L’hypothèque est le prêt le plus important que la plupart des Canadiens contracteront dans leur vie, souvent pour 300 000 $ à 600 000 $ ou plus, sur 25 ou 30 ans. Comprendre comment elle fonctionne avant de signer peut représenter des dizaines de milliers de dollars d’économies sur la durée du prêt. Au Canada, toute hypothèque repose sur cinq composantes : le capital, le taux d’intérêt, la durée du terme (1 à 10 ans), la période d’amortissement (jusqu’à 25 ou 30 ans) et la fréquence des paiements. Pour vous qualifier, vous devez réussir le stress test du BSIF (qualification au plus élevé entre 5,25 % et votre taux contractuel + 2 %) et respecter les ratios d’endettement : ABD maximum de 39 % et ATD maximum de 44 % pour une hypothèque assurée. Votre choix entre taux fixe ou variable, entre hypothèque ouverte ou fermée, et entre différents prêteurs (banques, coopératives, prêteurs alternatifs) détermine à la fois votre paiement mensuel et votre flexibilité future. Ce guide couvre tout ce qu’il faut savoir avant de contracter votre première hypothèque.
Le marché hypothécaire canadien est à la fois plus réglementé et plus standardisé qu’aux États-Unis, mais il comporte ses propres particularités : les termes courts (rarement plus de 5 ans), le stress test obligatoire depuis 2018, les règles de la SCHL pour les mises de fonds inférieures à 20 %, et la différence entre hypothèque assurée et conventionnelle. Cet article couvre les fondamentaux de manière suffisamment approfondie pour guider un premier acheteur, tout en restant utile pour ceux qui renouvellent ou refinancent.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une hypothèque au Canada ?
- Les 5 composantes d’une hypothèque
- Hypothèque assurée vs conventionnelle
- Taux fixe ou taux variable : comprendre la différence
- Terme et amortissement : deux notions à ne pas confondre
- Hypothèque ouverte ou fermée
- Comment se qualifier : stress test et ratios
- Qui sont les prêteurs au Canada
- Les étapes d’obtention d’une hypothèque
- Les coûts cachés à connaître
- Renouvellement et refinancement : vue d’ensemble
- Les erreurs fréquentes
- FAQ
- Sources officielles
Qu’est-ce qu’une hypothèque au Canada ?
Une hypothèque est un prêt à long terme consenti par une institution financière pour financer l’achat d’une propriété, garanti par la propriété elle-même. Si l’emprunteur cesse de payer, le prêteur peut exercer des recours juridiques pour récupérer la propriété (saisie hypothécaire ou, au Québec, préavis d’exercice). C’est cette garantie qui permet aux prêteurs d’offrir des taux beaucoup plus bas que pour un prêt personnel.
Au Canada, l’hypothèque standard repose sur deux niveaux de réglementation : le fédéral (règles du Bureau du surintendant des institutions financières, le BSIF, pour toutes les institutions sous juridiction fédérale) et le provincial (modalités civiles, notaires au Québec, avocats ailleurs). La Banque du Canada influence les taux variables via son taux directeur — à 2,25 % en 2026 — tandis que les taux fixes suivent plutôt les rendements obligataires gouvernementaux.
Contrairement aux États-Unis où les hypothèques sont souvent amorties sur 30 ans avec un taux fixe garanti pour toute la durée, au Canada la norme est un terme de 1 à 10 ans avec amortissement de 25 à 30 ans. Cette différence est fondamentale : elle signifie que vous renouvellerez probablement votre hypothèque plusieurs fois avant de la rembourser complètement, chaque fois à un taux qui peut différer du précédent.
Les 5 composantes d’une hypothèque
Toute hypothèque se définit par cinq paramètres qu’il faut comprendre pour comparer des offres.
1. Le capital. Le montant emprunté, soit le prix d’achat moins votre mise de fonds (plus la prime d’assurance SCHL si applicable). Sur une propriété de 450 000 $ avec 5 % de mise de fonds, le capital est d’environ 427 500 $ + prime SCHL (~17 100 $) = 444 600 $.
2. Le taux d’intérêt. Le coût annuel de l’emprunt, exprimé en pourcentage. Les taux hypothécaires au Canada en 2026 varient typiquement entre 4 % et 5,5 % selon le type, le terme et le profil d’emprunteur. Une différence de 0,25 % sur un prêt de 450 000 $ sur 25 ans représente environ 17 000 $ à 20 000 $ d’intérêts supplémentaires.
3. La durée du terme. La période pendant laquelle le taux et les conditions sont garantis. Typiquement 1, 2, 3, 4, 5, 7 ou 10 ans. À la fin du terme, vous renégociez ou transférez votre prêt. Le terme de 5 ans est le plus courant au Canada, représentant environ deux tiers des hypothèques.
4. La période d’amortissement. La durée totale prévue pour rembourser le prêt. Standard à 25 ans, peut aller jusqu’à 30 ans pour les premiers acheteurs depuis décembre 2024 (pour les hypothèques assurées). Un amortissement plus long réduit le paiement mensuel mais augmente le coût total en intérêts.
5. La fréquence des paiements. Mensuelle (12 paiements par année), bimensuelle (24), bihebdomadaire (26), ou bihebdomadaire accélérée (26 paiements équivalant à 13 mensualités). Le paiement bihebdomadaire accéléré peut réduire la durée effective du prêt de 3 à 5 ans sans effort apparent.
Hypothèque assurée vs conventionnelle
Cette distinction est centrale au Canada et affecte presque tous les autres paramètres de votre prêt.
Une hypothèque assurée (aussi dite « à ratio élevé ») est un prêt où votre mise de fonds est inférieure à 20 % de la valeur de la propriété. La loi canadienne exige alors que le prêt soit couvert par une assurance prêt hypothécaire, offerte par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), Sagen ou Canada Guaranty. Cette assurance protège le prêteur, pas vous — mais c’est vous qui en payez la prime.
La prime varie de 2,8 % à 4 % du montant du prêt selon le pourcentage de mise de fonds. Sur une hypothèque de 427 500 $ avec 5 % de mise de fonds, la prime est d’environ 17 100 $, ajoutée au capital emprunté (vous ne la payez pas d’avance). Au Québec, la TVQ de 9,975 % s’applique sur la prime (environ 1 700 $ supplémentaires), contrairement aux provinces à TVH où la taxe provinciale n’est pas exigée sur la prime.
Une hypothèque conventionnelle correspond à une mise de fonds de 20 % ou plus. Vous n’avez pas à payer de prime d’assurance, mais les ratios d’endettement sont généralement plus stricts (ABD autour de 35 %, ATD autour de 42 %), et l’amortissement maximum est de 25 ans pour la plupart des prêteurs.
Un troisième cas existe : l’hypothèque non assurable. Elle concerne les propriétés de 1,5 million $ et plus, les refinancements, et les propriétés locatives pures. Même avec 20 % de mise de fonds, elle ne peut pas être portée par une assurance — ce qui limite les options de prêteurs et peut entraîner des taux légèrement plus élevés.
Pour tout comprendre sur cette prime particulière, consultez notre article sur l’assurance prêt hypothécaire SCHL.
Taux fixe ou taux variable : comprendre la différence
C’est probablement la décision la plus importante que vous aurez à prendre lors du choix de votre hypothèque.
Le taux fixe garantit le même taux d’intérêt pour toute la durée du terme. Vos paiements sont prévisibles et constants. Les taux fixes suivent principalement les rendements des obligations du gouvernement du Canada sur une durée équivalente. En 2026, le taux fixe de 5 ans se situe généralement entre 4,2 % et 4,8 % selon les prêteurs et les profils.
Le taux variable fluctue en fonction du taux préférentiel de votre prêteur, lui-même lié au taux directeur de la Banque du Canada. Deux sous-types existent :
- Paiement fixe avec taux variable — votre paiement mensuel ne change pas, mais la répartition capital/intérêts varie. Si les taux montent, vous remboursez moins de capital ; si les taux baissent, vous en remboursez plus.
- Paiement variable avec taux variable — votre paiement mensuel change à chaque variation du taux directeur. Plus risqué mais plus transparent.
Le taux variable est typiquement exprimé en référence au taux préférentiel (prime rate), par exemple « prime −0,5 % ». En 2026, le taux préférentiel des grandes banques canadiennes est à 4,45 %, ce qui donnerait un taux variable à 3,95 % dans cet exemple.
Comment choisir entre fixe et variable
Historiquement, le taux variable a été moins cher que le taux fixe dans environ 70 % des cas sur des périodes de 5 ans. Mais cela dépend du cycle économique et de votre tolérance au risque. Questions à vous poser :
- Quelle est votre tolérance à voir vos paiements augmenter ?
- Votre budget a-t-il une marge pour absorber une hausse de taux ?
- Les taux actuels sont-ils historiquement hauts ou bas ?
- Envisagez-vous de revendre ou refinancer avant la fin du terme (pénalité plus faible sur variable) ?
Pour une analyse approfondie, consultez notre article sur taux fixe ou variable : lequel choisir pour votre hypothèque.
Terme et amortissement : deux notions à ne pas confondre
Beaucoup d’emprunteurs confondent ces deux concepts. Ils répondent à deux questions différentes.
Le terme est la durée du contrat actuel avec votre prêteur : 1, 2, 3, 4, 5, 7 ou 10 ans. À la fin du terme, vous renégociez les conditions — avec le même prêteur ou un nouveau. Le solde du prêt est alors recalculé, et vous recommencez avec un nouveau terme.
L’amortissement est la durée totale prévue pour rembourser complètement le prêt : typiquement 25 ans, parfois 30 ans (pour les premiers acheteurs depuis décembre 2024 avec hypothèque assurée). C’est cette durée qui détermine le montant de vos paiements.
Un exemple concret : vous signez une hypothèque de 400 000 $ avec un terme de 5 ans à 4,5 % et un amortissement de 25 ans. Pendant 5 ans, vous payez environ 2 215 $ par mois. À la fin du terme, il vous restera environ 342 000 $ à rembourser, et il vous faudra renégocier un nouveau terme (sur les 20 ans restants d’amortissement, cette fois).
Le choix de l’amortissement est crucial. Sur 400 000 $ à 4,5 %, le paiement mensuel passe de :
- Amortissement 25 ans : environ 2 215 $/mois → intérêts totaux ~264 000 $
- Amortissement 30 ans : environ 2 020 $/mois → intérêts totaux ~327 000 $
Gain de 195 $/mois sur le paiement, coût de 63 000 $ supplémentaires en intérêts sur la durée. Pour un premier acheteur serré financièrement, le 30 ans peut faire la différence entre acheter et ne pas acheter. Pour une analyse détaillée, consultez notre article sur amortissement 25 ou 30 ans : quel impact sur votre hypothèque.
Hypothèque ouverte ou fermée
Cette distinction concerne votre flexibilité à rembourser par anticipation ou à sortir du contrat avant la fin du terme.
Une hypothèque fermée limite les remboursements anticipés. Vous pouvez généralement payer un pourcentage de privilège (souvent 10 à 20 % du solde initial par année) sans pénalité, mais toute sortie complète du contrat avant la fin du terme déclenche une pénalité de sortie. En contrepartie, les taux sont plus bas.
Une hypothèque ouverte permet de rembourser intégralement en tout temps sans pénalité. C’est utile si vous prévoyez vendre rapidement ou si vous attendez une entrée d’argent importante (héritage, vente d’actif). Mais les taux sont significativement plus élevés — souvent 1 à 2 points de pourcentage au-dessus d’une hypothèque fermée équivalente.
La grande majorité des hypothèques canadiennes (plus de 95 %) sont fermées. L’hypothèque ouverte est une niche pour des situations spécifiques. Pour comprendre quand elle peut faire sens, consultez notre article sur hypothèque ouverte ou fermée : différences et cas d’usage.
Comment se qualifier : stress test et ratios d’endettement
Pour obtenir une hypothèque au Canada, vous devez franchir trois filtres : le stress test, les ratios ABD/ATD, et les critères internes du prêteur.
Le stress test hypothécaire
Introduit par le BSIF en 2018, le stress test oblige les prêteurs à qualifier les emprunteurs au plus élevé des deux taux suivants :
- Votre taux contractuel majoré de 2 points de pourcentage
- Le taux plancher de 5,25 %
Concrètement, si votre taux réel est de 4,2 %, votre capacité d’emprunt est calculée comme si vous empruntiez à 6,2 %. Si votre taux réel est de 3 %, elle est calculée à 5,25 % (le plancher). Cette règle s’applique à tous les prêts hypothécaires sous réglementation fédérale, assurés ou non.
L’objectif est de protéger les emprunteurs contre une hausse des taux au renouvellement. L’effet pratique est une réduction de 15 à 20 % de votre capacité d’emprunt par rapport à ce que vous pourriez techniquement payer au taux réel.
Important : depuis novembre 2024, les transferts simples (straight switches) d’une hypothèque non assurée d’un prêteur à un autre au renouvellement, sans changement de solde ni d’amortissement, ne requièrent plus de stress test. Cela donne aux emprunteurs existants plus de liberté pour magasiner leur taux.
Pour tout comprendre sur ce mécanisme, consultez notre article sur le stress test hypothécaire au Canada.
Les ratios ABD et ATD
Les prêteurs vérifient deux ratios d’endettement, calculés sur votre revenu brut annuel :
| Ratio | Définition | Plafond hypothèque assurée | Plafond hypothèque non assurée |
|---|---|---|---|
| ABD (Amortissement brut de la dette) | Paiement hypothécaire + taxes foncières + chauffage + 50 % des frais de condo | Maximum 39 % | Typiquement maximum 35 % |
| ATD (Amortissement total de la dette) | ABD + toutes les autres dettes (cartes, prêts auto, étudiants, marges) | Maximum 44 % | Typiquement maximum 42 % |
Pour un ménage au revenu brut annuel de 120 000 $ (10 000 $/mois), le ratio ABD maximum de 39 % autorise jusqu’à 3 900 $/mois de frais de logement. Si les taxes et chauffage représentent 700 $, il reste 3 200 $ pour le paiement hypothécaire. À un taux admissible de 6,2 % sur 25 ans, cela correspond à un prêt maximum d’environ 485 000 $.
Notez que les prêteurs peuvent accepter une cote de crédit aussi basse que 600 pour les hypothèques assurées, mais les meilleurs ratios (39/44) requièrent une cote d’au moins 680. Entre 650 et 680, les ratios maximum sont souvent restreints à 32/40.
Pour calculer précisément votre propre capacité d’emprunt, consultez notre article sur combien puis-je emprunter pour acheter une maison au Canada.
Qui sont les prêteurs au Canada
Le marché hypothécaire canadien compte quatre grandes catégories de prêteurs, avec des profils très différents.
Les grandes banques canadiennes. RBC, TD, BMO, Scotia, CIBC, Banque Nationale, Desjardins (techniquement une coopérative). Elles dominent le marché résidentiel. Taux publics souvent négociables. Qualification rigoureuse. Processus standardisé.
Les prêteurs mono-lignes (monoline lenders). First National, MCAP, CMLS et autres. Ils ne font que de l’hypothèque, souvent via des courtiers. Taux généralement plus compétitifs que les banques affichent, mais ils ne font pas de services bancaires complémentaires.
Les coopératives de crédit et caisses. Certaines sont sous réglementation provinciale et peuvent avoir plus de flexibilité sur les critères (ex : Desjardins au Québec). Souvent un bon choix pour les profils atypiques (travailleurs autonomes, revenus variables).
Les prêteurs alternatifs et privés. Home Trust, Equitable Bank, Community Trust et autres. Taux plus élevés (souvent 1 à 3 points au-dessus des prêteurs traditionnels), mais critères plus souples. Utile si vous avez été refusé ailleurs, mais coûteux et à éviter comme solution long terme.
Courtier hypothécaire ou banque directe ?
Deux approches pour accéder à ces prêteurs :
- Banque directe — vous négociez avec une seule institution. Plus simple, mais vous ne voyez qu’une offre.
- Courtier hypothécaire — un professionnel autorisé par l’AMF au Québec qui magasine votre prêt auprès de plusieurs prêteurs. Son service est généralement gratuit pour vous (il est payé par le prêteur retenu). Vous voyez plusieurs offres et bénéficiez souvent de taux plus compétitifs.
Pour comprendre en détail les avantages et limites de chaque option, consultez notre article sur courtier hypothécaire vs banque directe.
Les étapes d’obtention d’une hypothèque
Le processus type dure 30 à 90 jours selon votre situation.
Étape 1 — Évaluation préliminaire. Vous déterminez votre capacité d’emprunt théorique en utilisant des calculateurs en ligne ou en rencontrant un courtier/banquier pour une évaluation informelle.
Étape 2 — Préapprobation hypothécaire. Le prêteur (ou le courtier) évalue formellement votre dossier : revenus, dettes, cote de crédit, mise de fonds. Il délivre une préapprobation conditionnelle pour un montant maximum et gèle un taux pendant 90 à 120 jours. Cette étape est incontournable. Pour en savoir plus, consultez notre article sur la préapprobation hypothécaire au Canada.
Étape 3 — Recherche de propriété et offre acceptée. Vous cherchez dans votre fourchette de prix et faites une promesse d’achat lorsque vous trouvez la bonne propriété. La promesse contient généralement une condition de financement.
Étape 4 — Approbation finale. Une fois l’offre acceptée, le prêteur procède à l’évaluation de la propriété spécifique et à la vérification finale de votre dossier. C’est ici que des documents supplémentaires peuvent être demandés (évaluation professionnelle, preuves de revenus récentes, confirmation de la source de la mise de fonds).
Étape 5 — Engagement hypothécaire. Le prêteur émet une lettre d’engagement formelle avec toutes les conditions du prêt. Vous devez la signer et fournir les derniers documents requis.
Étape 6 — Signature chez le notaire. Au Québec, le notaire prépare l’acte hypothécaire, rassemble les fonds (votre mise de fonds + le prêt du prêteur), et procède au déboursement. La propriété change officiellement de main.
Étape 7 — Premier paiement. Typiquement 30 jours après la signature, selon la fréquence choisie.
Les coûts cachés de l’hypothèque à connaître
Au-delà du taux d’intérêt affiché, une hypothèque comporte plusieurs coûts accessoires :
- Frais d’évaluation de propriété — 300 $ à 500 $, parfois couverts par le prêteur pour les bons dossiers
- Frais de notaire — 1 500 $ à 3 000 $ au Québec pour une transaction résidentielle
- Prime SCHL/Sagen/Canada Guaranty — 2,8 % à 4 % du prêt si mise de fonds inférieure à 20 % (+ TVQ 9,975 % au Québec)
- Assurance habitation — exigée par tous les prêteurs avant déboursement, 600 $ à 1 500 $ annuel
- Titres de propriété — vérifications notariales, généralement incluses dans les frais de notaire
- Pénalité de sortie anticipée — si vous sortez avant la fin du terme, calculée comme le plus élevé entre 3 mois d’intérêt et le différentiel de taux d’intérêt (IRD), qui peut atteindre 10 000 $ à 20 000 $ dans certains cas
La pénalité IRD est particulièrement punitive sur les taux fixes. Elle est calculée différemment selon le prêteur, et les grandes banques utilisent souvent la formule la plus coûteuse pour l’emprunteur. C’est un point crucial à comprendre avant de signer un terme fixe. Pour en savoir plus, consultez notre article sur la pénalité hypothécaire au Canada : IRD et 3 mois d’intérêt expliqués.
Renouvellement et refinancement : vue d’ensemble
Deux situations reviendront dans la vie de votre hypothèque.
Le renouvellement arrive à la fin de chaque terme. Votre prêteur vous envoie typiquement une offre de renouvellement 30 à 60 jours avant l’échéance, souvent à un taux supérieur au meilleur taux du marché. L’erreur classique consiste à signer cette offre sans la comparer. Magasiner peut vous économiser 0,25 % à 0,5 %, soit des milliers de dollars sur les 5 années suivantes. Le transfert d’une hypothèque non assurée vers un autre prêteur au renouvellement n’exige plus de stress test depuis novembre 2024.
Le refinancement consiste à modifier votre hypothèque avant la fin du terme, généralement pour accéder à l’équité accumulée dans votre propriété (travaux, consolidation de dettes, investissement, achat d’un autre bien). Il implique de briser votre contrat actuel (avec pénalité, souvent importante) et d’en signer un nouveau. Il doit être évalué attentivement car les gains doivent dépasser les coûts.
Pour approfondir ces deux étapes clés, consultez notre article sur le renouvellement hypothécaire et celui sur refinancer son hypothèque au Canada.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Ne magasiner qu’une seule offre. Les différences de taux entre prêteurs peuvent facilement représenter 15 000 $ à 30 000 $ sur un terme de 5 ans.
- Signer l’offre de renouvellement sans négocier. Les prêteurs misent sur l’inertie. Une simple demande de meilleur taux aboutit souvent à une baisse.
- Choisir un terme sans analyser votre horizon. Un terme de 5 ans fixe n’a pas de sens si vous prévoyez revendre dans 2 ans.
- Ignorer la pénalité IRD avant de signer. Elle peut bloquer vos options futures pendant toute la durée du terme.
- Sous-estimer l’impact du stress test. Si votre préapprobation est calculée à la limite, une hausse de taux entre la préapprobation et l’achat peut vous disqualifier.
- Oublier les coûts accessoires dans le budget. Évaluation, notaire, frais de titre peuvent totaliser 3 000 $ à 5 000 $ souvent oubliés.
- Concentrer toute l’attention sur le taux d’intérêt. Les clauses de privilèges (remboursements anticipés), la portabilité, et les modalités de sortie peuvent valoir autant que 0,1 à 0,2 % de taux.
- Accepter le maximum préapprouvé comme budget. Le maximum ne tient pas compte des coûts de détention (taxes, entretien) ni de votre qualité de vie.
- Ne pas vérifier sa cote de crédit avant la demande. Une cote non optimale peut être corrigée en 60 à 90 jours avant la demande pour de meilleurs taux.
- Confondre « meilleur taux affiché » et « meilleur taux pour votre profil ». Le taux annoncé en vitrine est souvent réservé aux dossiers premium.
FAQ — Questions fréquentes sur l’hypothèque au Canada
Quelle est la différence entre préapprobation et approbation finale ?
La préapprobation est une évaluation conditionnelle basée sur votre profil (revenus, dettes, crédit) valable 90 à 120 jours, qui gèle un taux. L’approbation finale intervient après l’acceptation d’une offre d’achat et l’évaluation de la propriété spécifique. Une préapprobation ne se transforme pas toujours en approbation — la propriété, votre situation ou les conditions du marché peuvent changer.
Puis-je obtenir une hypothèque avec une cote de crédit de 620 ?
Techniquement oui, la SCHL accepte les cotes à partir de 600 pour les hypothèques assurées. Mais les prêteurs appliquent leurs propres grilles : avec 600-650, attendez-vous à des ratios plus stricts (32/40), moins d’options de prêteurs, et potentiellement des taux légèrement plus élevés. Entre 680 et 720, la majorité des portes s’ouvrent. Au-dessus de 720, vous accédez aux meilleurs taux négociés.
Combien de temps entre la demande et le déboursement ?
Pour un premier achat complet, comptez 30 à 60 jours entre la promesse d’achat acceptée et la signature chez le notaire. La préapprobation elle-même peut être obtenue en 48 à 72 heures pour un dossier simple, quelques semaines pour un dossier complexe (travailleur autonome, revenus multiples).
Est-ce que je peux rembourser mon hypothèque plus vite que prévu ?
Oui, la plupart des hypothèques fermées permettent des privilèges de remboursement anticipé : une augmentation annuelle du paiement (souvent +15 à +25 %) et un versement forfaitaire sur le solde (10 à 20 % du solde initial par année). Utilisez-les : chaque dollar remboursé en capital évite des intérêts futurs.
Qu’arrive-t-il à mon hypothèque si je déménage pendant le terme ?
Trois options : vendre et briser l’hypothèque (pénalité IRD ou 3 mois d’intérêts), porter l’hypothèque à votre nouvelle propriété (clause de portabilité, souvent disponible sur les hypothèques fixes), ou vendre et racheter avec assumation si l’acheteur est qualifié.
Puis-je avoir deux hypothèques en même temps ?
Oui, c’est possible si vous pouvez qualifier les deux. Utilisé notamment dans les investissements locatifs ou lors d’un chevauchement temporaire entre deux résidences. Les ratios d’endettement deviennent rapidement un facteur limitatif.
Que se passe-t-il si je ne paie plus mon hypothèque ?
Le prêteur contacte d’abord l’emprunteur. Après plusieurs mois d’impayés, il peut initier une procédure de recouvrement, puis de préavis d’exercice au Québec (équivalent de la saisie hypothécaire ailleurs au Canada). Si vous anticipez des difficultés, contactez votre prêteur immédiatement : allongement d’amortissement, report de paiement, ou entente temporaire sont souvent négociables.
Quelle durée de terme est la plus populaire ?
Le terme fixe de 5 ans représente environ deux tiers des hypothèques au Canada, suivi des termes variables de 5 ans. Les termes plus courts (1-3 ans) sont moins courants mais utiles si vous anticipez une baisse des taux ou une revente prochaine.
Sources officielles
- Taux directeur — Banque du Canada
- Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF)
- Assurance prêt hypothécaire — Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)
- Hypothèques — Agence de la consommation en matière financière du Canada
- Achat d’une maison — Autorité des marchés financiers (AMF)
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil hypothécaire, financier ou juridique personnalisé. Les chiffres, taux et règles mentionnés proviennent de sources officielles au moment de la rédaction et peuvent évoluer. Pour toute décision hypothécaire, nous recommandons de consulter un courtier hypothécaire autorisé par l’AMF, un représentant de votre institution financière ou un comptable professionnel agréé. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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