétés, mais la plus forte concurrence et des décisions rapides à prendre.
- Pour les vendeurs — Le plus d’acheteurs actifs, des ventes souvent rapides et des chances accrues d’offres multiples.
- Le rythme — Les propriétés se vendent vite, les délais de décision sont courts.
- Le mois phare — Le mois de mai est souvent cité comme un sommet pour la mise en vente.
Le printemps avantage généralement les vendeurs, qui profitent de la forte demande, tout en offrant aux acheteurs le plus grand choix au prix d’une concurrence intense. Pour un acheteur, il est essentiel d’être préparé (préapprobation en main, stratégie claire) pour agir vite dans cet environnement compétitif. C’est aussi la saison où la gestion de la surenchère devient cruciale, et où une bonne préapprobation fait la différence.
L’été
Après l’effervescence printanière, l’été apporte un changement de rythme. C’est une saison paradoxale, avec ses propres avantages tant pour les acheteurs que pour les vendeurs.
L’été est généralement plus calme : beaucoup de propriétés ont trouvé preneur au printemps, et les vacances ralentissent l’activité. Il y a moins de nouvelles inscriptions, mais aussi moins de concurrence. Les vendeurs encore sur le marché, parfois pressés de conclure avant la rentrée, peuvent être plus ouverts à la négociation.
L’été se caractérise par :
- Moins de concurrence — Pour les acheteurs, une pression moindre et plus de temps pour réfléchir.
- Une marge de négociation — Les vendeurs restants peuvent être plus flexibles, surtout s’ils sont pressés.
- La mise en valeur des extérieurs — Les terrains, terrasses et jardins sont à leur avantage pour les vendeurs.
- Un rythme plus posé — Une activité plus calme mais souvent plus qualitative.
L’été peut donc être une fenêtre intéressante pour les acheteurs qui privilégient la négociation et la tranquillité à l’abondance du choix. Pour les vendeurs, c’est l’occasion de mettre en valeur les espaces extérieurs, à condition d’accepter un marché plus calme. C’est une période propice à une analyse posée, notamment pour les acheteurs d’immeubles qui ont le temps d’étudier chaque option.
L’automne
L’automne est souvent qualifié de saison la plus sous-estimée du marché immobilier québécois. Après l’accalmie estivale, il offre un second souffle d’activité aux qualités particulières.
Après la rentrée scolaire, le marché reprend de la vigueur. Plusieurs vendeurs mettent leur propriété en vente dans l’espoir de conclure avant l’hiver, et des acheteurs qui n’ont pas trouvé au printemps reprennent leurs recherches avec un sentiment d’urgence. L’automne combine ainsi une offre encore intéressante et des vendeurs motivés.
L’automne présente plusieurs atouts :
- Un équilibre offre-négociation — Une offre encore correcte avec des vendeurs motivés à conclure avant l’hiver.
- Des acheteurs sérieux — Ceux qui cherchent à l’automne veulent généralement conclure rapidement.
- Des conditions favorables aux investisseurs — Un marché plus calme propice à la négociation.
- Une météo encore clémente — Pour les visites et les inspections, avant les rigueurs de l’hiver.
L’automne est la saison la plus sous-estimée : il combine une offre encore intéressante et des vendeurs motivés à conclure avant l’hiver. C’est souvent une fenêtre favorable pour les acheteurs qui cherchent l’équilibre entre choix et négociation.
L’automne représente un bon compromis pour de nombreux acheteurs : assez de choix pour trouver, mais moins de concurrence qu’au printemps, avec des vendeurs enclins à négocier. Pour les vendeurs, c’est une seconde fenêtre favorable, à condition de soigner la présentation. C’est une saison particulièrement intéressante pour les acheteurs qui veulent négocier dans de bonnes conditions.
Pour aller plus loin
L’hiver
L’hiver est traditionnellement considéré comme la saison morte du marché immobilier. Pourtant, cette réputation cache des opportunités réelles, pour qui sait les saisir.
De décembre à février, le marché tourne au ralenti : l’inventaire est souvent à son plus bas, et l’activité de visite chute, à cause du froid et de la période des fêtes. Mais ce calme apparent recèle un secret : les personnes actives sur le marché en plein hiver, qu’il s’agisse d’acheteurs ou de vendeurs, sont généralement très motivées.
L’hiver offre des avantages méconnus :
- Des vendeurs très motivés — Ceux qui vendent en hiver ont souvent une raison pressante, d’où une marge de négociation.
- Des acheteurs sérieux — Visiter par grand froid décourage les curieux ; les acheteurs d’hiver sont déterminés.
- Moins de concurrence — Pour les acheteurs, moins d’offres multiples ; pour les vendeurs, moins de propriétés concurrentes.
- Des inconvénients à gérer — Photos moins flatteuses, neige cachant l’état du terrain, déménagement difficile.
L’hiver peut donc offrir de bonnes occasions aux acheteurs prêts à composer avec ses désagréments, face à des vendeurs motivés. Pour un vendeur, afficher en hiver signifie moins de visiteurs mais aussi moins de concurrence, et la possibilité d’être « la seule nouveauté » du quartier. C’est une saison à ne pas négliger, malgré sa réputation, surtout dans un contexte où le délai de vente peut s’allonger.
L’effet du 1er juillet
Aucune analyse du timing immobilier au Québec ne serait complète sans évoquer une spécificité bien de chez nous : la tradition du déménagement au 1er juillet. Cette particularité influence profondément le rythme du marché.
Au Québec, une grande partie des baux résidentiels se terminent le 30 juin et les déménagements se concentrent au 1er juillet. Cette tradition pousse de nombreux ménages, notamment les locataires qui souhaitent devenir propriétaires, à magasiner dans les mois précédents (hiver et printemps) pour être installés à temps. Elle alimente ainsi l’effervescence printanière.
L’effet du 1er juillet se manifeste de plusieurs façons :
- Une pression sur le printemps — Les acheteurs visant le 1er juillet magasinent durant l’hiver et le printemps.
- Un calendrier de transaction — Il faut tenir compte des délais entre l’offre et la prise de possession.
- Un afflux de locataires-acheteurs — La tradition incite les locataires à concrétiser un projet d’achat.
- Une logistique de déménagement — Les services de déménagement sont très sollicités à cette date.
Cette particularité québécoise est un facteur de timing à intégrer, surtout pour les premiers acheteurs issus de la location, qui doivent coordonner la fin de leur bail avec leur achat. Anticiper ce calendrier évite le stress de dernière minute. La hausse annuelle des loyers au 1er juillet alimente d’ailleurs la réflexion de nombreux locataires entre acheter ou louer.
Le timing pour les acheteurs
Synthétisons maintenant ce que les saisons signifient spécifiquement pour les acheteurs. Selon ce qu’on privilégie — le choix ou la négociation — différentes saisons s’imposent.
Pour un acheteur, le choix de la saison dépend de ses priorités. Si le plus grand choix de propriétés importe le plus, le printemps est idéal, malgré la concurrence. Si la négociation et la tranquillité priment, l’été, l’automne et l’hiver offrent généralement de meilleures conditions, avec des vendeurs plus flexibles.
Voici comment choisir sa saison en tant qu’acheteur :
| Priorité de l’acheteur | Saison favorable |
|---|---|
| Le plus grand choix de propriétés | Printemps |
| Négocier avec moins de pression | Été, automne |
| Vendeurs très motivés, meilleures affaires | Hiver |
| Équilibre choix-négociation | Automne |
L’acheteur averti choisit donc sa saison selon ce qu’il valorise le plus, tout en restant prêt à saisir une bonne occasion à n’importe quel moment. La préparation (préapprobation, budget, critères) compte plus que la saison elle-même. Quelle que soit la période, suivre une démarche méthodique, comme dans notre guide de l’achat, reste la clé d’un achat réussi.
Le timing pour les vendeurs
Du côté des vendeurs, le calcul est différent : il s’agit surtout de maximiser le prix et la rapidité de vente. Là encore, les saisons offrent des profils distincts.
Pour un vendeur, le printemps et le début de l’automne sont généralement les meilleures périodes pour obtenir un bon prix, grâce à l’abondance d’acheteurs. Le mois de mai est souvent cité comme un sommet. Cela dit, vendre dans une saison plus calme ne signifie pas vendre à rabais : une propriété bien préparée et au juste prix trouve preneur en toute saison.
Les considérations pour les vendeurs incluent :
- Le printemps pour le volume — Le plus d’acheteurs, des ventes rapides, des chances d’offres multiples.
- L’automne comme seconde fenêtre — Une demande encore solide avec moins de concurrence qu’au printemps.
- Les saisons calmes — Moins de visiteurs, mais moins de concurrence et des acheteurs motivés.
- Le juste prix avant tout — Une propriété bien évaluée se vend en toute saison.
Pour les vendeurs, le printemps et l’automne offrent les meilleures statistiques de volume et de prix. Mais vendre dans une saison plus calme ne veut pas dire vendre à rabais : une propriété bien préparée et au juste prix trouve preneur en toute saison.
Le meilleur conseil pour un vendeur est donc de viser idéalement le printemps ou l’automne, mais sans dramatiser si les circonstances imposent une autre période : la préparation et le prix comptent davantage que la saison. Notre article sur le meilleur moment pour vendre approfondit cette stratégie, tout comme nos guides sur le prix d’affichage et le home staging.
Le rôle des taux et du marché
Au-delà des saisons, un facteur structurel pèse souvent plus lourd que le calendrier : l’environnement des taux d’intérêt et l’état général du marché. En 2026, ce contexte mérite une attention particulière.
Les taux d’intérêt influencent le pouvoir d’achat réel de chaque acheteur, indépendamment de la saison. Quand les taux baissent, la demande augmente et la concurrence s’intensifie, peu importe le mois. En 2026, le contexte est marqué par une relative stabilité des taux hypothécaires et une reconstitution graduelle de l’offre, ce qui donne aux acheteurs un peu plus de choix, comme le détaille notre portrait du marché immobilier québécois en 2026.
Les facteurs structurels à considérer sont :
- Les taux d’intérêt — Ils déterminent le pouvoir d’achat ; leur évolution peut compter plus que la saison.
- L’offre disponible — Un marché de vendeurs (faible inventaire) change la donne par rapport à un marché plus équilibré.
- Le contexte de 2026 — Taux relativement stables et offre en reconstitution, offrant un peu plus de choix.
- La demande démographique — Un facteur de fond qui soutient le marché à long terme.
Ces facteurs structurels montrent qu’attendre « la bonne saison » a moins d’importance qu’on ne le croit si les conditions de marché ou de financement évoluent. Un bon taux obtenu en hiver peut valoir mieux qu’attendre un printemps aux taux plus élevés. Pour suivre ces éléments, nos analyses du marché et du choix taux fixe ou variable sont des compléments utiles à la réflexion sur le timing.
Votre situation prime sur le calendrier
Nous arrivons au point le plus important de tout ce guide, celui qu’il faut retenir avant tout : votre situation personnelle prime sur le calendrier. C’est le facteur décisif du bon timing.
La stabilité financière, la préparation et l’horizon de détention comptent plus que la saison. Un acheteur financièrement solide qui agit en novembre sera mieux positionné qu’un acheteur mal préparé qui court après les propriétés au printemps. Et si l’on achète pour cinq ans ou plus, les fluctuations saisonnières, voire cycliques, s’estompent dans le temps.
Les éléments personnels qui priment sont :
- La préparation financière — Mise de fonds constituée, préapprobation, fonds d’urgence après l’achat.
- La stabilité — Emploi stable, situation personnelle propice à un engagement à long terme.
- L’horizon de détention — Sur cinq ans ou plus, le timing saisonnier perd de son importance.
- Le bon moment de vie — Acheter quand on est prêt vaut mieux qu’attendre le « bon » mois.
La conclusion est claire : le meilleur moment pour acheter ou vendre n’existe pas dans l’absolu, mais relativement à votre situation. Acheter au bon moment de votre vie vaut presque toujours mieux qu’acheter au bon moment du calendrier. C’est cette lucidité, plutôt que la chasse au timing parfait, qui mène aux meilleures décisions, dans l’esprit de notre méthodologie.
La règle d’or à retenir sur quand acheter ou vendre une maison au Québec : le marché suit des cycles saisonniers réels, mais votre situation prime sur le calendrier. Pour les acheteurs, le printemps offre le plus de choix (mais le plus de concurrence), tandis que l’été, l’automne et l’hiver offrent généralement plus de marge de négociation face à des vendeurs motivés ; l’automne est la saison la plus sous-estimée. Pour les vendeurs, le printemps et l’automne offrent les meilleures statistiques de volume et de prix, mais une propriété bien préparée et au juste prix se vend en toute saison. N’oubliez pas la spécificité québécoise du 1er juillet, qui rythme le marché. Surtout, rappelez-vous que les facteurs structurels (taux d’intérêt, offre, votre préparation et votre horizon de détention) pèsent souvent plus lourd que le mois de l’année. Un acheteur bien préparé qui agit en novembre bat un acheteur mal préparé au printemps. Acheter au bon moment de sa vie vaut presque toujours mieux qu’acheter au bon moment du calendrier.
Erreurs fréquentes
L’erreur la plus répandue consiste à attendre « la saison parfaite » au détriment de sa préparation. Beaucoup reportent leur projet en visant le printemps, alors qu’un acheteur bien préparé agissant en saison creuse est souvent mieux positionné. La préparation prime sur le calendrier : mieux vaut être prêt en novembre que mal préparé en mai.
Une autre erreur fréquente est de négliger l’avantage des saisons calmes. Beaucoup d’acheteurs évitent l’hiver, croyant qu’il n’y a rien à acheter, alors que c’est souvent le moment où les vendeurs sont les plus motivés et la concurrence la plus faible. Sous-estimer ces saisons, c’est passer à côté de bonnes occasions de négociation.
Beaucoup commettent l’erreur de croire que vendre en saison calme signifie vendre à rabais. Ce n’est pas le cas : une propriété bien préparée et au juste prix trouve preneur en toute saison. Brader son prix sous prétexte qu’on vend en hiver est une erreur ; il vaut mieux soigner la présentation et fixer un prix juste.
Sur le plan financier, ignorer le rôle des taux d’intérêt est une erreur de timing classique. Se focaliser sur la saison en oubliant que les taux déterminent le pouvoir d’achat peut mener à de mauvaises décisions. Un bon taux obtenu hors saison peut valoir mieux qu’attendre une saison favorable aux taux plus élevés.
Enfin, une erreur courante est de vouloir « timer le marché » comme on timerait la bourse. Tenter de deviner le creux ou le sommet parfait est risqué et souvent contre-productif, surtout pour un achat de résidence. Sur un horizon long, ces tentatives de timing s’avèrent généralement moins payantes qu’un achat fait au bon moment de sa vie, avec une bonne préparation.
FAQ
Quel est le meilleur moment pour acheter une maison au Québec ?
Cela dépend de vos priorités. Si vous voulez le plus grand choix de propriétés, le printemps est idéal, mais attendez-vous à plus de concurrence et possiblement à des offres multiples. Si vous privilégiez la négociation et la tranquillité, l’été, l’automne et surtout l’hiver offrent généralement de meilleures conditions, avec des vendeurs plus flexibles et motivés. L’automne est souvent considéré comme le meilleur compromis : assez de choix, mais moins de concurrence qu’au printemps. Cela dit, le facteur le plus important reste votre préparation : un acheteur bien préparé agissant hors saison est mieux positionné qu’un acheteur mal préparé au printemps.
Quel est le meilleur mois pour vendre sa maison ?
Le printemps, et particulièrement le mois de mai, est souvent cité comme la meilleure période pour mettre une maison en vente, grâce au plus grand nombre d’acheteurs actifs, à des ventes plus rapides et à des chances accrues d’offres multiples. L’automne offre une seconde fenêtre favorable. Cela dit, ces statistiques de volume ne signifient pas qu’on ne peut pas bien vendre à d’autres moments : une propriété bien préparée, présentée et affichée au juste prix trouve preneur en toute saison. Le meilleur moment reste aussi celui où vous êtes prêt et où votre situation le justifie.
Est-ce une bonne idée d’acheter en hiver au Québec ?
Oui, l’hiver peut offrir de bonnes occasions, contrairement à sa réputation de saison morte. L’inventaire est plus restreint, mais les vendeurs actifs en hiver sont généralement très motivés (souvent pour une raison pressante), ce qui ouvre la porte à la négociation. La concurrence entre acheteurs est aussi plus faible, réduisant le risque d’offres multiples. Les inconvénients : des photos extérieures moins flatteuses, la neige qui peut cacher l’état du terrain, et un déménagement plus difficile. Mais pour un acheteur bien préparé et prêt à composer avec ces désagréments, l’hiver peut être synonyme de bonnes affaires.
Pourquoi le 1er juillet est-il important pour l’immobilier au Québec ?
Au Québec, une grande partie des baux résidentiels se terminent le 30 juin, et les déménagements se concentrent traditionnellement au 1er juillet. Cette particularité rythme le marché : de nombreux ménages, surtout des locataires souhaitant devenir propriétaires, magasinent durant l’hiver et le printemps pour être installés à temps. Cela contribue à l’effervescence printanière. Si vous visez une prise de possession autour du 1er juillet, il faut anticiper : tenir compte des délais entre l’offre acceptée et la signature chez le notaire, et réserver tôt vos services de déménagement, très sollicités à cette date.
Faut-il attendre que les taux baissent pour acheter ?
C’est une stratégie risquée. D’abord, rien ne garantit que les taux baisseront comme espéré. Ensuite, quand les taux baissent, la demande augmente, ce qui renforce la concurrence et fait souvent monter les prix : le gain sur le taux peut être absorbé par une hausse du prix d’achat. Enfin, il est généralement possible de renégocier ou de refinancer son hypothèque si les taux baissent après l’achat. Plutôt que d’attendre un moment hypothétique, il est souvent plus sage d’acheter quand vous êtes prêt financièrement, et d’ajuster votre financement par la suite si les conditions évoluent.
La saison influence-t-elle vraiment le prix d’une propriété ?
La saison influence surtout le volume de transactions et le rapport de force entre acheteurs et vendeurs, ce qui peut indirectement affecter les prix. Au printemps, la forte demande peut pousser les prix à la hausse via les offres multiples ; dans les saisons calmes, les vendeurs peuvent être plus ouverts à la négociation. Cela dit, les facteurs structurels (offre globale, taux d’intérêt, état du marché local) pèsent généralement plus lourd que la simple saison. Une propriété au juste prix dans un marché de vendeurs se vendra bien en toute saison, tandis qu’une propriété surévaluée peinera même au printemps.
Vaut-il mieux acheter ou vendre en premier ?
C’est une question cruciale quand on fait les deux simultanément, et la réponse dépend de votre tolérance au risque et du marché. Vendre en premier vous donne une certitude sur votre budget d’achat mais peut vous mettre sous pression pour trouver rapidement (ou vous obliger à un logement temporaire). Acheter en premier vous assure d’avoir votre prochaine propriété, mais comporte le risque de devoir assumer deux propriétés si la vente tarde. Dans un marché de vendeurs où les propriétés se vendent vite, vendre en premier est moins risqué. La séquence idéale dépend de votre situation financière et des conditions du marché local.
Le timing saisonnier est-il important pour un achat à long terme ?
Non, son importance diminue fortement sur un horizon long. Si vous achetez pour y vivre cinq ans ou plus, les fluctuations saisonnières — et même les cycles du marché — s’estompent largement dans le temps. L’immobilier récompense généralement les horizons longs. Pour un achat de résidence à long terme, votre préparation financière, votre stabilité et le fait d’acheter au bon moment de votre vie comptent bien plus que le mois exact de l’achat. Tenter de « timer » parfaitement le marché pour un achat à long terme est souvent contre-productif : mieux vaut acheter quand vous êtes prêt.
Sources officielles
- Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ)
- Statistiques sur le marché immobilier — Gouvernement du Québec
- Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ)
- Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)
- Tribunal administratif du logement (TAL)
- Institut de la statistique du Québec
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil immobilier ou financier personnalisé. Les tendances saisonnières décrites sont des généralités qui peuvent varier selon les régions, les types de propriétés et le contexte économique ; elles ne garantissent pas le comportement du marché à un moment donné. Les conditions de marché, les taux d’intérêt et les facteurs personnels influencent fortement le bon timing d’un achat ou d’une vente. Avant de prendre une décision, la consultation d’un courtier immobilier et d’un courtier hypothécaire, ainsi que l’analyse de votre situation propre, sont recommandées. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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